AVANT-PROPOS. IX
C'est, en eHèt, une façon d'entendre l'histoire de l'art, mais ce n'est point la seule.
L'art peut, à l'égal de loute autre manifeslation constante de l'activilé humaine, être considéré comme une résultante des forces sociales. Le culte du Beau n'est pas seulement un talent d'agrément de notre espèce, une sorte de noble récréation qui permette à l'homme de se reposer des travaux plussérieuxde la vie; c'est un besoin, répondant aux aspirations légales, si je puis dire, de notre nature intime et recevant son mode d'expression d'une manière fatale, suivant le milieu dans lequel il se manifeste.
Le Beau trouve des interprètes spéciaux dans les artistes ; maïs il ne faut point pour cela l'incarner complètement en eux. Les artistes ne résument pas plus le besoin du Beau que les architectes ne résument le besoin de s'abriter, ni les tailleurs le besoin de se vêtir. Tous travaillent d'après des indications et des ordres, souvent tacites, mais formels, venus du monde qui les environne. De même que l'architecte, dans ses soi-disani créations, s'inspire avant toutes choses, du climat qu'il doit combattre et des habitudes du futur occupant, de même l'artiste, dans ses
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