H. G. Butler, Rev. archéoL, 1907, 1, p. /ji3 et suiv
3. Cf. par exemple les huit chapelles voisines du temple d'Esculape à Lambèse (époque de Lucius Verus): Gsell, Monum. ant. de V Algérie, I, p. iho.
k. Mau, Pompei, pi. Il, p. 89, R. Q. P.
Dans l'architecture romaine, comme en Grèce, le naos à front étroit, capable d'usages multiples prend tour à tour des proportions exiguës ou monumentales.
Basilique de PompéiK — C'est la plus ancienne des basiliques actuellement connues. Un graiïîte relevé sur l'un de ses murs remonte à l'an 78 avant J.-G. L'édifice pourrait avoir été commencé vers la fin du second siècle. Sa destination de basilique est suffisamment attestée par d'autres graffites et par sa situation au centre de la ville, en bordure du forum. Les murs et les colonnades étant encore conservés jusqu'à une hauteur notable, la lecture du plan ne soulève aucune discussion. Le bâtiment, non compris le portique qui précède sa façade, est deux fois et demie plus profond que large. Nous n'avons jamais trouvé cette forme étroite, très allongée, aux basiliques du type A. L'un des petits côtés, tourné vers le forum, présente trois grandes ouvertures. La principale, celle du centre, reproduit exactement le type classique de la façade grecque : deux antes encadrant deux colonnes. Sur les longs côtés étaient ménagées deux portes de dégagement, notablement plus étroites. Adapté à sa fonction de basilique, le naos grec ne pouvait plus se contenter d'une porte unique sur sa façade. 11 devenait nécessaire qu'on y pût circuler beaucoup plus librement que dans la cella du temple. De là ces portes secondaires sur les côtés. Nous en avons déjà vu de semblables à Samothrace, répondant au même besoin, dans le télestérion des Kabires. La basilique de Pompéi ne se termine pas dans le fond par une abside ; son tribunal, au lieu d'être logé dans une niche, s'adosse simplement au mur postérieur. Deux rangées de douze colonnes séparent le vaisseau central des deux bas-côtés. Fait anormal, sans autre exemple dans la série des basiliques de type B, cette double colonnade fait retour en avant et en arrière, le long des petits côtés du plan, et forme ainsi une péristasis continue. Ce détail rappelle, mais est seul dans tout l'édifice à rappeler, les basiliques de la première série. C'est un emprunt isolé au système oriental. Par tous ses autres caractères, la ruine de Pompéi se classe parmi les monuments de pur type grec.
En avant de sa façade, s'élevait une sorte de porche étroit,
» I. Mau, Ihid., p. 64 et suiv. ; Durm, Ibid., p. 628. La reconstruction de M. K.. Lange (p. 35oet suiv., pL I et III) est inacceptable en ce qui concerne le type de toiture ; cf. Bom. MitteiL, 1898, p. 166 (Mau).
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composé de cinq piliers et de deux petits murs d'antes qui supportaient apparemment un toit d'appentis. Nous savons par Vitruve qu'on appelait ce portique chalcidiciim. Son emplacement, son rôle dans l'économie générale de la bâtisse, enfin son nom même en décèlent l'origine grecque. Le prostyle, dont les variétés sont multiples, est aussi commun dans l'architecture grecque que rare dans les édifices de l'Orient. Rappelons seulement que les vieux mégarons néolithiques des acropoles thessaliennes mettent déjà leur façade à l'ombre d'un chalcidicum. Bien qu'on en ait parfois doutée il faut tenir pour certain que la basilique de Pompéi était entièrement couverte et non pas hypèthre dans tout l'espace enclos par la colonnade. Mais la forme exacte de la toiture reste difficile à préciser. Les trois vaisseaux, c'est encore un point hors de doute, s'élevaient à la même hauteur ou très peu s'en faut. 11 y avait peut-être place entre leurs couvertures respectives pour un très léger ressaut, mais non pour un pan de mur avec des fenêtres. La salle était d'ailleurs suffisamment éclairée par de larges baies ouvertes dans les murs latéraux. Malgré l'égalité de hauteur des trois vaisseaux, Mau inclinait à restituer un toit en trois parties, plat sur les bas-côtés, à deux pentes sur la nef médiane. M. Durm songerait plutôt à un grand toit pointu, d'une seule volée.
Basilique /Emilia^. — Les ruines qui en subsistent et qui, nous l'avons dit, ne remontent guère qu'à l'époque d'Auguste, sont encore incomplètement déblayées. 11 est très probable, sinon certain, que cette basilique appartient à notre seconde série. Par sa situation et par l'aspect de sa façade, dont on peut prendre une idée d'après les Anaglyphes de ïrajan, elle faisait pendant à la Julia. Par leurs dispositions intérieures les deux monuments sont fort dissemblables. Dans l'état présent des fouilles, il semble bien que feutrée principale de l'JEmilia ne
1. Cf. les opinions anciennes discutées par M. K. Lange, Ihid., p. 36i etn. 3.
a. Hiilsen, Rom. Mitteil., 1905, p. 58 et suiv., Forum romain, p. 126 et suiv. Dans le plan d'ensemble du Forum des Empereurs, reproduit par Durm {Baak. d. Borner, p. 616) d'après Hûlsen, Badeker de Rome, le dessin de la basilique ^Emilia est entièrement fantaisiste; de même pour le plan donné j>&T Holtzinger, Altchristl. Baukunst, p. 22. 11 ne faut plus dire, et depuis longtemps, comme fait le dernier historien de la basilique chrétienne (R. Le maire, L'origine de la bas. latine, Bruxelles, 191 1, p. 42), que la basilique -Emilia « n'est qu'un vaste portique, presque tout en façade».
se trouvait pas sur son long côté, vis-à-vis des Rostres. Là s^ plaçait en effet une file de labernae logées sous les arcades, et séparées de l'intérieur de la basilique par un mur plein i. La seule porte ménagée sur cette façade, entre deux de ces boutiques, n'a rien de monumental. Sans doute, la grande entrée occupait-elle le côté Ouest, celui qui regardait vers le Comitium2. C'est un point que les fouilles actuellement en cours finiront par tirer au clair 3. Le plan de la colonnade intérieure se laisse en partie restituer d'après la ruine et d'après un fragment de la Forma Urbis. Deux alignements de piliers limitaient un long vaisseau central. Au Sud, du côté du Forum, une seule nef latérale le séparait des tabernae. Au Nord, le grand vais seau était bordé par deux nefs de moindre largeur. Rien n'indique que les colonnades aient fait retour à l'Est ou à l'Ouest, le long des petits côtés. Gomme dans le type grec classique, elles étaient uniquement alignées dans le sens du grand axe. L'ordonnance générale du plan, mais surtout la partie voisine du front Ouest et l'angle Sud-Ouest, étonnent par leur dissymétrie. Il semble qu'afin d'utiliser pour le mieux tout le terrain disponible on avait donné à la basilique, au lieu d'un plan exactement rectangulaire, la forme d'un trapèze et que l'un de ses petits côtés, celui de l'Ouest, formait un angle aigu avec la façade tournée vers le Forum. Les éléments font défaut pour imaginer l'élévation de l'édifice; mais étant données ses très vastes dimensions et son ordonnance intérieure, l'existence d'un grand lanterneau est rendue probable pour les mêmes raisons qu'on a dites à propos de la Julia.
Basilique théorique de Vitruve. — La basilique de Fanum, œuvre de Vitruve, est un pur spécimen du type A. Mais on sait déjà que ce monument ne répond point à la définition de la basilique normale donnée parle même auteur^. Dans la pratique, Vitruve s'est décidé pour le plan oriental ; dans la théorie, il donne la préférence au plan grec.
Il faut, dit-il, que la largeur d'une basilique ne soit pas
i. Cette disposition est encore apparente dans la ruine, mais surtout dans le fragment de la Forma Urbis qui se rapporte au monument.