‹ Les origines de l'école de Tubingue et ses principesChapitre 24 sur 28 · PEN · texte numérisé non relu

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naturelle quelconque, qu’a-t-on à faire des dogmes du christianisme, tous basés sur la libre action réciproque de Dieu et de l'homme et dont la personne du Christ-Sauveur est le céntre? La révélation nécessaire et progressive exclut tout ce qui en dérange les lois absolues, le christianisme est parfaitement naturel, «et tout ce qui dépasse ce niveau doi tomber sous les coups d’une critique négative et spéculative » (Landerer). Baur a protesté contre le parti pris, il n’a voulu voir dans sa spéculation que le résultat mêmeé de la critique; ses adversaires ont vu dans la critique le fruit de la dialectique même, et de fait, soit que Baur soit arrivé à la spéculation absolue par la critique ou bien plutôt par un besoin de son intelligence, un fait positif, c’est que la dialectique a été appliquée sciemment et par principe à l’histoire, et voilà ce que nous tenions à constater.

8) Nécessité des résullats.

Une preuve en suffirait, c’est le parfait accord de l’histoire, ce domaine de la liberté, avec les données d’un certain système de philosophie. Vraiment, aussi peu un système peut prétendre (quoique la philosophie en question n'ait pas une moindre ambition) être la vérité absolue, aussi peu la coïncidence absolue de l’histoire avec l’à priori de la spéculation m'inspirera de confiance dans l’une et dans l'autre, À moins que Hegel n’ait la vérité parfaite et absolue, une histoire qui marche d’antithèse en médiation, et de médiation en antithèse, comme un raisonnement abstrait, me paraît, dès l’abord, suspecte, et peut-être mon regard critique me révélera-t-il qu’au lieu de s’astreindre, comme doit faire l'historien modeste et consciencieux, à tenir compte de tout et à tout peser, elle ne part que d’un point, et que sur cette donnée unique érigée en canon du

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reste et extraite de son ensemble historique, elle bâtit le reste comme conséquence nécessaire et philosophique. Mais une telle méthode elle-même nous révélera sa faiblesse.

I est un mot que nous retrouvons souvent sous la plume de Baur, et l'idée plus souvent encore, et il est caractéristique, c’est le mot muss (il faut). Pourquoi Baur s’attache-t-il, par exemple, avec tant de ténacité, envers et contre toute la science, à l'hypothèse de Griesbach, qui fait de Marc l’abréviateur des deux autres évangiles? parce que rien ne peut être plus dangereux à sa critiqué que d'admettre en si peu que ce soit l'originalité, reconnue de tous, de l’évangile le plus simple ét le plus naturel, et qui présente si peu un caractère de tendance ou de parti. Non, mais Matthieu doit être le prermier, Matthieu, à qui appartient le mot : Heureux Les pauvres. Ébionisme! Au reste, Qùl faut que des écrits d’une origine aussi secondaire que l'évangile de Marc portent aussi les traces d’une date postérieure ‘», et ces caractères se trouveront en effet, s’il faut qu’ils se trouvent.

Ici Baur ne cédera à aucun prix; ailleurs, il sera plus traitable. L’évangile dé Marcion est-il l'original de celui de Luc? Schwegler et Ritschl avaient convaincu, disait Baur, « l'hypothèse traditionnelle de manquer de toute espèce de principes de critique», et Baur $’était jeté sur leurs brisées, triomphant des préjugés dogmatiques d’un Tertullién ét de l'ignorance de la vieillé école, et tout son système est bâti là-dessus. Mais d’une main amie les coups sont moins sensibles. Ce furent Hilgenfeld et Volkmar qui détrompèrent le maître, et sans lui demander excuse. Baur dut s'entendre dire* les plus grandes duretés sur son arbitraire et sa légé-

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