‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 149 sur 218 · Cf. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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4. Explor. archéolog. de Délos, II. La salle hypostyle, fig. 2, n. 7.

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Voilà donc en tout, pour la période antérieure aux Diadoques, trois constructions à cour périptère. Est-ce un simple hasard si sur les trois il en est deux dont on peut à bon droit supposer qu'elles ne sont pas de pure souche hellénique? La lesché de Delphes, en tant que bâtie par des Grecs d'Asie, le monument de Délos, en tant que délien, prêtent particulièrement au soupçon d'orientalisme. De bonne heure Délos a été pour les Grecs la porte de l'Orient et pour l'Orient la porte de la Grèce. Nous aurons bientôt la preuve du prompt et large accueil qu'elle fit aux nouveautés architecturales venues de l'Est. Il est en tout cas digne de remarque que le seul édifice grec du v" siècle ayant quelque rapport avec la maison à péristyle se soit rencontré à Délos, dans la même ville où l'on ne connaîtra bientôt d'autre modèle d'habitation que celui-là. Il en faut peut-être conclure que les constructeurs déliens ont appris à bâtir la cour périptère et la maison à péristyle avant ceux de la Grèce continentale i .

En tout cas, au second siècle avant notre ère, les architectes de Priène restent toujours fidèles au vieux type national du mégaron. A plus forte raison sans doute ceux du continent européen, où la tradition hellénique dut être plus longue à déraciner. Le péristyle, à cette époque, gagne visiblement du terrain, comme en témoigne la maison remaniée de Priène; mais l'emploi n'en est pas encore devenu général. Au début de l'âge impérial, quand il parle de la maison grecque, Vitruve ne l'imagine pas sans une cour centrale périptère. Mais un architecte du iv*" siècle, voire du iii% nous l'eût sans doute définie par d'autres traits.

i. Après la Lesché des Knidiens et le monument de Délos on pourrait songer à citer la colonnade qui entoure, à Mégalopolis, le petit temple de Zeus Soter. Mais la date en est difficile à préciser et je doute fort qu'elle soit antérieure au m* siècle. M. Schulz (Excavat. at Megalopolis, p. 69) exprime le même avis, en signalant la forme amaigrie des chapiteaux et l'analogie des profils doriques avec ceux du Philippéion, lequel fut reconstruit au temps de Philopœmen. M. Richard (Ibid., p. lo/j) admet que le temple de Zeus Soter peut avoir été bâti dès le iv' siècle, mais n'est-ce pas afin d'y pouvoir placer une statue de Képhisodote, père de Praxitèle? Il resterait à savoir si l'attribution à ce sculpteur est certaine (Pausanias donne le nom de Képhisodote sans autres précisions, VIII, 00, 10), et si le hall n'est point plus récent que le temple proprement dit.

III. La colonnade à quatre faces dans les gymnases et les agoras; autre innovation de date récente et certainement d origine orientale.

De la maison à péristyle on ne peut guère séparer le gymnase à quadruple portique, ni l'agora rectangulaire enclose d'une colonnade continue. Ce sont là trois applications d'un même motif architectonique. Or, le classement chronologique des deux dernières séries de monuments ne contredit point nos conclusions précédentes. Non plus que dans les habitations, la colonnade à quatre faces n'apparaît dans les grands ensembles monumentaux qu'à une époque relativement basse.

On est en général porté à croire que la cour périptère constitue dans les gymnases et les palestres la partie essentielle, indispensable. Et de fait, il en va bien de la sorte pour les édifices explorés jusqu'à ce jour. Mais il importe d'observer qu'à très peu d'exceptions près ces ruines se datent toutes des temps hellénistiques.

Aucune de celles où se voit un péristyle ne peut être attribuée avec certitude à une époque plus haute que le m* siècle i. Le premier archéologue qui ait étudié l'architecture des gymnases grecs, Ghr. Petersen, sur la foi de Vitruve^ et d'après l'exemple de quelques monuments retrouvés^ supposait déjà l'existence d'une cour périptère dans les installations du V' siècle^. C'est une erreur dont l'examen attentif des textes grecs aurait pu l'avertir.

Il n'est point parlé de péristyle dans le passage du Lysis où Platon nous donne quelques renseignements sur l'organisation d'un gymnase athénien^'. Dans la longue description que nous a laissée Pausanias du vieux gymnase d'Élis, sont

1. Sur l'archilecliirc des gymnases cf. en dernier lieu, K. Schneider, Die griechischen Gymnasien and Palùstren, nach ihrer geschichtlichcn Entwicklung, Fribourg, 1907 (élude plus précise des textes que des monuments); Gothein, Griechische Garten, dans Alhen. MitteiL, 1909, p. laS et suiv. Le classement des ruines par type ou par époque n'est pas fait dans ces deux études avec toute la rigueur qu'on voudrait. On se reportera surtout pour lui à l'article de G. Fougères dans le Dict. d. AntiqaitéSy s. v. Gymnasium.

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