Dix-neuvième siècle, p
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dire ce qu'il dit, la non-historicité des discours et des faits, le caractère idéal et la tendance de l'ouvrage. Le résultat west pas indiqué encore, chacun pouvait le tirer de ces bases. Ce cours fut pour la jeunesse une révélation. C'était l'époque où se formait cette autre génération illustre, célèbre par ses travaux et, son indépendance; Zeller ouvrait son enseignement, Schwegler, Kæstlin et tant d’autres quittaient l’université chargés de couronnes et se rangeaient autour du maître; celui-ci gardait le silence et laissait les jeunes gens produire dans le public les idées qu'il concevait. Baur avait une école, il l’a eue du jour où il eut un système, et celui-ci il n’a pu le former que par la philosophie.
Maintenant, chaque élève, interprète des idées du maître, apporte sa contribution à la question. Cest une émulation féconde, un enthousiasme exubérant et juvénile. Ici, c’est le fougueux Schwegler qui, dans un programme couronné en 1839 et publié deux ans après sur le montanisme, trouvant dans cette secte la première séparation du A0yos et du rvedux, se demande comment il se fait que la Trinité de Jean soit si supérieure à celle des contemporains du montanisme; et de là, il conclut qu'il ne les a pas précédés, mais suivis. Le premier, il montré le quatrième évangile retravaillant la tradition synoptique avec le but pratique de compenser les deux tendances extrêmes l’une par l’autre; et, réunissant les diverses objections hasardées avant lui, à réclame une étude vraiment hislorique de l’évangile. En 1841, c'est Rh. Kæsilin, autre lauréat, qui, en étudiant la doctrine du quatrième évangile, y montre l'histoire spiritualisée au profit de la thèse suivante : Le christianisme est la religion absolue; et comparant le Lehrbegriff de Jean avec celui des autres écrits du Nouveau Testament, il place cet évangile, la médiation de toutes les antithèses, au faîte
du développement du dogme. La respectable Revue de Steudel s’en allait mourir, un travail du diacre Fischer sur les Lovdator du quatrième évangile (1840) la met au tombeau; auteur retrouve dans la notion vague que l’évangéliste a des Juifs les traces d’un point de vue ethnico-chrétien bien postérieur, et un moment de la tendance idéale et peu historique de l’évangile. À la Revue succèdent les Annales de Tubingue , cet organe de tant de science et de tant de parti pris. Schwegler linaugure en critiquant de fort haut les ouvrages publiés jusque-là sur la question joannique ; Schnitzer, un philologue, et Zeller, le sobre et pénétrant ZLeller, reprenant le dilemme traditionnel entre l’évangile et Apocalypse, le retournent triomphalement contre le premier; et déjà Zeller s’écrie d’un air prophétique : «Si j'ai raison, la critique du canon finira par la reconnaissance du livre par le rejet duquel elle a commencé. Que de fois les premiers sont devenus les derniers, et les derniers les premiers!» L'an d’après, pendant que Zeller commence ces savants travaux de philologie comparée du Nouveau Testament, base de la grande critique de ses amis, Schwegler proclame le Marcus epilomator, et hasarde de placer Marcion avant saint Luc; et, jetant un regard dédaigneux sur le passé, l’impétueux jeune homme déclare «qu'il s’agit de savoir si la science de l’Introduction peut continuer encore dans la voie qu’elle à suivie jusque-là, si elle ne se transformera pas, puisqu'il faudra bien comprendre les écrits du Nouveau Testament comme les phases d’un développement, en une histoire du développement de l’âge apostolique et du siècle suivant; car il faudra bien fournir la base de tous ces changements». La modeste publicité des Jahrbücher ne suffit déjà plus à Zeller, il fonde, à son tour (1843), une grande revue littéraire, les Annales du présent, destinée au grand public, où Zeller, le premier (1844), essaye de re-
construire l’histoire de l’Église catholique, en en faisant la résultante d’une série d'effets de conciliation successifs.
Mais le maître rompt un long silence, et donne enfin au public sa grande Étude sur la composition et le caractère de l'évangile joannique (Jahrbücher, 1844). Désormais l'école de Tubingue est formée. Baur a clos son système, son développement est achevé, il ne lui reste plus qu'à tirer les conséquences des principes qu'il a acquis dans cette longue élaboration. C’est à l'étude des bases mêmes de son système que nous allons passer.