Haus u. Halle, p. 12/i
3. Klippel, Ueber das alexandrinische Muséum, Gôttingen^ i838, p. 89 et suiv. II. Schwab, Le Talmud de Jérusalem, Paris, i883, VI, p. Aa ; Hamburger, Real-
Encyclopàdie f. Bibel u. Talmud, s. v. Alexandrien ; Kaufmann, Rev. études juives, XIII, 1886, p. 60; Leclercq, Manuel d'archéologie chrétienne, p. laS.
l'Egypte des lagides 235
fait garantir l'exactitude, a Qui n'a pas vu la double galerie à Alexandrie n'a rien vu de la splendeur d'Israël. C'était une basilique composée de galeries placées l'une à l'intérieur de l'autre, abritant parfois un nombre de fidèles double de celui des Israélites qui sortirent d'Egypte. Il y avait soixante-dix sièges d'or, pour les soixante dix-vieillards, et chacun était placé sur une base. Au milieu se trouvait une estrade, sur laquelle se tenait l'officiant. »
Ce texte a surtout intéressé les historiens de la basilique chrétienne; le nom de basilique donné ici à une synagogue ayant suggéré l'idée d'une filiation possible entre les deux espèces de monuments. Nous aurons plus loin l'occasion d'examiner cette thèse; constatons pour l'instant que le texte du Talmud n'apporte en sa faveur aucun fait significatif. M. K. Lange le signale brièvement sans le traduire», et affirme, encore une fois, sans la moindre preuve, qu'il nous dépeint un édifice à trois vaisseaux. M. Baldwin Brow^n va jusqu'à donner un plan restitué de la synagogue et imagine de toutes pièces une basilique à cinq nefs, prolongée par une grande abside 3. Tout bien considéré, il n'y a dans le texte en question que deux données positives à considérer : l'existence de deux galeries, ou colonnades, dont l'une était inscrite à l'intérieur de l'autre; la présence d'une tribune au centre de l'édifice. Un lecteur non prévenu, qui n'est point décidé, comme M. R. Lange, à trouver partout des monuments à trois nefs, se représentera d'après ces quelques données une vaste salle périptère, entourée à l'intérieur, sur ses quatre faces, d'une double rangée de colonnes. Quant à la tribune centrale, elle se placerait naturellement au milieu exact du plan, et des deux colonnades concentriques. Je ne dis pas que le texte du Talmud fasse sur ce point la certitude, et que les mots en doivent être serrés de près comme s'il s'agissait d'un devis d'architecte; mais telle est bien la forme d'édifice qu'il laisse imaginer de préférence à toute autre. Prises isolément, ces brèves allusions à une colonnade intérieure tournante peuvent paraître obscures. Elles le sont beaucoup moins après les exemples cités plus haut d'une semblable ordonnance. La synagogue alexandrine nous apparaît comme une variante agrandie de l'œcus périptère.