Wace-Thompson, Ibid., p. ii5 et suiv
LE MÉGARON PREMICÉINIEN ^7
n'a pas laissé de traces plus récentes que la première période
thessaliennei.
Avant d'aller visiter les acropoles de l'Argolide et les restes des palais mycéniens, considérons le chemin déjà parcouru et faisons le bilan des progrès réalisés. Les constructions que nous venons d'examiner ne méritent pas toutes le nom de primitives. En Thessalie et en Troade, la cabane néolithique a perdu son aspect agreste. Ce n'est pas encore un palais, mais on lui pourrait déjà donner l'épithète homérique îjxtij^.îvcç. Pour en faire un édifice il sufQra d'employer à sa construction des bras plus nombreux et plus disciplinés. Les populations de la Grèce primitive ne connaissent, ou peu s'en faut, qu'un seul type de logis, auquel elles sont liées comme à un idiome national. C'est la maison étroite et profonde, ouverte sur le front, souvent précédée d'un prodomos in antis, parfois divisée en plusieurs chambres par des cloisons transversales. Pour élargir le bâtiment au delà de la portée d'une poutre ordinaire, le constructeur sait planter en terre des pieux équarris et faire reposer sur eux l'armature du toit. Il les aligne parallèlement aux faces latérales du mégaron, le plus souvent sur une seule file médiane, mais quelquefois aussi par paires, de façon à ne pas placer un support dans l'axe de l'entrée.
Cette période prémycénienne est déjà décisive pour l'avenir de l'architecture hellénique. Dès maintenant se montre à nous tout constitué le type national du naos oblong à double ou triple vaisseau. Aux Mycéniens reste seulement la tâche d'en embellir l'aspect et d'en étendre les dimensions.
I. On pourrait reprocher à MM. Wace et Thompson de n'avoir pas assez marque, dans leur chapitre sur l'architecture, la prédominance en Thessalie, comme dans toute la Grèce, du type du mcgaron; et surtout de lui avoir opposé les maisons curvilignes comme celles de llakmani. Que des bâtisses étroites et profondes aient le fond cintré, comme à Kakmani, à Oiympie, à Orchomène (couche des bothroi), ou soient purement rectilignes comme à Sesklo, à Dimini, à Ilissarlik, etc., il s'agit bien toujours de la même forme de maison. Sans doute il faut noter dans la Thessalie primitive une certaine diversité dans les méthodes de construction ; mais il importait aussi de montrer que la maison thessaliennc est apparentée aux huttes néolithiques de rAltis,aux maisons d'Hissarlik, de Syra, et d'Argos. Cette diffusion dans toute la Grèce d'un même type très nettement caractéristique est le fait capital, qui domine l'histoire de l'architecture primitive. Des exceptions aussi peu nombreuses que celles qu'on vient de signaler à Sesklo (r* période) el à Tsangli ne sont pas de celles qui infirment la règle.
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