‹ Les origines de l'école de Tubingue et ses principesChapitre 22 sur 28 · REA · texte numérisé non relu

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sophe. «Nous ne pouvons, avait dit Hegel, pénétrer derrière la foi » ; lhomme-Dieu est l’objet de la foi, il n’en est pas la condition. Ne semble-t-il pas que Baur ait pris ces mots pour devise et fil conducteur dans ses recherches ? A la base de Strauss et de Baur, nous trouvons l’axiome : Le Christ réel n’est pas le Christ de la foi, Le Christ idéal est autre que le Christ historique. Strauss a dit: «Le Christ de l'histoire est fort peu de chose. » Baur, sondant la genèse du Christ idéal, en a recherché et admiré la formation. Aussi Strauss est l'historien critique de Jésus, Baur l’historien critique du christianisme primitif. Qu’a été Jésus, pour Baur, en réalité ? il a été conscience de l’unité de Dieu et de l’homrne, il l’a été, mais comme on pouvait l'être de son temps, il a cru l'être; nous, nous le savons. Et Baur réclame, pour le philosophe, le droit d’être, pour la forme du moins, au-dessus de Christ. Tandis que la personne de l’homme- Dieu, que la foi considère comme la vérité‘ historique, se sépare pour nous en deux extrêmes absolument opposés: d’une part l'individu (historique) isolé, dont les rapports avec l'humanité disparaissent, de l’autre la pure idéalité de la vérité , pour cela même dans ce vaste milieu (entre l’histoire et l’idée) le plus vaste espace est gagné pour le Christ vraiment historique. Si l'homme-Dieu est en soi l'unité du divin et de l'humain, l'humanité une avec Dieu, le vrai Christ historique est l'humanité, réalisant dans tous ses membres, qui sont ensemble le corps vivant de Jésus-Christ, la notion de la religion, s’élevant de la terre au ciel, s’unissant avec Dieu dans cette notion; c’est la communauté toujours croissant et s’imprégnant de la plénitude de lesprit; et l’'homme-Dieu Christ, toujours présent dans la vérité et la réalité constante de l’histoire, célèbre la victoire éternelle de la vie sur la mort, la fête éternelle de sa résurrection et de son ascension. Il ne manque donc pas, achève

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Baur, à une telle philosophie de la religion une notion trèsconcrète du Christ historique ‘.» Voilà le mot de la question, voilà ce qu'écrivait Baur en 1835, pendant que Strauss écrivait: «C’est dans l'humanité que s’accomplit le procès de l'incarnation, c’est elle qui est cet homme qui meurt, ressuscite et monte aux cieux.» Ritschl le dit avec raison : « Là où Strauss, en face de cette exclusion réciproque du Christ de l’histoire et du Christ de l’idée, ne voit que l'abîime (sa Dogmatique en fait foi), Baur s'attache à combler lintervalle : Baur croit que cette contradiction n’est que relative et non absolue, et c’est pour cela qu'après son maître Hegel, il croit à une philosophie de la religion, qu'il reste philosophe religieux. Mais, hégélien comme il est, il accorde néanmoins et de beaucoup au Christ idéal avantage sur le Christ historique ; le Christ de la foi, et non le Christ de la réalité, l’attache et l’entraîne, et c’est pour cela qu'il a toujours évité d'aborder l'histoire de Jésus-Christ, que le Christ historique n’a jamais été admis dans le cercle de ses études sur l’histoire. »

6) Continuité du christianisme avec les religions antérieures.

Évitant le centre de l'histoire de la religion, la critique de Baur à dû nécessairement attacher d'autant plus d’importance à l'histoire de la religion avant Jésus; le paganisme grec à toujours eu sa prédilection. En effet, si Jésus wa fait qu'exprimer pour la conscience ce qui était avant lui, le christianisme est la synthèse des éléments antérieurement déjà préparés, quoique isolément, par le développement de lhumanité, et élaborés soit par le judaïsme,

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