Baldwin Brown, From the Schola to the Cathedral
2. R. Lemaire, Ibid., p. 55; cf. aussi la critique de K. Lange dans Holtzinger, Kunsthist. Studien, p. a 5, et Witting, /6k/., p. 6o.
3. C'est J. X. Rraus qui l'a soutenue avec les meilleurs arguments, mais en faisant aussi sa part à une autre influence, celle de la cella memoriae (Real-Encycl. des christl. Altert., 1882, s. v. Basilika; Id., Geschichte der christ l. Kunst, I, p. 269 et suiv.); cf. aussi Crostarosa, Le basUiche cristiane, Rome, 1892 ; S. P. Kirsch, Revue thomiste, 1895, III, p. 52G et suiv.; Enlart, dans l'Histoire de l'Art, de A. Michel, I, p. 98.
!i. Patr. gr., I, col. i453. On a aussi invoqué l'exemple de la basilica Laterani (Hieron., Ep., 3o) et de la basilica Sicinini (Amm. Marcel., 27, 3, i3) qu'on sait avoir été converties en églises. Le cas de ces deux édifices reste douteux ; ils pourraient être, au lieu de basiliques privées, des basiliques publiques portant le nom de leur fondateur (cf. Lange, Haus u. Halle, p. 3i5). D'ailleurs l'indication fournie par le texte du Psevido-Clément ne doit pas non plus être acceptée sans quelques réserves; le mot basilica peut avoir été introduit par le traducteur latin du iv* siècle (cf. K. Lange, Ibid.; AVitting, Anfange christl. Archit.fp. 37). La basilique privée de JuniusBassus et la basilique Sessorienne, converties en églises au v* et au iv* siècle, doivent être tenues hors de compte, comme étant des monuments tardifs, construits après la fixation du type basi lical chrétien (cf. Kraus. Gesch. d. christl. Kunst, I. p. 3iC).
334 l'édifice hypostyle
les demeures princières de Tivoli, du Palatin, de Porto, salles qui semblent faites pour les séances d'un conseil ou d'un tribunal, ont une frappante similitude avec les premières églises. Il y aurait donc quelques raisons d'admettre que le souvenir des basiliques privées n'a pas été sans intervenir dans la formation du type basilical chrétien.
Cette thèse contient certainement une part de vérité. L'identité de plan entre la basilique du Palatin, par exemple, et telle église constantinienne, ne peut être considérée comme le fait du hasard. C'est le tort de Dehio de n'en avoir tenu aucun compte. Mais, nous l'avons déjà observé, le nombre était certainement très restreint des palais qui comprenaient une vaste salle ainsi agencée. Les basiliques privées affectées au culte n'ont dû représenter qu'une très faible minorité dans le grand nombre des églises antérieures au iv* siècle. Leur seul souvenir ne pouvait déterminer pour toujours la forme et les dispositions intérieures de l'édifice chrétien. Si le type classique de la salle oblongue avec abside et triple vaisseau a fini par s'introduire jusqu'à l'intérieur des maisons princières, c'est qu'il était déjà très en faveur dans la grande architecture. Avant de le rencontrer à Tivoli et au Palatin parmi les dépendances des palais impériaux, nous en avions déjà vu faire, et bien plus souvent, des édifices publics indépendants, tels que des basiliques civiles ou des salles de réunion pour des confréries. Les architectes qui élevaient les premières grandes églises n'avaient point besoin d'aller chercher dans quelques rares basiliques privées le modèle de la salle oblongue à trois vaisseaux. Ils le trouvaient partout autour d'eux, dans beaucoup d'autres édifices dont quelquesuns s'imposaient bien davantage à leur attention.
F. Les éclectiques.
En présence de ces théories diverses, dont aucune ne satisfait pleinement, beaucoup d'archéologues penchent pour une solution moyenne et veulent expliquer la genèse de la basilique chrétienne par un concours de causes multiples. Telle est par exemple l'attitude de D. H. Leclercq», dont l'éclectisme est aussi large que l'érudition. L'église latine procéderait, selon lui, à la