CHAPITRE XII
Le problème de la basilique chrétienne.
Entre les édifices civils qu'on vient d'étudier et les grandes églises construites à l'époque constantinienne, il n'y a pas seulement identité de nom, mais analogie de forme. La basilique chrétienne, dite latine, avec sa colonnade intérieure^ son abside, son toit surélevé dans la partie médiane, évoque à première vue le souvenir de la basilique profane. Et cependant il est non moins frappant qu'elle n'hérite point de tous ses caractères. Tout ce qui a été dit de l'une, dans le chapitre précédent, ne s'applique pas en bloc à l'autre. Les deux séries de monuments ont entre elles des liens non douteux; la seconde n^est pourtant pas le simple prolongement de la première. Quel est au juste leur rapport, en d'autres termes, quelle est l'origine de la basilique chrétienne, c'est le dernier problème que nous nous proposons d'examiner.
Dans toute l'histoire de Parchitecture, je n'en sais pas qu'on ait plus souvent tenté d'éclaircir. La bibliographie de la question représente aujourd'hui presque une bibhothèque. Elle ne cesse pas de s'accroître, car l'accord n'a pu jusqu'ici se faire sur aucune des solutions proposées. Les théories succèdent aux théories, et l'exposé de tant d'opinions contradictoires ne produit plus que confusion dans l'esprit du lecteur.
Mais peut-être la difficulté est-elle au fond beaucoup moindre qu'on n'imagine. Elle vient pour une large part de ce chaos d'hypothèses, dont nous avons le tort de croire l'examen aussi nécessaire que celui des textes anciens et des ruines. Pour qui s'y applique, sans se laisser intimider ou distraire par cette écrasante bibliographie, le problème de la basilique chrétienne n'est pas d'une telle complexité.
Les théories formulées jusqu'à ce jour sur ce point d'histoire ne sont pas toutes également dignes d'attention ; el voici appa-