‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 145 sur 218 · A. Jardé, Revue de Paris, 1909, p. 5i3 et suiv · texte numérisé non relu

A. Jardé, Revue de Paris, 1909, p. 5i3 et suiv

2. Wiegand-Schrader, Priène, p. 286, maison XXXIII, cf. ci-dessus, p. 196.

par la suite droit de cité ^ Autre chose est d'établir entre ces deux formes de logis, complètement dissemblables, un lien de filiation.

Il faut se souvenir que la maison à péristyle, telle que nous la trouvons à Pergame, à Théra, telle que nous la pouvons étudier à Délos dans un très grand nombre de monuments, n'a pas pour seul trait distinctif sa colonnade continue, mais aussi la forme de ses chambres et celle de sa toiture. Même après le remaniement qu'on lui a fait subir, la maison de Priène en question reste très profondément difTérente du type délien. Elle conserve son mégaron, inconnu à Délos; elle n'a que le masque de la maison détienne. Pour qu'elle lui devînt identique, il eût fallu la démolir et la rebâtir de fond en comble, en prenant l'exact contre-pied des dispositions primitives. La maison à péristyle n'est pas issue de la maison à prostas, parce qu'elle en diffère dans toutes ses parties et parce qu'il n'y a point de filiation possible entre des contraires.

Aussi bien, nous savons maintenant où trouver le modèle de cette toiture en terrasse recouvrant tout le logis, et de ces pièces plus larges que profondes, qui caractérisent, non moins que le péristyle, le type délien. Les Cretois du second millénaire, les Égyptiens en tout temps, ont opposé de semblables bâtisses au mégaron des Hellènes. Coïncidence frappante, ces peuples sont aussi les mêmes chez qui nous avons vu se constituer dans sa forme définitive le type du péristyle régulier, alors qu'aucun exemple n'en pouvait être noté en pays grec. Péristyle, terrasse, chambre à large front, voilà trois dispositions que nous avons vues réunies dans l'habitation orientale et dans celle-là seulement. Les maisons de Kahoun, même de peu d'importance, avaient des bassins hypèthres, entourés d'un auvent sur colonnes. Le labyrinthe du Fayoum était un immense massif de maçonnerie, percé çà et là de cours périptères. Dans l'architecture ptolémaïque, la colonnade intérieure à quatre faces était, nous l'avons vu, une ordonnance favorite.

Dans le plan priénien, c'est l'œcus-mégaron qui marque le point central. Dans le plan délien, par contre, tout s'ordonne autour de la cour et par rapport à elle. Les chambres, développées en largeur, le long des portiques, sont comme les annexes du péristyle. A ce seul caractère se reconnaîtrait déjà

I. Le prytanée à péristyle de Priène a remplacé un prytanée plus ancien sans péristyle (cf. Wiegand-Schrader, Ibid., p. 283 et suiv.).

2^2 l'Édifice hypostyle

un type d'habitation méridional et oriental, originaire des pays chauds. Sous un climat sec et doux, la cour périptère avec ses auvents sutfit, à l'origine, à constituer le logis ; elle en demeure la partie essentielle, quand le plan s'en est développé. Le point capital n'est pas comme en Europe d'avoir un réduit bien fermé, où se conserve la chaleur du foyer, mais de construire un enclos donnant de l'ombre à toute heure ', La cour, considérée comme la pièce principale de l'habitation, a été, pour cette raison, plus soigneusement dessinée et construite que chez les Européens. C'est, plutôt qu'un simple enclos, une salle partiellement hypèthre, aussi régulière et symétrique que n'importe quelle construction couverte.

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