IBID
jïGoot^le
nous trouvons que la différence la plus remarquable entre l'âge du renne et celui du mammouth réside dans la composition de la faune. Nous pouvons en conclure que le climat avait subi, de son côté, des changements importants, car climat et faune sont deux aspects de la nature toujours étroitement liés.
Il serait peut-être téméraire de vouloir expliquer pourquoi disparurent alors les espèces actuellement éteintes; mais l'émigration vers le Sud des animaux, que nous voyons encore y subsister de nos jours, se comprend plus aisément. Ces animaux avaient tenu bon sous le climat uniforme de la période glaciaire. S'ils se dirigèrent, à l'âge du renne, vers des contrées plus chaudes, c'est que le froid devait atteindre alors, au moins par moments, une plus grande intensité.
On explique cette recrudescence de froid par le caractère continental qu'avait pris le climat. Seulement, il fallait qu'une cause quelconque vînt empêcher le même caractère continental d'amener par instants de trop grandes chaleurs, puisque les espèces subarctiques continuaient à demeurer fidèles à nos régions. Cette cause pourrait se rechercher soit dans le degré d'avancement du cycle astronomique, dont nous avons parlé, soit dans la présence d'un courant polaire sur la côte occidentale de l'Europe, soit dans la nonexistence du Gulf-Stream à cette époque, ou dans
lyGoot^lc
d'autres circonstances encore. Nous ne nous y. arrêterons pas davantage : la constatation du fait nous sufBt.
Notons seulement qu'il pouvait faire notablement plus froid sans que l'homme en fût très affecté. Les Esquimaux, dans leurs maisons de glace et de neige, d'où le feu se trouve proscrit, sont éprouvés par la température bien autrement que n'ont jamais pu l'être les troglodytes. Ce que nous avons dit précédemment des Fuégiens et des Patagons montre à quel point on peut pousser l'insouciancedesintempéries. L'homme du renne, lui, possédait, somme toute, des cavernes faciles à préserver du grand froid; il connaissait l'usage du feu; des animaux nombreux lui fournissaient, au besoin, de chaudes fourrures; enfin l'hiver était bien moins long chez lui qu'il ne l'est actuellement dans les régions polaires. L'âpreté plus grande du climat ne dut se produire, du reste, que lentement, et les habitants de la région des cavernes eurent tout le loisir de s'y adapter insensiblement.
On a signalé chez l'homme du renne des caractères ostéologiques qui le distinguent de l'homme du mammouth, au point d'en faire une race nouvelle. Néanmoins, à en juger par les vestiges retrouvés, les habitudes et le mode d'existence sont restés les mêmes qu'à l'âge précédent,
La chasse est demeurée le grand but de la vie :
jyGoO'^lc
le gibier seul s'est modifié. On constate de nouveau la friandise de moelle dans l'usage de n'apporter dans la caverne que les os qui en renferment et de briser constamment ces derniers dans le sens de la longueur pour en retirer la précieuse substance. Comme à la période précédente, les os carbonisés se montrent rarement : l'habitude de manger la viande crue s'était donc maintenue.
Autre point de rapprochement : l'absence des os du tronc, pour le cheval et le renne, nous prouve que les animaux domestiques n'existaient pas encore et que l'homme du renne vivait exclusivement du produit de sa chasse.
Enfin la reproduction d'instruments complètement analogues fait conclure que les usages s'étaient continués sans changement notable, non seulement dans leurs grandes lignes, mais jusque dans les détails.
Il est possible cependant que le vêtement ait pris plus d'importance à la suite de l'augmentation du froid. Le fait d'avoir rencontré des aiguilles en os est caractéristique sous ce rapport. On peut en dire autant de la grande quantité de vertèbres caudales du cheval, retrouvées dans les cavernes, et nous marquant le rôle, très naturel d'ailleurs, que jouait le crin dans la couture. Les fiijres tendineuses du renne pouvaient aussi tenir l'ofBce de fil.
jyGoO'^lc
On a cru reconnaître dans la présence des rognons de pyrite un indice de la façon dont les troglodytes se procuraient le feu. Il suffit en effet de battre ces rognons avec un silex pour en faire jaillir des étincelles. Cette déduction parait très rationnelle.
Si les populations de l'âge du renne sont demeurées analogues à celles du mammouth sous le rapport de la vie matérielle, rien n'indique davantage l'apparition d'un changement quelconque dans leur condition morale.
Le cubitus de mammouth, retrouvé près de l'âtre, dans la caverne de Chaleux, peut être considéré cependant comme un indice de pensée religieuse ou plutôt comme un objet de superstition populaire. Il existait, à vrai dire, encore quelques mammouths au début de l'âge du renne et ce cubitus aurait pu , à la rigueur, ne représenter qu'an vulgaire reste de repas. Mais son isolement de tout autre os de mammouth et son état friable, contrastant avec la dureté des ossements qui l'entouraient, font croire, au contraire, que cet os devait être fossile au moment où il fut placé là. Le fait de l'avoir retrouvé sur une plaque de grès, près du foyer, semble appuyer aussi la même hypothèse. Les Indiens de l'Ohio placent de même dans leurs huttes les os du grand mastodonte, qu'ils croient être ceux d'une race de
jïGoot^le
géants détruits, et l'on cite, en outre, divers cas où les ossements de grands cétacés ont occupé l'imagination populaire ('). J'ajouterai que le fait observé à Chaleux s'est renouvelé dans la caverne de Laugerie (Dordogne). On y a également retrouvé un os de mammouth au milieu des débris de l'âge du renne, c'est-à-dire à une époque où le mammouth devait être fossile. Déconcertés, les explorateurs en avaient conclu à la contemporanéité du mammouth et des chasseurs de renne.
« Il est en effet difficile, dit Lubbock, de comprendre pourquoi ces hommes auraient apporté un os fossile dans leur caverne, d'autant que les os d'éléphants sont si peu résistants qu'il est impossible de s'en servir pour faire des outils (^). » Ne faut-il pas, au lieu d'admettre une conclusion que réprouvent d'autres faits, rapprocher cette découverte de celle de Chaleux et considérer, de part et d'autre, la mystérieuse présence de ces ossements comme une trace de la crédulité publique? J'irai plus loin. Les troglodytes de la première période, bien que faisant figurer le mammouth dans leurs repas, n'adoraient-ils pas en lui la manifestation la plus puissante de la nature organique? J'alléguerais à l'appui de cette hypothèse la constance avec laquelle on trouve, sur divers
(') DtjpoNT, p. ao8.
C) Lubbock, p. 195.
ivGooi^lc
points, la reproduction de cet animal dans les dessins de l'époque. Ces derniers auraient ainsi constitué, peut-on dire, les premières représentations religieuses, et les ossements fossiles, tant à Ghaleux qu'à Laugerîe, nous apparaîtraient comme de véritables reliques, ayant leurs traditions et même leur culte. Mais, je m'empresse de le répéter, ce n'est là qu'une pure supposition.
Nous possédons, au point de vue moral et religieux, une indication plus précise dans le respect pour les morts que nous révèle l'examen de la caverne du Frontal, à Furfooz. La disposition des squelettes et la dalle, qui recouvrait l'entrée du souterrain, mettent hors de doute que cette caverne ait servi de lieu de sépulture. Sa proximité du trou des Nutons fait croire que les habitants de ce dernier l'utilisaient dans ce but.
Les objets trouvés en cet endroit ne sauraient s'interpréter autrement que comme un hommage rendu aux morts. On pourrait y reconnaître aussi le désir superstitieux de pourvoir aux besoins supposés du défunt dans l'autre monde. Nous retrouvons chez beaucoup de sauvages cette habitude d'entourer les morts de nourriture, d'armes, d'ornements, en un mot de tous les objets qui sont censés devoir leur être utiles dans la vie nouvelle où les a fait passer la mort.
Dans tous les cas, le dépôt en un pareil endroit des objets que nous avons énumérés me paraît
jïGoot^le
être le résultat d'un mobile pieux, très caractéristique pour les idées religieuses d'alors.
M. Dupont considère les débris et ustensiles trouvés sous l'abri extérieur comme les restes d'un repas funéraire. Je n'y verrais pas d'objection si l'on n'avait découvert là que de vulgaires débris de cuisine. Mais les silex, les os travaillés, les coquilles fossiles, comment expliquer leur présence à une place qui ne servait évidemment pas alors d'habitation? Il semble rationnel d'y voir plutôt une suite du même culte des morts et d'y reconnaître également des offrandes funèbres. Les ossements et les traces de foyer, loin de contrarier cette interprétation, ne font que la confirmer. Les sauvages apportent de même des provisions à leurs morts et les renouvellent à mesure que les bêtes fauves les dévorent.
Sans nier donc qu'il y ait eu repas funéraire, j'estime qu'une partie des débris, ainsi que les silex de choix et les objets de parure, avaient pour origine une pensée pieuse.
Si nous jetons maintenant un coup d'œil sur les manifestations esthétiques à l'âge du renne, nous trouvons que l'ornementation du corps y joue de nouveau le plus grand rôle. Nous avons donné plus haut rénumération des découvertes opérées en fait de bijoux et de colliers. Les pendeloques en fluorine, les plaques d'ivoire arrondies, tra-
jyGoO'^lc
ivGooi^lc
AGE DU HENNE. Piiiiifhe IV.
Vuse en puteiie. Trou du Frontal il Furfooz.
Vs grandeur réelle.
i.cauyGoO'^lc
hissent plus de recherche qu'à l'âge du mammouth; mais le caractère de l'ensemble est resté le même. Nous devons cependant mentionner à ce sujet un élément nouveau que M. Dupont a mis ingénieusement en lumière. Ce sont des morceaux d'oligiste (') trouvés dans les cavernes de la Lesse et provenant, au dire des géologues, des environs de Namur. N'employait-on pas cet oligiste à se peindre le corps? « De nos jours, les sauvages de l'Amérique du Nord mélangent la poudre d'une substance analogue à de la graisse et se dessinent sur le corps, avec cette pommade, des raies et diverses figures, » On pourrait opposer à cette conjecture l'âpreté du climat, qui réclamait, semble-t-il, une bonne peau de bête, plutôt qu'une mince couche d'enduit quelconque. Mais j'y répondrai par l'exemple des Patagons et des Fuégiens, qui, fort peu vêtus en dépit d'un climat des plus rudes, se tracent également sur le corps des dessins analogues. L'objection n'a donc pas grande valeur, et l'hypothèse de M. Dupont conserve toute sa vraisemblance.
Le vase du Frontal a-t-il une portée artistique? Je pense que oui. Sans être bien remarquable, il trahit cependant le souci de la forme extérieure. C'est plus qu'un récipient, c'est presque une
d de fer de couleur rougeàtre
jïGoot^le
urne('). Il était façonné pour être suspendu. Des renflements, percés de trous et symétriquement disposés, indiquent parfaitement par où passait la corde d'attache. Du reste, il suffit de considérer un instant la forme telle que M. Dupont l'a reconstituée, pour se convaincre que jamais ce vase n'a pu tenir debout. Il était donc suspendu à l'intérieur du tombeau, à l'instar d'une lampe funéraire.
La caverne du Frontal contenait aussi des fragments de plaques de grès, dont l'usage ne saurait être bien déterminé. Dégagés du dépôt de stalagmite qui les recouvrait entièrement, deux de ces fragments révélèrent le dessin gravé de la partie postérieure d'un animal, sans doute le grand bœuf(^). On reconnaîtra facilement, à la façon brusque dont les traits s'arrêtent au bord de la plaque, que le dessin se poursuivait au delà, de manière à reproduire sans doute l'animal tout entier; mais les recherches les plus patientes n'ont pu faire retrouver le précieux fragment.
Telle qu'elle est, cette œuvre constitue non seulement la manifestation esthétique la plus haute connue chez nos troglodytes , mais en même temps l'un des monuments les plus curieux de l'art préhistorique en général. Son auteur était
(■) Voy. pi. 4.
C) Voy. pL 5 et S""".
jyGoo'^lc
AGE DX; IIENNK.
Planche V,
Plaque de grfesi gravie. Trou du Frontal.
^,'ft ^[raiideur réelle.
i.cauyGoOt^le
ivGoogIc i
ivGooi^lc
ivGooi^lc
sans contredit un artiste. Ce n'est point, en effet, l'un de ces dessins, tracés de souvenir et d'imagination, à la manière des écoliers, et n'ayant de valeur que comme signe idéographique. Le graveur s'est appliqué au trait pour lui-même ; il est parvenu à le rendre ferme et nerveux, ce qui, remarquons-le, ne s'obtient guère qu'à la condition d'avoir devant soi le modèle vivant. L'allure pleine de vérité de la figure dénoterait également que son auteur travaillait d'après nature, ce que confirment encore les quelques repentirs visibles dans le dessin. Bref, l'objet en question est d'une signification telle qu'il éveillerait presque en nous un sentiment de doute. On regarde commeà peine croyable que les hommes du renne aient pu produire une œuvre semblable, et il faut, pour en admettre l'authenticité, toute l'autorité qu'imposent le caractère et le savoir des explorateurs qui l'ont découverte. On ne saurait en faire de plus grand éloge. Un peuple qui en est là est déjà loin.
Tel est, à peu près, l'état actuel des découvertes opérées dans la région des cavernes. Il nous révèle, comme centres artistiques les plus remarquables, Goyet, sur le Samson, et Furfooz, sur la Lesse. Mais il y a tout lieu de croire que les divers objets, retrouvés dans ces vallées secondaires, n'étaient que le reflet aSaibli de ce qui se produisait dans la vallée de la Meuse. Nous
jïGoot^le
devons, pour être logiques, admettre qu'une existence artistique plus avancée se développait dans cette région centrale et nous ne pouvons assez déplorer le vandalisme, inconscient du reste, qui en a détruit à jamais les monuments.
Rappelons, en finissant, que ce qu'il y a peutêtre de plus significatif dans l'examen des manifestations esthétiques de cette époque, c'est leur caractère d'extrême généralité. Indépendamment des colliers et des autres ornements corporels, . que l'on recueille en abondance, l'art s'est glissé jusque dans les objets usuels de la vie. Il s'était donc vraiment popularisé. La découverte du Frontal en est une nouvelle preuve. En effet, l'on est frappé de l'importance qu'occupe le côté esthétique dans les objets provenant de cette caverne. Les ornements, les coquilles, les plaques gravées en forment la plus grande partie. L'urne, avons-nous vu, n'est pas sans portée artistique et quant aux silex eux-mêmes ils « forment un gi-oupe d'élite au milieu des silex de Furfooz. » Il fallait que ces hommes fussent bien préoccupés du Beau pour lui faire une pareille part dans leurs pensées; il fallait surtout que le Beau répondit dans leurs esprits à un ordre d'idées bien élevé pour en faire l'hommage par excellence, l'hommage aux morts.
Les objets d'art n'étaient pas, à cette époque, le fait de spécialistes. A cette phase de la civilisation,
jyGoO'^lc
la division du travail n'existe pas encore, les professions ne sont pas nées. Chacun se tire d'affaire en toutes choses. Il pourvoit à sa nourriture, à son vêtement , à son abri ; et s'il veut toucher à l'art, c'est encore lui qui doit être l'artiste.
Il s'ensuit que ces hommes se trouvent être plus complets que les hommes de la civilisation. Ils embrassent plus de choses, les dominent davantage et en retirent une supériorité qui nous accable parfois. C'est ce que reconnaissait naguère, avec beaucoup de modestie, M. Houzeau, te savant directeur de l'Observatoire, à propos des nègres de la Jamaïque, gui lui avaient servi de porteurs durant une de ses excursions ('). La première nuit, dit-il, que nous bivouaquâmes, réunis autour du foyer, nous causions. J'avais emporté d'ici cette sorte de dédain que nous autres Européens ne pouvons nous empêcher d'éprouver pour les « races déshéritées dont mes compagnons m'offx-aient précisément un type bien connu. H Mais bientôt, je demeurai frappé de l'intelligence de ces derniers. Je ne pouvais plus les suivre, tant étaient variés les sujets auxquels ils touchaient et, finalement, je me fis, vis-à-vis d'eux , l'etlet d'un collégien , très fort en vers latins, connaissant par cœur Horace et Virgile, mais ne provoquant plus guère que des sourires
(') Conférence au Cercle artistique.
jïGoot^le
dès qu'il veut se mêler aux conversations des grands.
D'après cet observateur si profond, la grande raison de ce phénomène est l'absence de division du travail, qui tient l'esprit constamment e'veillé sur des pensées d'ensemble. Or, cette cause existait pour les troglodytes dans toute sa plénitude et je ne vois pas de motif pour leur en dénier les conséquences heureuses.
Cette présomption ne vient du reste que confirmer les conclusions déjà tirées de l'observation directe des faits, à savoir que les troglodytes étaient sans contredit des barbares, des sauvages même, si l'on veut, mais que, par leur intelligence, leurs habitudes et leurs aspirations, ils demeuraient bien au-dessus de l'état de dégradation qu'on serait, à première vue, tenté de leur attribuer.
Il nous resterait, pour compléter l'étude de l'homme des cavernes, à rechercher les différentes races dont il pouvait provenir et à tirer de là les conséquences que comporte la matière; mais l'importance de ce point mérite un chapitre à part : on le trouvera dans un autre volume.
Qu'il nous suffise en ce moment de constater qu'aucun indice positif ne révèle à l'âge du renne de changements profonds survenus dans le mode d'existence de l'homme du mammouth.
Nous avons consacré une division spéciale aux provinces du Sud-Est, parce qu'elles constituent * la région des cavernes calcaires et que, par suite, l'existence des hommes de la pierre y revêtit un aspect tout à fait spécial . Il nous reste à rechercher maintenant les traces que l'homme de la pierre taillée a pu laisser dans les autres parties du pays.
Que l'on veuille bien se rappeler comment nous avons défini les limites de cet âge. Les caractères qui le séparent de la pierre polie relèvent à certains égards de l'archéologie ; mais ils se trouvent dominés par un phénomène naturel, la cessation des alluvions quaternaires. En Belgique la coïncidence est indéniable. Nulle part la pierre polie ne se montre avant la fin des alluvions ; ce dépôt terminé, elle apparaît partout et l'on ne retrouve plus, en fait de pierre non polie, que des spécimens inachevés ou les résultats d'inexpériences locales.
Pour rattacher un silex à l'un ou l'autre âge, il faut donc considérer moins l'état de la pierre que les caractères du gisement dans lequel on la découvre. Spécialement quand il s'agit de la pierre taillée, comme c'est encore le cas dans ce qui suit, nous savons ainsi qu'il n'y a point lieu de la rechercher en dehors des alluvions quaternaires. Notre tâche s'en trouvera singulièrement simplifiée.
Le Brabant, la Flandre, la province d'Anvers
jïGoot^le
surtout, se sont montrés très riches en débris de la faune diluvienne; mais on n'y a point rencontre de restes de l'industrie humaine relatifs à l'époque paléolithique; on ne trouve même pas d'ossements entaillés ou portant la trace de coups. Les découvertes les plus anciennes dans ces régions demeurent en deçà des limites qui marquent l'avènement de la pierre polie et c'est plus tard seulement que nous aurons à en parler.
M. Casimir Ubaghs s'est occupé de fouilles dans le duché de Limbourg, principalement à Maastricht et sur la montagne S'-Pierre. Il j a rencontré des silex « grossièrement taillés. » Mais a j'ai, dît-il, scrupuleusement examiné dans nos environs les diverses coupes du terrain quaternaire, jamais je n'aî trouvé les objets travaillés par l'homme que dans la partie supérieure du limon, à la surface du sol et dans la partie supérieure des tourbières. » Or, comme le font remai-quer MM. Briart et Cornet : « la facilité avec laquelle le limon supérieur est entraîné par les eaux pluviales ne permet pas d'attacher une valeur paléontologique aux ustensiles de l'homme qu'on peut y rencontrer. » Dans les déclivités du Hainaut on trouvait, enfermés dans le limon, non seulement des silex de l'âge de la pierre polie, mais des débris de briques et de poteries romaines. Le fait pour un silex de se trouver dans ce limon ne prouve donc pas ici
jyGoO'^lc
qu'il en soit le contemporain. Quant aux objets trouvés à la surface du sol et dans les tourbières, ils sont, à toute évidence, de la période néolithique. Les silex du Limbourg, malgré la grossièreté de leur taille, se rattachent donc tout à fait à l'âge de la pierre polie. Des considérations ethnographiques tendraient à confirmer le même fait. Nous j reviendrons plus tard lorsque nous aurons à traiter spécialement de cette matière.
La seule province dont il nous reste à parler, le Hainaut, va nous fournir une plus ample moisson.
La mer n'abandonna qu'au pliocène la région qu'occupe de nos jours le bassin de la Haine. C'était alors une nappe de terrain tertiaire, se maintenant d'une manière assez uniforme au niveau des lignes défaite qui marquent encore les bords supérieurs du bassin.
Les cours d'eau quaternaires ont creusé ce dernier en emportant les terres sur une profondeur de 70 à 100 mètres. Leurs eaux avaient, dès le principe, leur direction générale actuelle. Seulement, à l'instar de ce qui se passa pour la Meuse, elles occupaient toute la largeur du bassin et s'y livraient à des déplacements latéraux, tout en se concentrant de préférence dans certaines dépressions où elles s'enfoncèrent toujours davantage. Des bandes de terre émergèrent finalement comme des crêtes entre ces sortes de bras et for-
lyGoo^^lc
nièrent les lignes de partage des diverses rivières de la contrée. De ce moment les vallées se trouvèrent dessinées et les eaux n'employèrent plus leur action érosive qu'à les approfondir.
A partir des lignes de partage, les rivières ont, à mesure de leur descente, laissé sur la pente des collines des alluvions de diverse nature.
C'est ainsi que l'on retrouve, en allant de haut en bas, d'abord du limon terre à briques, puis une alluvion fluviale, connue dans le pays sous le nom d'Ergeron, et enfin un dépôt caillouteux dont la stratification, le plus souvent irrégulière, démontre qu'il s'est effectué au sein d'un courant d'eau rapide.
Nous venons de voir, à propos du Limbourg, que l'on ne doit guère s'arrêter pour le moment à ce que pourrait renfermer le limon supérieur. « Les déplacements de ce dernier, disent encore MM. Briart et Cornet, sont tellement considérables qu'on ne peut afBrmer que la tei-re à briques que l'on observe sur un point soit bien celle qui y a été déposée à l'époque quaternaire. »
L'ergeron, de sou côté, n'a fourni qu'une très petite quantité d'ossements de VElephas primigeniiLS et da Rhinocéros tichorinus. De plus, on n'y a découvert jusqu'à ce jour aucune trace de l'existence de l'homme. Il faut, pour rencontrer des vestiges archéologiques, descendre jusqu'au dépôt caillouteux. C'est dans celui-ci seulement
jïGoot^le
que l'on a découvert, àcôté d'ossements d'espèces perdues, de nombreux silex taillés- Mais, à cela de nouveau se bornent les trouvailles. Les autres restes de l'industrie humaine (si jamais ils existèrent), plus légers que le silex, furent sans doute entraînés au loin par le courant et se perdirent à jamais.
Nous nous trouvons ici devant des débris, non plus conservés soigneusement en place comme dans les cavernes, mais balayés, au contraire, par les eaux et emportés parfois à certaine distance de leur lieu d'origine. Ils provenaient évidemment du versant des collines, d'oîi les avait enlevés quelque crue de la rivière. C'est donc sur ces versants que nous devons rétablir en esprit l'habitation de l'homme.
Les collines duHainaut ne renferment point de cavernes. L'homme devait y vivre en plein air ou dans des huttes dont il ne demeure naturellement pas le moindre vestige.
Quelle pouvait être la forme de ces habitations?
Les Fuégiens se contentent de « huttes faites avec des branches d'arbres en forme de tentes, avec un trou au sommet pour laisser sortir la fumée. Intérieurement elles sont creusées à deux ou trois pieds de profondeur dans le sol et la terre est rejetée au dehors ('). » L'analogie du
jïGoot^le
cUmat, jointe au fait que le modèle des constructions est remarquablement uniforme chez les divers peuples primitifs, nous engage à croire que les huttes de l'homme du mammouth, dans le Hainaut, étaient du même genre que celles des Fuégiens.
Quant à la faune, c'était celle du mammouth.
Elle ne varia guère durant toute la formation du diluvium caillouteux. On la retrouve, en effet, non seulement sur toute l'épaisseur de ce dépôt mais encore dans l'ergeron qui surmonte ce dernier. Nous avons énuméré précédemment les principaux animaux qui en faisaient partie. Il est dès lors inutile d'en reproduire ici la liste.
Les habitants du Hainaut ne pouvaient être qu'un peuple de chasseurs, sauf ce que nous allons bientôt en dire comme exploitants de silex. Une seule forêt réunissait très probablement leur territoire à la région des cavernes. Les mêmes animaux la parcouraient de l'une à l'autre extrémité. Certains carnassiers, amateurs d'antres et de repaires, se tenaient sans doute de préféi-ence aux abords du calcaire, qui leur donnait satisfaction sous ce rapport, mais la grande généralité, le mammouth, le rhinocéros, le cerf, le renne, le cheval, etc. , se retrouvaient également en abondance dans le bassin de Mons. Le gibier de cette région était donc le même que sur la Meuse et sur la Lesse. Il s'ensuit que le régime
jyGoO'^lc
alimentaire de l'homme devait se rapprocher beaucoup de celui des peuplades décrites dans la section prëcédente.
Nous appliquerons donc aussi, par analogie, à l'homme du Hainaul les conséquences tirées pour les troglodytes de la variété de ce régime et de la chasse qui lui servait de point de départ : pittoresque de l'existence, mobilité de l'esprit, habitude du danger, développement des facultés d'adresse et- de ruse, etc.
Quant aux instruments, qui pourraient nous en dire plus long peut-être sur le genre de vie des Hennuyers, nous en sommes réduits aux silex mentionnés plus haut. Par leur forme et leur mode de taille, ceux-ci s'écartent des silex taillés de Montaigle et se rapprochent plutôt de ceux d'AbbeviUe ; mais ils n'en appartiennent pas moins à cette même phase de la taille de la pierre, où l'on ne cherchait dans la forme grossièrement triangulaire qu'à obtenir une arête tranchante, au prix d'une grande déperdition de matière.
L'écaillement par percussion, d'où sont nés les couteaux, était encore à peu près inconnu. L'homme de la pierre taillée dans le Hainaut ne semble donc pas avoir dépassé le degré de civilisation correspondant à la première phase de l'âge du mammouth dans le pays des cavernes.
Mais la différence la plus importante entre l'outillage des hommes du Hainaut et celui des
jïGoot^le
troglodytes réside dans la provenance même de leur silex ; tandis que dans les cavernes tout le silex venait de la Champagne, dans leHainaut on l'extrayait sur place.
Cette matière se montre en abondance sur divers points de la province. « A l'état remanié et provenant de la destruction des couches crétacées on rencontre le silex dans les dépôts caillouteux quaternaires. Mais, disent MM. Briart et Cornet, nous avons des raisons de -croire que l'homme ancien a peu utilisé les silex de cette provenance, qui sont d'ailleurs le plus souvent brisés. C'est aux couches crétacées mêmes qu'il a enlevé les matériaux dont il s'est servi pour fabriquer ses nombreux ustensiles de types si divers. »
a L'importance des dénudations opérées depuis est telle, que nous ne pouvons espérer de jamais rencontrer la trace de ces exploitations. » Celles-ci se compliquaient de ce que les gisements de silex étaient le plus souvent recouverts de dépôts tertiaires ou quaternaires d'une assez grande épaisseur. Aussi dut-on utiliser d'ordinaire pour l'extraction les tranchées naturelles, ouvertes par les cours d'eau à travers le terrain crétacé. Les couches à exploiter y apparaissaient en coupe sur le flanc de l'escarpement et le silex pouvait en être extrait à peu d'eiïbrts.
Le parallèle entre les hommes du Hainaut et
jïGoot^le
les troglodytes oous a révélé déjà de grandes analogies entre ces deux genres de population. Il serait intéressant de rechercher maintenant si le rapprochement peut se poursuivre au point de vue de l'époque où ils vécurent.
Les lignes de faite qui circonscrivent le bassin de la Haine et au niveau desquelles commença, comme nous l'avons dit, le travail de dénudation par les eaux quaternaires, se trouvent situées jusqu'à 70 et 100 mètres au-dessus de l'étiage des des rivières actuelles. C'est entre 10 et 25 mètres au-dessus de cet étiage que l'on rencontre dans le dépôt caillouteux les ossements d'espèces perdues et les silex taillés dont il vient d'être question. Le travail de dénudation pre'sentait donc un haut degré d'avancement quand les premiers grands mammifères et, à leur suite, l'homme lui-même pénétrèrent dans le pays. Il ne suffisait pas en effet que les eaux se fussent simplement retirées pour rendre la contrée réellement habitable; il fallait que le sol détrempé eût eu le temps de s'assécher complètement et qu'une abondante végétation, venant le recouvrir, eût préparé pour les futurs habitants les ressources nécessaires à leur subsistance.
D'autre part, les vestiges paléontologiques s'arrêtent bien longtemps avant la En du creusement des vallées. Les rivières avaient encore à s'enfoncer de 10 mètres au moins pour gagner
leur niveau actuel. Cette opération représentait un temps énorme à une époque où se faisait déjà sentir une notable décroissance dans le régime des pluies. Ajoutons que les niveaux auxquels les rivières coulent de nos jours ne représentent pas du tout le maximum de profondeur auquel elles soient jamais descendues. Lorsque la pente d'un fleuve devient moins forte et que par conséquent la rapidité du courant et le pouvoir de transport se trouvent diminués, les matières en suspension se déposent et par suite le fond du lit s'élève progressivement ('). Dans le Hainaut la hauteur de ce relèvement atteint i o et 1 5 mètres ('). Il convient d'ajouter ce chiffre aux 10 mètres précédents si l'on veut apprécier la profondeur dont les rivières avaient encore à s'enfoncer quand les débris paléontologiques, dont nous avons parlé, cessèrent de se déposer. II s'en fallait donc de 25 mètres que le creusement fût achevé , ce qui semble indiquer que les rivières se trouvaient encore dans ce que nous appelions ailleurs la phase violente de leur action.
Ce régime violent était déterminé par des séries de pluies excessives qui provoquaient dans les cours d'eau des crues importantes et nombreuses, et leur communiquaient ainsi ce caractère torren-
(*) Credner, Géologie.
(*) COBNET & BWAKT.
jïGoo'^lc
tueus, si favorable à un creusement énergique. Il en était de même, on s'en souvient, dans la région des cavernes.
Si l'on songe maintenant combien cette dernière était voisine du Haînaut, on en arrivera à conclure qu'une pareille période de pluies, provoquée sans nul doute par des causes générales, dut être synchronique pour toute la Belgique méridionale et que le creusement des vallées s'y est opéré partout dans le même temps.
L'homme du mammouth dans le Hainaut était donc contemporain de l'homme du mammouth dans la région des cavernes. La présence de part et d'autre d'une faune identique confirme absolument cette comtemporanéité.
Cette remarque rend d'autant plus frappantes les différences que l'on observe entre les deux populations. L'une, jetant les bases de l'industrie dans la province qui en est demeurée jusqu'à nos jours le principal foyer, demande le silex à son propre sol; l'autre laisse au commerce le soin de le lui apporter des régions lointaines. Chacune taille ce silex à sa faijon, et dans cette opération, si simple en apparence, parvient à imprimer à ses ouvrages des caractères bien personnels. A la différence encore de son voisin, l'homme du Hainaut mène la vie du plein air. La nature ne lui a point fourni de demeures toutes faites. Il doit se créer a lui-même un abri. Celui-ci le
jïGoot^le
protégera moins bien que les cavernes contre les périls du dehors, le défendra moins bien des intempéries et compliquera d'autant plus les préoccupations déjà si grandes de son existence. Il en résultera fatalement plus de grossièreté dans les mœurs, moins de souci des choses élevées, moins de tranquillité pour se recueillir à l'endroit du Beau et de loisir pour donner à ce dernier son expression matérielle.
Par contre, il est certain que la vie de société devait avoir chez les hommes du Hainaut un degré de développement bien supérieur à ce que nous avons trouvé chez les troglodytes. Non seulement le fait de se construire eux-mêmes des demeures leur permettait de les réunir et de les grouper à leur guise, mais la localisation des gisements de silex et les nécessités de leur exploitation leur imposaient en quelque sorte l'existence en commun. Les conséquences en seront ce que chacun appréciera; car les vestiges découverts ne nous apprennent rien sur ce point. On peut dire cependant d'une façon générale que ces conséquences devaient en tous cas être favorables et corriger partiellement les circonstances d'infériorité que nous venons de relever.
Les contrastes signalés entre les troglodytes et les hommes du Hainaut, ainsi que l'absence complète d'influences exercées des uns sur les autres, ont fait conclure avec raison qu'ils ne s'étaient
jïGoot^le
jamais vus, et qu'ils ae se doutaient pas même réciproquement de leur existence. La proximité de leurs établissements ne doit pas faire obstacle à cette hypothèse. On cite des exemples d'autres peuples, aussi proches voisins que ceux-ci , et qui vécurent durant des siècles totalement inconnus les uns aux autres. Il existe du reste une preuve positive de leur défaut absolu de relations. Les troglodytes se sont constamment approvisionnés de silex en Champagne non seulement à l'âge du mammouth, mais jusqu'à la fin de l'âge du renne. En aurait-il été de même s'ils avaient soupçonné l'existence à côté d'eux de gisements puissants, où le même produit, abondamment accumulé, s'extrayait à beaucoup moins de peine et leur eût évité tous les désavantages d'un long transport? H y avait donc là sinon deux races distinctes, du moins deux courants de population très différents entre eux. Nous rechercherons plus tard leurs rapports ethnologiques. Mais, dès à présent, nous pouvons dire que, selon toute probabilité, les peuplades du Hainaut se rattachaient à celles de la Somme et de la Seine. La limite septentrionale reconnue pour ces dernières représente, il est vrai, une ligne N.-O.-S.-E. tracée de Soissons à Sangatte, près Calais, et laissant Mons à loo kilomètres au Nord-Est ('). iVLais l'existence de gise-
jïGoot^le
meots de silex aussi riches que ceux de Spiennes et de Mesvin pouvait parfaitement avoir attiré loin du centre une poignée de hardis pionniers; car « le silex propre à la taille est rare dans la partie de la France qui nous avoisine immédiatement » ('). S'il en était ainsi, les hommes du Hainaut ne se seraient donc pas bornés à exploiter le silex en vue de leur propre consommation, mais ils auraient approvisionné de ce produit les populations voisines, comme le faisaient les Champenois pour les troglodytes, et comme le firent d'ailleurs plus tard, à l'âge de la pierre polie, les habitants de Spiennes eux-mêmes pour tout le reste du pays.
Le degré de civilisation de ce groupe isolé se ressentait sans doute d'un pareil état de choses. Les hommes qui le composaient devaient avoir à peu près, vis-à-vis de leurs congénères, la situation qu'occupent auprès des populations de Melbourne et du Cap les chercheui-s d'or ou de diamant : situation d'aventuriers, où l'ëloignement même imprime à l'existence quelque chose de précaire et d'inquiet; où tout converge autour d'un sondage ou d'un puits de mine, sans autre attache, ni lien; où tout, par conséquent, peut finir demain comme tout est né d'hier. Pour ces hommes-là, la vie perd en quelque sorte de ses exigences, les
(') COKNBT & BkIART,
jïGoot^le
délicalesses s'émoussent, et toute préoccupation supérieure s'évanouit devant l'appât du gain.
Il ne faut donc pas s'étonner de ne trouver dans les silex du Hainaut que de grossières ébauches par rapport aux beaux produits de la vallée de la Somme. Les instruments relativement raffinés tels que : perçoirs, ciseaux, racloirs, grattoirs, scies, font complètement défaut. L'absence de tous fossiles ou cailloux perforés ('), et en général de tous objets auxquels nous pourrions rattacher la moindre préoccupation esthétique, achève le tableau et confirme, jusqu'à plus amples découvertes, l'explication que nous avons tentée.
Il est probable que cette population du Hainaut était très claîr-semée. Son centre ethnographique, avons-nous dit, se trouvait au voisinage de la Somme et de la Seine, c'est-à-dire à une assez grande distance. Déjà sur la ligne de Soissons- Sangatte les stations ont très peu d'importance et dans le Cambrésîs, qui sépare cette région du bassin de Mons, on n'a pas trouvé la moindre trace de l'homme à cet âge Ç).
Il fallait peu de chose pour détruire rapidement une colonie aussi écartée : la découverte d'un gisement nouveau, une série d'inondations venant à la fois ruiner les habitations de
(■)D'Ha«ï./.^ (") W Wauy, l.c
jyGoo'^lc
l'homme et noyer ses sièges d'exploitation, etc. C'est à quelque événement de ce genre que nous devons recourir pour expliquer comment il se fait que durant toute la période où les rivières s'enfoncèrent de leurs derniers 25 mètres, ainsi que pendant tout l'âge du renne, on ne trouve plus dans le Hainaut aucune trace de l'homme. Des découvertes ultérieures viendront peut être combler cette lacune et rattacher l'antique population de Spiennes à celle de la pierre polie. Mais jusque-là nous ne pouvons qu'enregistrer des témoignages négatifs et constater qu'un immense hiatus sépare l'homme du mammouth de celui dont il nous reste à parler.
jïGoot^lc