‹ Les origines de l'école de Tubingue et ses principesChapitre 27 sur 28 · Ibid., loc. cit · texte numérisé non relu

Ibid., loc. cit

3. Ritschl (dans son excellent article des Deutsche Jahrbücher, 1861),

en citant ces mots, les applique fort heureusement au contraste du protestantisme et du catholicisme, et cette reductio ad absurdum suffit, en effet, pour faire voir toute l’inanité d’une pareille dialectique.

ro judaïsme considéré comme une thèse avec le paulinisme son antithèse , et leur synthèse dans l’Église catholique.

D'après de telles prémisses , l’histoire se construit avec rapidité et certitude, Nous partons du dualisme des partis au second siècle ; qu'est-ce que l’histoire des trois premiers siècles ? la latte de deux tendances ; et quel en est l’aboutissement ? la médiation des tendances contraires. Le christianisme primilif est le produit, encore imparfait, de l’antithèse de l’universalisme romain et du sentiment de dépendance juif, fécondé par l’essénisme : «heureux les pauvres,» en voilà la vive expression, c’est dire que l’évangile de Jésus- Christ est plus ébionite que paulinien. L’universalisme, relevé exclusivement par Paul, sous la forme de l’antinomisme, et le judaïsme des douze apôtres-colonnes, voilà les deux facteurs de ce christianisme primitif devenus les drapeaux des deux partis extrêmes, et l’histoire des premiers siècles est l’histoire de la séparation toujours croissante de ces partis exirêmes , ou plutôt du rejet des parts extrêmes, héritiers plus où moins légitimes du christianisme original, au rang d'hérésies, tandis que le corps même des partis se rapproche peu à peu. Morcion et les Clémentines sont le paulinisme et le judéo-christianisme laissés en arrière par le progrès des temps, La conciliation se fait pendant ce temps, et comment? L'Église catholique est-elle fille légitime du paulinisme? non, elle est sortie du judéo- christianisme transformé insensiblement sous son influence. Les écrits du Nouveau Testament sont les facteurs comme les monuments du rapprochement réciproque des partis‘; au faîte et au

1. Leur inauthenticité n'empêche pourtant pas le critique de leur conserver, et de très-bonne foi, sa plus profonde admiration : «L'esprit souffle où il veut, nous entendons sa voix sans savoir d'où il vient; aussi puise-{-il dans sa liberté le libre pouvoir de susciter des témoins

OR point d'union des deux tendances se trouvent, pour la foi, le quatrième évangile; pour la constitution, les épîtres d’Ignace, et avec elles l'Église catholique. Voilà comment , étant données une antithèse et sa conciliation nécessaire, on peut trouver cette conciliation.

Page 1