APTE
doit, comme toute autre, avoir en elle wne tmpulsion vivante à sorlir d'elle-même, et à se réaliser dans une série d’apparitions , qui ne peuvent être considérées que comme les divers côtés du rapport qui cxisle universellement entre l’idée et son apparition". Si le protestant voit dans l’apparition de la réforme une transition si frappante, et qui fait époque, d’une forme vieillie de la conscience de l'Église à une forme nouvelle, la destinée tout entière de l’Église lui paraît une énigme inexpliquée, s'il ne peut la considérer comme un développement constant, marchant de phase en phase, et la réformation elle-même comme rien autre chose qu’une des phases dans lesquelles réside le procès du développement de l'Église. Quelle est donc la substance que l'idée de l'Église veut tirer d'elle-même et réaliser dans l'Église visible? Ou mieux, puisqu'elle ne peut pas réaliser autre chose qu’elle-même, qu’est-elle donc dans son essence ? l'Église est la forme réalisée dans laquelle le christianisme parvient à son apparition. Demander ce que c’est que l’idée de l'Église, c’est donc demander ce qu’est le christianisme en lui-même. Et ce christianisme ne peut être dans son essence autre chose que ce que la conscience chrétienne, dans tous les temps, sous toutes ses formes, a considéré dans la personne de Jésus, l’unité de Dieu et de l’homme. Les deux formes dans lesquelles l’idée de l’Église se réalise, sont le dogme et la constitution.» — Et Baur montre dans le catholicisme la réalisation de cette idée, que «l’Église catholique est la représentation parfaitement adéquate de l'idée de l'Église, que Dieu et l'homme sont en elle, dans les deux formes principales dans lesquelles cette unité peut trouver son expression précise et concrète, devenus un ». (Voilà bien, je pense, cet optimisme hégélien pour qui tout
|. Epochen, p. 249 et sui.
est bien, parce que toute chose a son idée, et que toute idée est raisonnable.) Mais ce n’est qu'après la réformation, lorsque cette conceplion est dépassée, qu'il est possible d’en juger avec connaissance : «Ce n’est que du haut de l'échelle que l’on peut apprécier les degrés inférieurs à leur juste valeur, parce que alors seulement 1ls apparaissent comme ce qu'ils sont, non comme la vérité pleme et entière, mais comme une phase de cette vérité, qu’il faut que l'idée traverse dans le procès de son développement, ils apparaissent comme une forme de la conscience, qui doit avoir fait son temps pour que l’on puisse s’en séparer avec la certitude que l’on est mûr pour un état supérieur. Ainsi Hegel : que cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? il n’est pas ici, il est ressuscité ".» Et l’histoire tout entière se trace d’après ces lois, car Baur demande «que, sous la forme de l’histoire, ce soit l’essence même de lesprit, que ce soit son évolution naturelle et son développement intime, sa conscience de soi progressant de phase en phase, qui se présentent au regard ? »; et, par suite, il veut «que toutes les transformations temporaires apparaissent comme les phases essentielles et nécessaires à travers lesquelles se meut l’idée, laquelle, niant de plus en plus tout ce qui est temps et apparence, tend à distinguer, par le jugement toujours plus rigoureux de la pensée pure, l’essentiel de ce qui ne l’est pas, pour, enfin, se saisir soimême à travers toutes les phases successives dans son essence la plus intime *». Mais ceci, pense Baur, n’est rendu possible que par la spéculation : «Où il y a liaison, il y à raison, et ce qui est par la raison, doit aussi être pour la