‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 189 sur 218 · Ibid., p. 342, lig · texte numérisé non relu

Ibid., p. 342, lig

3. Vitruv., VI, 10, I et suiv. : « œcos quadratos tam ampla magnitudinc ut faciliter in eis quattuor tricliniis stratis ministralionum ludorumquc opcris locus possit esse spatiosus. »

k. Vitruv., VI, 5, 8.

5. Vitruve mentionne encore, quelques lignes plus loin, une variété d'œcus à laquelle s'applique la même remarque. C'est l'recus appelé par les Grecs cfzicenus; ses proportions sont telles « uti duo Iriclinia cum circumitionibus inter se spectantia possint esse conlocata ». Chaque groupe de trois lits (triclinium) occupant un espace carré, l'œcus qui contient deux triclinia doit être deux l'ois plus long que large.

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l'un carré, l'autre oblong; de même qu'il mentionnait deux formes de curie, l'une qu'il appelle quadrata, l'autre oblonga; de même encore qu'il décrit deux formes de basiliques, l'une à front large, se rapprochant du plan carré (celle de Fanum), l'autre au moins deux fois plus longue que large et précédée d'un chalcidicum. C'est que, dans tous les cas où se pose le problème d'établir une salle à colonnes, le constructeur romain a le choix entre deux solutions, l'une que lui ont apprise les Grecs, l'autre qu'il tient des Orientaux. Sans le constater jamais explicitement, Vitruve nous laisse par trois fois deviner ce dualisme, cette concurrence de deux traditions.

Quant aux variétés à'œcus qu'il désigne par les mots œgyptius et corinthius , elle diffèrent surtout parle système de couverture, non par le plan. V œgyptius se couronne d'un lanterneau, et sur les bas-côtés de son toit, autour de la partie centrale surélevée, circule un promenoir ^ . Le corinthius a pour plafond une voûte en berceau.

Dès le premier siècle de notre ère, l'habitation romaine de moyenne importance comprend donc des chambres hypostyles d'un caractère monumental. Ces chambres n'ont pas une ordonnance uniforme; mais, tout comme les grandes basiliques, elles rappellent tantôt le naos grec, tantôt le symposion périptère égyptien. On peut se figurer à leur image les basiliques privées dont parle Vitruve.

Nous ne connaissons encore aucune ruine romaine où telle salle soit formellement désignée comme ayant été affectée aux privata judicia. Mais on a depuis longtemps remarqué dans trois demeures impériales, à Porto, à Tivoli, au Palatin, des bâtisses qui pourraient avoir eu cette destination. Toutes trois reproduisent très exactement, sans aucune disposition anormale, le schéma de notre type B. A Porto, c'est une pièce oblongue, enclose dans ce vaste ensemble d'architecture qu'on appelle sans raison décisive le palais de Trajan^. Deux files de quatre

1. La toiture à lanterneau peut recouvrir soit une salle périptère, soit une salle grecque à double file de colonnes; mais en parlant de Vœcus œgyptius Vitruve songe spécialement au type périptère. C'est ce qu'indiquent les mots (( ut sit circuitus ». Le promenoir établi sur le toit des bas-côtés circule autour du lanterneau, ce qui implique que la colonnade court au moins sur trois faces de la salle.

2. Annali deW Ist., 1868, XL, p. iA4 et suiv., p. 172 ; Monum. delV Ist., VIII, î868,pl. XLIX; K. Lange, //aus u. Halle^p. ^bj •,Wiliing, Anf ange christl. Archit., p. /i3.

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colonnes, proches des murs, délimitent une nef médiane que prolonge une large abside. 11 semblerait, d'après les relevés à petite échelle publiés dans les Monumenti delV Istituto, que deux portes ouvraient sur les bas-côtés (fig. 72).

A Tivoli, c'est une salle toute pareille, où les supports, en nombre égal, se groupent de même façon, mais dont l'abside a la forme rectangulaire (fig. 72)^. Au fond de celle-ci se loge d'ailleurs une petite niche arrondie. Trois portes correspondent aux trois nefs parallèles, dans le mur opposé. 11 semble bien que la colonnade comprenait deux ordres superposés, sans qu'on puisse d'ailleurs pour cela affirmer l'existence d'un lanterneau2.

Le bâtiment, bien souvent décrit, du Palatin 3 ne diffère guère du précédent que par ses dimensions, qui sont notablement plus grandes (fig. 72). La salle, longue de 28 mètres, large de 20, comptait neuf colonnes le long de chaque face latérale. Une vaste abside tenait lieu de mur postérieur, ne laissant à sa droite et à sa gauche que l'espace nécessaire pour deux portes de dégagement. En face d'elle, sur le front, s'ouvrait un large portail. L'aménagement intérieur est bien tel qu'on peut l'imaginer pour les séances d'un tribunal. Le sol de Tabside, notablement surélevé, forme une grande estrade. Devant elle subsiste encore une balustrade de marbre, qui barre le grand vaisseau d'une colonne à l'autre, pour maintenir le public à distance des magistrats. Gomme pour la salle à trois nefs de Tivoli, il est possible mais non certain qu'un surélèvement de la toiture correspondît au vaisseau central.

L'appellation de basilique pourrait à la rigueur se discuter à propos des deux premiers édifices ; elle n'est guère contestable en ce qui concerne le troisième. Outre l'agencement intérieur qu'on vient de dire, il faut noter que cette salle se trouve dans la partie du palais la plus accessible au public et qu'on y pouvait entrer directement de l'Area Palatina.

Dans ce dédale de bâtiments que forment les demeures impé-

1. Winnefeld, Die Villa des Hadrian, p. 88, pi. Vin(La salle en question est appelée triclinium); Dehio-Bezold, Kirchl. Bauk. d. AbendL, pi. XV; K. Lange, Haus u. Halle, pi. a; Witting, Anfànge christl. Archit., p. Sg.

2. Mau (Pauly-Wissowai, Fieal-Encycl. , s. \.Basilica) et Dehio {Ibid., 1, p. 68) penchent pour le lanterneau, correspondant au vaisseau central, M. K. Lange {Ibid., p. 358) restitue un toit d'une seule volée.

3. K. Lange, Ibid., p. 370 et suiv., pi. VI, fig. 2 ; Holtzinger, Altchristl. Baukunst, p. ai, lig. ai, 22. La ruine en question fait partie du palais élevé sous les Flaviens; elle est pour son premier état antérieure à la mort de Domitien (9G ap. J.-C.).M.K. Lange a distingué les traces d'une reconstruction partielle.

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riales sur le Palatin, il devient difficile de reconnaître des types de construction traditionnels. Le plan de l'habitation, démesurément agrandi, a rompu le cadre des modèles anciens; il ne connaît plus d'autre loi que la fantaisie de Tarchitecte ou les besoins du moment. Les procédés analytiques et la méthode comparative auxquels nous soumettions les œuvres des époques précédentes ne trouvent plus leur application avec de tels édifices, non plus qu'avec ceux de notre temps. Dans le choix des formes monumentales, la part de la tradition diminue sans cesse; celle de l'invention va toujours grandissant. Seule dans ce réseau compliqué de murailles, la basilique oblongue à triple vaisseau frappe l'attention comme une image familière. On la pourrait comparer à cette chapelle du château de Versailles, dont le vaisseau, svelte et nettement dessiné, détache ses formes connues de la masse compacte et confuse des bâtiments voisins.

Ce n'est pas, sans doute, le fait du hasard si la seconde série de basiliques, la série grecque, comprend la majorité des monuments. De quelque intérêt qu'on témoignât pour les créations de l'art oriental, l'influence hellénique avait été dès le début trop profonde et continuait de s'exercer avec trop de force, pour ne pas maintenir jusqu'au bout sa prépondérance, et même dans les provinces orientales de l'Empire. Après les basiliques du type A, j'ai mentionné quelques édifices similaires affectés à d'autres usages. La liste serait beaucoup plus longue des monuments autres que des basiliques qui se rattachent à la série B. Il y aurait d'abord à citer nombre de temples. Par exemple, rien ne ressemble plus aux basiliques privées qu'on vient de voir à ïibur et au Palatin que ce Pythion de Gortyne ^ (fig. 56) successivement remanié à la mode grecque, puis dans le goût romain. D'une salle peu profonde, à peu près carrée, lointaine héritière de l'édifice crétois, on a fait au second siècle avant notre ère un naos grec classique en l'allongeant au moyen d'un prodomos. A l'époque impériale, ce naos s'est augmenté d'une abside, ouverte dans le mur postérieur, et de deux rangées de colonnes, qui l'ont divisé en trois vaisseaux.

Outre des temples, il faut encore joindre aux basiliques du type B des édifices religieux, qui ne répondent plus à l'ancienne idée du sanctuaire, lequel représentait la maison du dieu, mais

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