‹ Les origines de l'art en Belgique: les ages de la pierreChapitre 6 sur 22 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

œuvres, en apparence toutes spontanées, toutes géniales, ne fera que donner une forme palpable aux idées de son siècle et reproduire devant les jeux ce que la masse porte dans l'âme.

Il y a toujours une harmonie profonde entre l'art d'une époque et cette époque elle-même. Prenez en Belgique la période communale, La foi demeure encore , vive et candide; mais l'homme reprend sa place; il se remet à partager avec Dieu. A côté des vieilles cathédrales montent les hôtels de villes; la voix des beflrois rouvre celle des clochers; l'orfëvre profane son art et les tables des riches étincellent comme des autels; les brocarts, jusqu'alors pieux et sacrés, frissonnent maintenant sur l'épaule des femmes; les joyaux ne vont plus seulement aux madones; la magnificence, en un mot, délaisse un peu les temples pour la place publique. Et par-dessus tout cela, le grand art des Van Eyck, à son tour positif et ferme, se déroule comme la charte de joyeuse entrée du nouveau règne qu'ils inaugurent. Mieux que le reste encore, il reflète et personnifie dans ses panneaux éclatants l'esprit de son époque, avec son réalisme bourgeois, mais de la bourgeoisie d'alors, opulente et superbe.

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