‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 136 sur 218 · III. La dahabié de Ptolémée IV. L'œcus périptère · texte numérisé non relu

III. La dahabié de Ptolémée IV. L'œcus périptère

Par un étrange contraste, ce même peuple égyptien, dont certains ouvrages défient les siècles, excellait aussi dans les constructions brillantes et fragiles. A la même époque où s'élevaient les temples, encore intacts aujourd'hui, de Dendérah et d'Edfou, ses rois faisaient bâtir, pour leurs plaisirs et les fêtes de leur cour, d'éphémères et somptueux palais, sortes de fantaisies architecturales, où se montrent mieux que nulle part ailleurs les qualités et les défauts du goût alexandrin. Deux de ces constructions, dont rien ne subsiste et ne pouvait subsister, sont décrites avec quelques détails par Callixène, dans des textes que nous a conservés Athénée. L'un de ces textes concerne le grand yacht fluvial, ou si l'on veut la dahabié de Ptolémée IV, l'autre la skéné de Ptolémée IL Tous deux méritent d'être examinés de très près. Les seuls commentaires archéologiques qui leur aient été consacrés, ceux de M. K. Lange et de M. Franzmeyer, contiennent plus d'une erreur et ne dégagent pas nettement les indications qu'on en peut tirer pour l'histoire de l'architecture gréco-égyptienne.

La description de la dahabié royale est celle dont l'exégèse soulève les moindres difficultés!. Elle ne saurait, cela va sans dire, fournir la matière d'une reconstruction graphique; mais il n'en faut pas tant pour qu'elle nous soit précieuse. On y aperçoit dès l'abord beaucoup de lacunes. L'auteur parle avec force détails de la décoration intérieure et s'émerveille surtout de la richesse des matériaux. Il est malheureusement plus bref sur les dispositions architectoniques et sur le plan de ce curieux ensemble. Telle qu'elle est, sa description reste pourtant le principal document à consulter sur la maison ptolémaïque.

La dahabié de Ptolémée IV était un véritable palais flottant, long d'un demi-stade, large de trente coudées. Elle élevait au-dessus de sa coque deux étages de salles et de portiques. Avec toutes ses superstructures, elle mesurait en hauteur près de quarante coudées. Les appartements royaux (au[;.7ïôa'.a et y.i'.Twvs;) occupaient le centre; autour d'eux couraient, sur trois côtés, deux étages de promenoirs: en bas, une galerie ouverte,

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