‹ Les origines de l'école de Tubingue et ses principesChapitre 17 sur 28 · Loc, cit., p. vit · texte numérisé non relu

Loc, cit., p. vit

raison, pour la contemplation pensante de l'esprit. Sans spéculation, la recherche historique ne fait qu’effleurer la surface et l'extérieur de la chose, et, plus vaste et plus important est l’objet qui occupe, plus il est du domaine de la pensée pure, plus il importe aussi de ne pas se borner à retrouver ce que tel ou tel a pu penser ou faire, mais de refléter en soi les pensées éternelles de l’esprit éternel, dont l’histoire est la propre œuvre ‘.» On sait les résultats, dans l’école de Hegel, d’une telle conception spéculative de l’histoire : nihul parit, comme dit Bacon. Baur est bien audessus de ce reproche, mais lui a-t-il été possible, avec une telle méthode, d'éviter l'à priori dans l’histoire, d’être dans la recherche indépendant des résultats donnés d'avance de la spéculation ? C'est une autre question. N'est-ce pas un principe gros de dangers que celui-ci: «Il n’y a que l’'empirisme le plus brutal qui puisse croire que lon peut s’abandonner sans réserve aux faits, prendre les objets de l’histoire tels qu’ils se présentent à nous *» ? Zeller lui-même, Papologiste de cette méthode, ne cache pas ses craintes pour le sort du détail, perdu dans le grand tout, et pour la sûreté d’un tel procédé. C’est surtout dans ses travaux sur l’histoire des dogmes que Baur, faisant l’histoire de l'esprit, comme il dit, «se mettant à portée de lui-même et s’élevant à la conscience de lui-même», se livre à sa spéculation: c’est l'esprit «obéissant à l'impulsion interne de devenir de plus en plus son objet (gegenständlich) à soi-même dans une série de déterminations de la foi», c’est «l’universel indéterminé acquérant sa forme concrète dans le travail de l'esprit; celui-ci, pénétré de l’idée absolue, éprouve le be-

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