‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 113 sur 218 · Springer-Michaelis, p. 279, fig. 5o · texte numérisé non relu

Springer-Michaelis, p. 279, fig. 5o

LA DESCENDANCE DU MEGARON l8l

ioniques de ces deux rangées, une colonne médiane d'un type différent, couronnée d'un chapiteau corinthien. Ce support, unique de son espèce, n'est évidemment pas conçu comme faisant partie d'un péristyle intérieur, mais comme un motif central, isolé. 11 rappelle la colonnade médiane du sékos archaïque à deux \aisseaux, plutôt qu'il n'annonce la péristasis. L'architecte l'a voulu distinguer de tous les autres, pour bien marquer qu'il conservait ici l'ordonnance classique, aux deux files parallèles. Cette disposition assez bizarre confirme que l'on goûtait médiocrement le plan périptère pour la colonnade intérieure de la cella.

Seul le plan de la colonnade extérieure donne couramment lieu à des variantes et met entre les édifices quelque diversité » . Cette parure du temple, qui jamais ne fait intimement corps avec le sékos, reste dans la construction un élément facultatif dont l'architecte a droit de modifier l'importance et l'effet. L'étude de ces variantes, qui n'affectent pas la structure profonde de l'édifice, intéresse l'histoire de la décoration architecturale plutôt que celle des types monumentaux. Nous n'avons pas lieu de nous y arrêter.

Un très petit nombre de temples dérogent à la règle qu'on vient de dire et n'ont pas pour sékos un mégaron. On aperçoit presque toujours les raisons particulières qui expliquent ces anomalies. Par exemple le temple d'Apollon, à Gortyne, est une salle plus large que longue f7^^. 56J'^. C'est qu'en Crète, malgré

1. Hormis la division classique en trois chambres, prodomos, naos, opisthodomos, le cloisonnement de l'édifice est un lait absolument exceptionnel. Le vieux temple d'Athéna sur l'Acropole d'Athènes, avec ses deux chambres jumelles séparées par une cloison dans l'axe de la bâtisse, reste jusqu'à ce jour unique de son espèce. Dans le temple, plus récent mais également singulier de Lousoi (Reichel-Wilhelm, dans Jahreshefte, igoi, p. i et suiv.), il ne s'agit pas d'un cloisonnement dans le sens de la longueur, mais de deux bas-côtés, clos de murs, dont on a tlanqué extérieurement la cella. Le temple dclien à double cella, dessiné par Ghoisy (Hist. de l'architect., I, p. 43 1, lig. 6, M.), n'a jamais existé. C'est une restauration fantaisiste d'une ruine qu'on a récemment reconnue pour le Prytanée (cf. Jbid., p. /iio, plan d'ensemble du sanctuaire délien). L'adyton en forme de chapelle carrée qu'on voit dans certains temples siciliens, et à Paestum dans le temple de Déméter, est une réduction de naos, logée à l'intérieur du grand naos, comme l'arche dans la chambre sacrée du temple égyptien. 11 ne fait pas partie intime de l'édilice. Dans certains cas, comme à Agrigente au temple d'IIéraklès, il est une addition tardive au plan primitif (cf. Durm, Bank. d. Griechen, p. 887, fig. 360;

'p. '.33, fig. 395).

2. Monum. Lincei^ 1892, pi. 1, col. 9. Le pronaos et l'abside sont de date récente.

L EDIFICE n\POSTYLE

racclimatation du mégaron européen, tout souvenir ne s'est pas perdu de l'architecture préclassique et de l'édifice oriental à large front. Le sékos de Gortyne ne doit pas être catalogué parmi les monuments helléniques, mais parmi les spécimens attardés, les survivances isolées du type crétois orientalisant.

FiG. 5G.

Temple d'Apollon Pythios à Gortyne.

Il nous montre que même aux temps classiques, et malgré l'unification rapide de l'art dans tous les pays de culture grecque, l'architecture Cretoise gardait encore de son lointain et glorieux passé un caractère original.

Pour ce qui est des temples ronds, deux cas distincts sont à considérer. Certains de ces édifices doivent être rangés dans la catégorie des héroons, avec le Philippéion d'Olympiei et le trophée plus récent d'Éphèsea. Leur forme, dès lors, s'explique aisément. On sait aujourd'hui par assez d'exemples que l'architecture funéraire s'est montrée bien plus fidèle aux modèles du passé que l'architecture simplement religieuse. C'est surtout dans les tombeaux qu'ont survécu en Grèce, comme dans tout le monde antique, les types primitifs de construction, plus

1. Olympia, Bamverke, II, 128; p. 79 et suiv. (Adier); Durm, Bank. d. liriechen, p. 4o8, fig. SyS.

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