AVANT-PROPOS. XIII
faisons du Beau : travail inconscient d'ordinaire, mais réel et de tous les instanis. Nous faisons de l'art un peu comme M. Jourdain faisait de la prose. Nos vêtements, notre mobilier, nos ustensiles, la disposition de nos demeures et de nos jardins, notre mode d'existence tout entier, sont là pour en témoigner.
Cette sorte d'esthélique populaire, banale, si je puis dire, nous dépeindra parfois mieux le caractère d'une époque que ne pourraient le faire les chefs-d'œuvre des maîtres; mais pour se l'approprier, il est indispensable de quitter la grande route. Il faut se promener, flâner dans le passé, comme un étranger flânerait dans la cité qu'il visite, pour y surprendre sur le vif les mœurs de ses habitants, ne comptant point les détours, fouillant les endroits écartés, ne dédaignant pas les ruelles et en rapportant des notes caractéristiques, que n'aurait jamais fournies le parcours classique des grandes artères.
Finalement, comme troisième degré, l'on s'imposerait l'examen des conditions de tout genre qui ont donné naissance à cette atmosphère esthétique. Ici notre programme semble tourner à l'encyclopédie; mais il faut, en pratique, ne pas
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