‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 193 sur 218 · II. La basilique chrétienne identique à la basilique civile · texte numérisé non relu

II. La basilique chrétienne identique à la basilique civile

du type B.

Après ces observations, l'origine du plan basilical chrétien ne saurait être tenue un seul instant pour douteuse. Nous avons reconnu plus haut, parmi les basiliques civiles, deux types nettement distincts. L'église latine à trois vaisseaux n'a rien de commun avec le type A, hormis les éléments mobiles qu'on rencontre tour à tour dans les deux séries, comme le lanterneau sur le vaisseau central et l'abside. Mais si nous passons au type B, nous constatons qu'elle s'y conforme en tous points.

Parmi les archéologues, les uns ont été frappés d'apercevoir de très précises analogies entre les églises du iv* siècle et les basiliques civiles. Les autres, au contraire, ont surtout noté des différences et, par suite, ont cherché d'un autre côté le modèle de l'édifice chrétien». Nous apercevons maintenant la raison de ce désaccord. Les premiers songeaient aux basiliques du type B (celles des palais impériaux, de Pompéi, d'Aspendos, etc.); les autres avaient présents à l'esprit les monuments du type A (basiliques Julia, Ulpia, etc.). L'accord n'eût pas tardé à se faire si l'on eût pris garde qu'il était impossible de ramener toutes les basiliques civiles à un seul modèle et qu'il en existait deux espèces distinctes. Gomme ces deux espèces sont entièrement dissemblables et comme l'église constantinienne ne saurait

I. De là des affirmations aussi singulièrement contradictoires que les suivantes : Choisy, Hist. de Varchit., I, p. 667 : « La basilique (civile) fournira un jour au christianisme le modèle de ses édifices religieux. » H. Leclercq, dans le Dict. (Varchéolog. et de liturgie, s, v. Basilica, col. 687 : « Bien que désignées par le même nom, les basiliques chrétiennes diffèrent des basiliques civiles aussi complètement que possible. »

3l4 l'édifice HIPOSTYLE

appartenir en même temps à toutes deux, il convient de poser la question en d'autres termes qu'on n'avait fait jusqu'à ce jour. On ne doit plus demander : la basilique chrétienne procède-t-elle de la basilique civile? mais : à quel type de basilique civile, plus généralement à quel type de construction antique se rattache-t-elle ?

On pourra facilement constater, si Ton se reporte aux deux tableaux ci-joints, la similitude de l'édifice chrétien et des constructions païennes ou civiles du type B. A gauche (fig. 72) se trouvent figurées en plan plusieurs de ces dernières, prises parmi les plus simples et les mieux conservées. Ce sont des basiliques privées ou publiques, avec deux édifices de même forme consacrés à des cultes païens, le Bacchéion d'Athènes^ et le Pythion de Gortyne^. A droite (fig. 72^^') on verra des plans de basiliques chrétiennes, choisis parmi les plus clairs et les moins embarrassés de dispositions anormales. Il saute aux yeux dès l'abord que tous ces monuments, ceux du premier groupe et ceux du second, constituent, au sens le plus précis du terme, une série. L'historien de Tarchitecture les doit cataloguer comme des spécimens d'une même espèce.

Le rapprochement est bien plus instructif encore s'il se poursuit dans le détail. Il permet de voir qu'à chaque variété du type païen correspond une variété toute pareille du type chrétien.

Les basiliques privées du Palatin, de Tivoli, de Porto (I, II, III), où les éléments de la construction se réduisent au minimum (salle à front étroit, double file de colonnes, abside), ont pour répliques le Xénodochium d'Ostie^, Saint-Clément de Rome, les basiliques chrétiennes de Chaqqâ^' et de ïimgad^ (i, 2, 3, 4).

L'édicule de Porto (III), si exactement conforme par ailleurs au schéma de la salle hypostyle grecque, offre pourtant une disposition peu commune. On n'y pénétrait point par un portail de façade, vis-à-vis de Tabside, mais par une entrée latérale, s'ouvrant sur l'un des bas-côtés. Cette singularité, sans doute imposée par les circonstances, qui distingue la ruine parmi les monuments profanes similaires, se rencontre aussi, à titre accidentel, dans la série des édifices chrétiens ; par exemple dans la petite chapelle africaine de Tigzirt (6).

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