‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 150 sur 218 · Vitruv., \ , II · texte numérisé non relu

Vitruv., \ , II

3. Chr. Petersen, Das griechische Gymnasion nach seiner baiilichcn Einrichtung, Hambourg, i858.

'j. Plat., Lysis, 2o3-2o4 a; Schneider, Ibid., p. l^ô et suiv.

248 l'édifice hypostyle

mentionnés des périboles, mais non des cours entourées de colonnes I.

Parmi les ruines, il faut citer en premier lieu le gymnase de Delphes, qui semble comprendre des vestiges fort anciens et peut avoir été fondé au vi^ siècle. Mais rien ne nous prouve que son péristyle carré remonte à une date si haute. La première mention en est faite dans une inscription de l'archonte Dion II, en 258 av. J.-G. M. Homolle, dans son premier rapport sur le monument, inclinait à dater du iv"" siècle le stylobate de cette colonnades. Mais il se fondait sur un indice assez douteux, cause de fréquentes erreurs : la forme des lettres grecques gravées sur les matériaux comme marques d'assemblage. Il est certain aujourd'hui que les caractères inscrits sur les blocs de maçonnerie pour le repérage ne nous donnent point par leur forme les mêmes indications chronologiques que ceux des inscriptions officielles. Dans des ruines déliennes du second siècle av. J.-C, on a relevé comme marques d'assemblage des types de lettres qui disparaissent de l'alphabet officiel attique avant le milieu du v^ siècle. II resterait de plus à démontrer que les blocs du stylobate portant des caractères n'ont pas été taillés pour un édifice plus ancien. Enfin rien ne dit que la mention, d'ailleurs conjecturale, d'une cioaç ïrJ. -m [Yj;j.vaj{a)]^ dans le compte de Damocharès concerne bien un péristyle plutôt qu'un portique quelconque.

La question de date reste aussi mal éclaircie pour le gymnase de Messène, ou du moins pour la ruine, non fouillée, qu'on désigne de ce nom. C'est une assez vaste colonnade, qui se développait sur trois faces, à l'extrémité d'un grand stade 3. En général on admet que la ville de Messène a vu s'élever au IV' siècle ses principaux monuments. Il faut sans nul doute faire une exception pour cette colonnade. Les dessins de Blouet, dont j'ai pu vérifier sur place l'exactitude, nous montrent ses chapiteaux doriques avec un profil très maigre, très écrasé,

1. Paus., VI, 23; les colonnes que mentionne une fois Platon en parlant d'un gymnase et qu'on voit souvent indiquées sur des vases du v* siècle figurant des scènes gymniques peuvent être celles des longs portiques qui servaient de pistes couvertes. L'absence de péristyles carrés n'implique pas celle de toute colonnade (Plat., Euthyd., 273, a; 3o6, b; cf. Arch. Zeit., XXXVI, pi. 11; Girard, Éduc. athénienne, p. 196, fig. 19; Hartwig, Meistersch., pi. 70, 3, a).

2. Homolle, Bull. corr. helL, 1898, p. 564 et suiv. ; 1899, p. 56o et suiv.

3. Expédition de Morée, I, pi. 24 (Blouet), Dict. d. Antiquités, s. v. Gymnasium, p. 1692 (Fougères), Schneider, Ibid., p. ii/i ; Arch. Anzeig., igio, p. 109.

qui dénote une date sensiblement plus basse. A Délos, où l'on peut suivre l'évolution de l'ordre dorique dans une très longue et très riche série de monuments, on ne trouve pas avant la fin du III'' siècle des formes de chapiteaux comparables à celles de l'édifice messénien.

La même remarque s'applique au gymnase d'Épidaure^ dont la construction a été placée sans raison suffisante à la fin du iv^ siècle. C'est un des spécimens les plus complets du type hellénistique. A Délos, le péristyle du gymnase ne fait évidemment pas partie des installations les plus anciennes 2. A Théra, le gymnase de Ptolémée, il est intéressant de le noter, ne comprend pas de cour centrale périptère^. A Olympie, la palestre, fort semblable à l'édifice d'Épidaure, et déjà très conforme à la description de Vitruve, n'est pas antérieure aux dernières années du iir siècle, sinon au début du second^. Nous sommes conduits à des dates encore plus basses avec les grands gymnases des villes d'Asie Mineure, Pergame^, Priène^ et Milet?.

Dans la chronologie des types architectoniques le gymnase à péristyle n'est donc pas séparable de la maison à péristyle. Aussi bien n'y a-t-il entre les deux que de minimes différences. Le gymnase hellénistique n'est autre chose qu'une habitation dont on a agrandi la cour centrale périptère, aux dépens des chambres adjacentes. Gomme dans les maisons déliennes, ces chambres ne sont pas construites à la grecque, c'est-à-dire développées en profondeur, mais à l'orientale, c'est-à-dire développées en largeur, parallèlement aux faces du péristyle.

Si l'on se rapporte à Vitruve, lequel écrit, au i" siècle

1. Cavvadias, ïb tepbv xoO 'AffxAYiTitoO, Athènes, 1900, p. i48; Athen. Milteil., 1892, p. 96 et suiv,; p. 288 et suiv.; Dict. d. Antiquités, Ibid., p. 1695 ; HpaxTtxâ, 1901, pi. 2; 1906, pi. A, i; Borrmann-Neuwirth, Gesch. d. Baukunsty p. i5i ; Durm, Bauk. d. Griechen, p. /igS.

2. G. Fougères, dans Bull. corr. helL, 1891, p. 288 et suiv.; la fouille de cet édifice a été tout récemment reprise et achevée.

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