‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 18 sur 218 · Fougères-Hulot, Sélinonte, p. 272 et suiv · texte numérisé non relu

Fougères-Hulot, Sélinonte, p. 272 et suiv

3. Tsountas, ilpoiaxQp. àxpoTr., p. 107 et suiv.; plan III, a/i- A, 2.

LE MÉGARON PRÉMYCÉNIEN 23

seau retrouvé à Hissarlik^ dans le sixième gisement; de même encore le long bâtiment mycénien d'Arné^, la cella archaïque de Néandria^ (Jîg. 29 j et enfin le temple récemment découvert d'Apollon Pythios à ïhasos ^. Le mégaron sans prostyle représente dans l'histoire de la maison grecque une variété fort ancienne, dont la Sicile a longtemps conservé l'usage, mais que la Grèce propre n'avait nullement ignorée. Les constructeurs mycéniens l'ont enrichi d'un portique à colonnes sur le front, mais ce portique n'est pas dans l'édifice grec un élément permanent, indispensable. A plus forte raison le péristyle, lequel gardera toujours le caractère d'une parure ajoutée après coup. Le péristyle fait défaut dans le mégaron de Déméter à Sélinonte et à Gaggera, comme dans les temples de Lycosoura, d'Eleusis, d'Oropos et de Samothrace, parce que ces édifices sont des télestérions et que les fidèles admis à se réunir dans la cella n'ont plus besoin pour s'abriter d'une colonnade extérieure.

Tous les caractères qui justifient l'hypothèse de l'origine rupestre dans le cas du mégaron sicilien (aspect sombre de l'intérieur, murs aveugles, ouverture unique et étroite sur le front) se retrouvent dans l'habitation grecque des temps primitifs et archaïques. Il n'apparaît pas que les Hellènes aient jamais connu une forme de cella spécialement réservée aux cultes infernaux, ou même spécialement réservée au culte. La cella qui abrite la statue du dieu et que l'on considère comme la maison du dieu, n'a pas été créée pour lui. Ce n'est jamais que l'image agrandie, ennoblie d'un logis humain. Par suite, toute conjecture expliquant la genèse du temple chtonien de Sicile, comme de tout autre temple grec, doit encore valoir pour la maison grecque en général.

Non moins que les sanctuaires de Déméter, celle-ci avait des raisons de ressembler à une caverne. Ce n'est pas seulement le culte des dieux infernaux, c'est l'habitation humaine qui débute par le troglodytisme. Enfin, l'emploi que fait Homère du mot \}.iy:cpT/ pour désigner la partie essentielle de la maison semble bien signifier qu'il faut donner à l'hypothèse de M. Fougères

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