I. Identité de plan avec le mégaron primitif
Les monuments qu'on est convenu d'appeler mycéniens ont déjà fait l'objet de nombreuses et minutieuses recherches. Nous n'avons pas à les décrire^ mais seulement à les comparer aux ruines des âges précédents i.
Deux mégarons à Mycènes, deux autres à Tirynthe, deux encore à Arné, un septième à Troie, telles sont les constructions qui surtout nous intéressent. Nous prêterons moins d'attention aux bâtiments secondaires, qui presque partout viennent se grouper autour des mégarons, et aux ruines de même caractère qu'on trouve isolées en quelques endroits, notamment à Éginea. Ce n'est pas de l'architecture mycénienne en général que nous voulons traiter, mais seulement de cet édifice principal qui est dans le palais mycénien la copie agrandie de la maison primitive.
11 suffit d'un rapide coup d'œil pour constater l'exactitude de cette copie. A Mycènes 3, le pavillon central du logis est du type le plus complexe. Il comprend un prostyle, un prodomos et une grande salle. Ses deux files de colonnes intérieures qui
1. On nomme souvent achéenne la civilisation dont les fouilles de Schliemann en Argolide ont révélé les vestiges. Sans contester le moins du monde la justesse de cette appellation, nous continuerons à nous servir du mot mycénien qui dit bien ce qu'il veut dire et qui ne saurait prêter à discussion. Sur l'exactitude du mot achéen appliqué à l'art de Mycènes et de Tirynthe, cf. surtout Oelmann, dans Arch. Jahrb., 191 2, p. 38 et suiv.
2. 'EcpïifJi- cipy(x.iol.., 1895, p. a43 et suiv. ; réseau de murs sur plan quadrillé, qui semble provenir d'un magasin analogue à ceux de Knossos, plutôt que d'une habitation. Cf. les maisons mycéniennes, de plan assez confus, qu'on a retrouvées à Délos, sous les fondations des trésors (Comptes rendus d. Acad. d. Inscr., 1908, p. 180).