AVANT-PROPOS. VII
murailles jaolychromes, les boiseries se dressent avec leurs élégantes dentelles, tandis que des retables gigantesques condensent dans leurs panneaux complique's toute l'épopée des mystères.
C'est encore le dogme chrétien, mais lui seul maintenant, qui absorbe les forces de l'art à l'époque romane : chapiteaux fantastiques, dinanderies bizarres, émaux des reliquaires^ missels enluminés, tout s'inspire du symbole : la religion n'arrive plus au cœur que parles yeux.
La barbarie est proche : barbarie relative, bien entendu; car ils étaient artistes à leur manière, ces Francs, aux longues chevelures, aux armes éclatantes, parés comme des femmes et combattant comme des lions; ils étaient artistes enfin, ces Belges de César, que l'on menait à la bataille au son des chants sacrés et dont le culte poétique désignait la voûte des bois comme le seul temple digne des dieux.
Il fait nuit maintenant dans l'histoire; mais nous sentons que d'autres hommes encore marchent devant nous. On les devine plutôt qu'on ne les voit. Pendant des siècles, nous fendons cette , foule, silencieuse et sombre, mais puissante par le nombre et d'une souche trop noble pour que