‹ Les origines de l'école de Tubingue et ses principesChapitre 23 sur 28 · Gnosis, p · texte numérisé non relu

Gnosis, p

Un soit par la religion grecque, soit encore simplement par le progrès des temps.

Qu'est-ce que le christianisme a de commun avec la situation du monde à l’époque de la naissance de Jésus ? Cest l’universalisme. Le particularisme était tombé sous immense et universel développement de l'empire romain, le peuple hébreu lui-même n’avait pu échapper à ce mouvement. Or, qu'est-ce qui fait l’absoluité du christianisme ? Cest justernent la négation de l’étroitesse et du particularisme juif, c’est son universalité.

Comment le christianisme arriva-t-il juste à l'instant où les autres religions tombaient en ruines?

La décadence du passé était dès longtemps préparée : «Toutes les fois que quelque chose d’ancien tombe en ruines et s’en va, il faut qu'il y ait quelque chose de nouveau prêt à prendre sa place et qui l’ait miné de longue date...» Et Baur poursuit dans la philosophie grecque la négation du paganisme, et les premiers éléments épars du christianisme, l’idée du sujet, la conscience morale reconnue par tous, dans les sectes juives l’épuration du judaïsme, car le christianisme «ne veut être que le judaïsme spiritualisé »; il nous montre la religion nouvelle naissant, se formant de ces éléments divers et recevant de toutes mains : «Le christianisme, mis à sa place dans l'histoire du monde, apparaît comme d'unité naturelle de tous ces éléments, qui, avec toute leur diversité et leur variété, appartiennent pourtant à un seul et même développement; avançant de plus en plus dans sa marche progressive et excluant toujours plus sévèrement tout ce qui porte encore la marque du particulier et de l’individuel, un tel développement ne peut trouver enfin son centre que là où réside l’origine du christianisme (on le voit, l’histoire de l'Église et du monde pourrait être, d’après cela, appelée, pour Baur, l’évolution

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de l'idée de l'universel). Comment donc le christianisme devrait-il être considéré comme une apparition purement surnaturelle, comme un miracle absolu, qui, sans aucun intermédiaire naturel, a pénétré dans l’histoire du monde et ne peut pour cela même trouver sa place dans aucun ensemble historique? Car enfin, de quelque côté que nous nous tournions, nous ne rencontrons que points d'attache et points de contact, que les liens les plus intimes avec tout le développement de l'humanité; le christianisme ne contient rien qui n’ait été amené par toute une série antérieure de causes et d'effets, rien qui n’ait été préparé de longue date et par des voies diverses et peu à peu amené à ce degré de développement auquel tous ces éléments nous apparaissent dans le christianisme, rien qui ne se soit déjà auparavant fait jour sous une forme ou sous une autre, comme résultat de la raison pensante, comme besoin du cœur humain, ou comme postulat de la conscience morale. Comment donc peut-on s'étonner de voir ce qui depuis longtemps et par des voies si différentes était le but de toute tendance raisonnable et s’imposait à la conscience de lhumanité dans son développement toujours ascendant, trouver enfin dans la forme où il est apparu dans le christianisme son expression la plus simple, la plus pure et la plus naturelle» ? Résumons ceci: le développement de l’idée de l'universalité qui fait l’histoire de l’esprit humain, développement nécessaire et continu, n’admet pas que sa marche sûre soit interrompue par une apparition étrangère à ses lois; le surnaturel est la négation de l’histoire.

1) Le miracle.

Qu'est-ce, en effet, que le miracle pour l'historien? C’est son abdication, et rien d'autre, car lorsque chaque chose

!. Trois premiers siècles, p. 21 et suiv.

Len Os doit être le produit naturel de sa cause immédiate, un événement qui n’en a pas (c’est-à-dire qui affirme la liberté de Dieu vis-à-vis de la nécessité des causes secondes) anéantit cette loi de l’histoire. Ainsi surtout du plus grand des miracles : «trouver dans le miracle absolu l’origine du christianisme, c’est attribuer à tous les phénomènes du domaine du christianisme ce caractère de merveilleux et d’absolu qui caractérise son origine. Si le miracle est possible en ce point, il le sera aussi en tous les autres, L’historien a donc tout intérét à attirer aussi ce miracle de l’origine absolue du Christianisme dans le cadre de l’histoire, et, autant que possible, à le résoudre dans ses éléments naturels’. » Voilà donc la route de la critique tracée : résoudre le christianisme en ses éléments naturels. Et qui parlera après cela de la liberté d'esprit du critique élevé au-dessus des discussions dogmatiques par l'indépendance de sa méthode? Ce n’est pas, au reste, que Baur nie le miracle formellement : (Ïl n’est pas nécessaire, dit-il dans son Paulus’, d'entrer dans la question de la possibilité du miracle, puisqu'il ne s’agit ici que de la possibilité de le reconnaître (von seiner Erkennbarkeit).» Mais ce fait demeure, que le miracle dérange l’histoire, et il suffit pour le faire mettre hors l’histoire. Au reste, quand on considère lhistoire comme le procès de l’absolu, sortant de lui, et dans cet acte se révélant en même temps qu'il devient inégal à lui-même (en sorte que le mal est une partie du bien), puis, par la connaissance de cette négation même, la niant peu à peu et revénant à soi en se réalisant parfaitèment et nécessairement (et il s’agit ici d’être hégélien ou de ne Y'être pas), qu'a-t-on de commun avec une révélation sur-

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