LES RAPPORTS AVEC LES PR1NCIPATS DE NORMANDIE, DE BLOIS ET D’ANJOU
Aussi peu que je puis admettre la constitution sous ; Alain Barbetorte d’un duché féodal de Bretagne relevant du roi de France, aussi peu ratifierai-je le jugement des historiens qui ne voient qu’une longue anarchie dans la période comprise entre la mort d’Alain et l’avènement de la maison de Cornouaille F La confusion est tout extérieure. Au fond se déroule, avec une continuité parfaite, un développement progressif du principat national, divisé seulement en deux tronçons qui cherchent à se ressouder et qui finissent par y parvenir.
Les rapports avec le roi de France ne varient pas. Ils se bornent à une suprématie lointaine et une assistance éventuelle à laquelle rarement il est fait appel. Les antiques prérogatives demeurent attachées au principat, le titre royal même est pris par ses chefs, la transmission s’opère par l’élection d’entre les descendants des rois bretons du ixe -siècle. Des intermittences, il est vrai, se produisent dans le plein exercice de ces droits, mais elles sont dues au succès momentané des maisons étrangères, Blois, Anjou ou Normandie, qui prétendent se subordonner le principat ou même l’accaparer.
La nature juridique de ces prétentions et leurs vicissi-
1 M. Luchaire a écrit : « Suit une longue période d’anarchie (952-
1066), pendant laquelle les principaux seigneurs bretons se disputèrent le titre de duc » ( Histoire de France de Lavisse, II1 2, p. 65-66).