Dogmengesch., 1 À., préf
3, Trinilät, |, p. L.
et
soin de sortir hors de soi, de s’objectiver dans cette idée pour s’apporter soi-même à la conscience, à lui-même» (période du dogme objectif, de la conscience ignorant ce que c’est que la subjectivité de la conscience représentative, et qui se peint dans le dogme); et ici «les mêmes phases qui partout et toujours déterminent l’évolution de l'esprit », nous sont données comme les périodes constantes de tout développement historique: «c’est l'esprit penchant tour à tour, dans son progrès successif, d’un côté, puis de l’autre, vers l’objectif d’abord, puis vers le subjectif, et péchant toujours par des vues restreintes (Einseitigheil), jusqu'à ce que, ayant conscience de l'insuffisance et de la négativité de l’une et l’autre tendance, il rentre dans son véritable soi et s’unisse à lui-même dans l’objectivité de l’idée absolue ». Et voilà les périodes de l’histoire, la période de l'identité et la période de la dissonance; voilà comment se divise l’histoire de l'Église, c’est l'idée s’identifiant avec le fait, l'Église se donnant comme manifestation adéquate de son idée (avant la réformation), et l’idée se séparant de plus en plus de son apparition (la réformation).
3) La personnalité dans l’histoire.
Que devient, dans une telle conception de l’histoire, où la formation du dogme paraît être un procès accompli une fois comme autre, dialectique et toujours le même, que devient la personnalité, ce nerf de l’histoire? Dans une telle conception, on voit toujours, derrière le tableau, ombre de ce mot redoutable de Hegel : Ce que fait l’esprit n’est pas de l’histoire. L'idée, dans son développement nécessaire, se passe de l'action libre de l’homme; il faut des individus pour réaliser l’idée; mais ces individus ne peuvent être qu'instruments et porteurs de l'idée. QI] nous est parfaitement indifférent qu'un individu s'appelle Atha-
nase , un autre Ârius, un troisième Nestorius, un quatriéme Cyrille. Tous les personnages historiques ne sont pour nous que des noms. La pensée et les actes de chacun, ayant leur fondement et leur raison d’être dans l'essence même de l'esprit, ne sont qu’un moment de ce procès incessant dans lequel lesprit lutte avec lui-même pour triompher de tous les obstacles et pour arriver, à l’aide même de ces contradictions vaincues, à se mieux connaître et à se mieux posséder”.» Voilà où mène l’idéalisme : au mépris du fait et de l'individu.
4) Le Christ historique.
Que dirons-nous donc, d’après ces prémisses, de l’individu par excellence dans l’histoire de l’Église, de Jésus- Christ ? Quelle est la valeur historique de sa personne ? Baur évita longtemps de se prononcer sur ce point. Schwegler, le premier qui ait eu à retracer l’origine du christianisme , ignore Jésus : «J'ai fait exprès, dit-il en note et en passant”, d'éviter la question de Jésus, parce qu’on n’en sait rien. Tout ce qu'on en peut dire, c’est que la spiritualisation et la transfiguration du judaïsme, et spécialement la notion messianique, doit être de son fait. » Jésus est une sorte de grand inconnu, source obscure et vague des idées qui remplissent son siècle après lui, idées qui remplissaient la conscience intime de Jésus, mais jamais comprises par ses disciples. Voilà tout ce que Schwegler nous apprend sur Jésus, et il construit l’origine et le développement du christianisme sans s’occuper de lui. Quant à Baur lui-même, il semble, dès l’abord, que Pattention qu'il consacre à Paul, au développement du christianisme sous sa main, trahit une certaine répugnance à en ramener l'établissement à Jésus-