AGE DE LA PIERRE POLIE
Pointes de flêclies provenant en grande partie des provinces de Namur et d'Anvers.
Hacliette en silex, grandeur nature. Province de Nai
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AGE DE LA PIERRE POLIE. Planche VIII.
l.itace CE silex de Spienoes. ^/^ de grandeur
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Ici, de nouveau, la taille du .silex, loin de se trouverabandonnéeà quelques spécialistes, devait être d'une pratique à peu près générale. On recevait le silex de Spiennes, plus ou moins ébauché. Chaque peuplade le finissait ensuite à sa façon, lui donnant telle ou telle forme définitive suivant Si faculté d'élégance, ou bien encore, au point de vue pratique, suivant la nature du gibier le plus commun dans la contrée.
Il y aurait un travail inléressant à rechercher et à classer ces formes locales ainsi qu'à suivre, si possible, leur ordre de succession dans des endroits déterminés.
Les résultats que l'on obtenait au moyen de ces pointes de pierre étaient vraiment étonnants. On en a recueilli dans une caverne sépulcrale qui avaient pénétré avec une telle force à l'intérieur d'ossements humains qu'elles s'y trouvaient complèteiiieiit dissimulées.
Aussi le métal ne déirôna-t-il pas si facilement la pierre. Il avait sans doute pénétré depuis longtemps dans nos régions que l'art de tailler une belle pointe à ailerons y florissait encore. L'âge de la pierre vint ainsi chevaucher sur l'âge du bronze ou du fer et constituer une sorte d'âge mixte. Il est donc très possible que parmi les spécimens mêmes dont nous avons donné la reproduction il s'en trouve qui relèvent de cette dernière période.
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Quant aux couteaux et aux grattoirs, ils rappellent tout à fait les instruments analogues de l'âge précédent.
On aura remarqué la constance avec laquelle on retrouvé partout la poterie brune ou rougeâtre, faite à la main, peu cuite et renfermant de nombreux morceaux de spath. Moins heureux que pour l'âge du renne, on n'a pu jusqu'à ce jour en recueillir les débris en quantité suffisante pour reconstituer une forme quelconque. L'exploration de nouvelles cavernes sépulcrales, il faut l'espérer, comblera cette lacune.
Les haches constituent également une catégorie importante parmi les objets relatifsàcettepériode. Ces instruments, taillés en forme de coins, s'emmanchaient d'ordinaire dans des bois de cerf, comme on en jugera par le type que nous reproduisons.
On les fabriquait de toute espèce de matière. Les exemplaires trouvés en Belgique étaient en silex, en grès, en porphyre, en basalte, en jade, en sei-pentine; mais dans d'autres pa^'s on en a recueilli qui étaient taillés dans le bois, dans la craie et jusque dans le bitume, c'est-à-dire dans des matières qui en rendaient l'usage impossible comme outils.
Une autre circonstance à noter est le soin que l'on apportait à la confection de ces haches. On les taillait d'abord à petits coups pour obtenir
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AC.K DE LA PIEEEE l'OLIE.
Planche IX.
Hat^he en silex emmanchée dans un boi» de cerf. Province d'Anvers, '/g de grandeur.
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leur forme générale . La grande hache de Spiennes, appartenant au Musée de Bruxelles, pourrait servir de ijpe à cette phase du travail. L'objet était ensuite poli avec le plus grand soin, de manière à perdre ses moindres aspérités. On se servait à cette fin de morceaux de silex, de grès, ou même de bois, suivant le plus ou moins de dureté de la matière dont la hache était formée.
Dans certains cas, cette dernière recevait un biseau, comme dans le spécimen reproduit à la planche 7 , ce qui achevait de lui donner un aspect de grande élégance.
Ce polissage des haches devait être une tâche bien longue et bien monotone. Chez certains sauvages modernes , où l'on procède encore à la même opération, celle-ci se pratique suivant une méthode qui la transforme en une véritable cérémonie. La hache, préalablement taillée, est tout d'abord remise au chef, qui commence le travail. Après quelques instants, celui-ci la passe au personnage qui le suit immédiatement en rang. Elle y reçoit un nouveau degré de poli et circulant ainsi de main en main, en suivant toute l'échelle des dignités, elle arrive à s'achever parmi les hommes de la dernière condition.
Y a-t-il lieu de rapprocher cette coutume du polissage des haches, tel qu'il se pratiquait à notre âge de la pierre polie? Il serait difficile de le dire. La remarque suivante tendrait cependant
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à faire croire que la destination tout entière de ces instruments, avait, à l'époque dont nous parlons, un caractère de cérémoaîe.
Les haches que l'on retrouve sont, en général, intactes. Elles ne portent pas trace de coups et le poli même s'en est maintenu d'une façon remarquable. On en a conclu avec raison qu'elles devaient avoir constitué des objets de parade bien plutôt que des outils ou des instruments d'un usage journalier.
Boucher de Perthes les considère soit comme des armes de luxe, soit comme des objets du culte, ou bien encore comme des offrandes funéraires, et, dans ce cas, la dimension et la matière de la hache auraient marqué la condition du mort. Le même auteur émet l'avis qu'elles pouvaient également avoir fait partie d'un système d' « écriture par objets », analogue à celui dont se servaient les Scythes, ou bien enfin qu'elles constituaient peut-être un signe représentatif de valeur, une sorte de monnaie.
Nous ne discuterons point ces hypothèses, qui, pour être définitivement acceptées, demanderaient toutes à être confirmées par de nouvelles découvertes.
11 existe cependant une particularité dont nous devons nous occuper un instant en raison des conséquences que l'on a cru pouvoir y rattacher. Dans toute l'Europe occidentale, et par consë-
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AGK PI-: I.A l'IEBRK IMH.IK.
l'iancbe XI.
Hache en jtide vert ou iiijphrite trouvt'c si JLifilcs,
Grandeur nature. i , ^ d • GoOqIc
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