Pfuhl, dans Athen. Mitteil., igoS, p. 3'i5, fig
2. Tsountas-Manatt, Mycenaean Age, p. 269, fig. i33; Perrot-Chipiez, VI, p. 910, fig. 461 ; Bulle, Orchomenos, p. /|5, lig. 11.
3. Dôrpfeld, dans Schliemann, Tiryns, pi. III, p. 3ii; Perrot-Chipiez, VI, p. 678 et suiv,, approuvé par Dôrpfeld, Athen. Mitteil., 1899; Joseph, Paldste d. homer. Epos, p. 7/i, pi. I; Restle, dans Luckenbach, Kunst u. Geschichte,
1902, p. 5; etc.; H. Lechat, dans Le temjUe grec, p. 12 et 55, se montre moins affirmatif et tient seulement pour probable l'emploi du toit horizontal.
54 l'édifice IlYPOSTYLE
les bâtisses, du soin qu'on a mis à ne les point accoler, il ressort que les toits étaient pointus et fortement déversés. Dans la seconde Troie, notamment, on est frappé de ce fait que les mégarons, bien que rassemblés sur un étroit espace, ne se rapprochent point jusqu'à se toucher. Tous ces longs bâtiments sont exactement parallèles et sans ouvertures latérales. Ils n'ont cependant pas de murs mitoyens; entre eux sont toujours ménagées d'étroites ruelles. On s'étonne que les architectes n'aient pas songé à les souder les uns aux autres pour faire de la sorte l'économie de l'un des murs latéraux. Cet isolement des constructions, qu'on observe encore dans les ruines des acropoles thessaliennes et dans les vestiges préhistoriques d'Argos ou d'Orchomène, est à coup sûr intentionnel. Il peut s'expliquer par l'emploi du toit à double pente et je ne vois pas qu'il puisse s'expliquer autrement. 11 n'y a nul inconvénient à juxtaposer, à agglomérer en groupes compacts des bâtiments couverts d'un toit plat. S'ils sont de même hauteur, leurs combles rapprochés ne formeront plus qu'une même terrasse, à laquelle il suffira de donner une pente légère pour acheminer au dehors les eaux de pluies. Si les constructions sont de hauteurs difTérentes, il est toujours loisible, grâce au toit plat, de diriger les eaux d'un côté où leur écoulement ne trouvera pas d'obstacle. La tâche du couvreur est bien plus difQcile lorsque les maisons soudées mur à mur sont couronnées d'un comble à versants. Au-dessus de la paroi mitoyenne, les toits jumeaux forment une vallée profonde, où les eaux précipitées par les deux pentes viennent frapper violemment et tendent toujours à séjourner. Pour des constructeurs qui ne disposaient ni du ciment, ni de la tuyauterie métallique, il était impossible d'établir à la rencontre des deux versants une gouttière sufQsamment étanche. Que le comble soit horizontal ou incliné, il n'a jamais, à l'époque primitive, qu'un revêtement de terre et de bois; il n'est que relativement imperméable. Ce que les couvreurs devaient donc éviter à tout prix, c'était la stagnation des eaux. Ils y réussissaient en donnant au toit la forme brisée; mais, en plaçant côte à côte deux toitures de ce type, ils s'exposaient à de bien plus graves mécomptes qu'en gardant le comble horizontal à peine incliné. La masse d'eau projetée et arrêtée dans la gouttière mitoyenne ne pouvait manquer de s'infiltrer dans la muraille et de la ruiner rapidement.
Le bâtiment à toit brisé et à pignon est donc par définition
LE MEGARON MYCENIEN
un bâtiment isolé'. Réciproquement, lorsque nous relevons dans des ruines le plan de maisons toutes proches les unes des autres, placées côte à côte et pourtant isolées par d'étroites ruelles, il faut en conclure qu'elles portaient des toits à double versant. Tel est le cas pour les deux mégarons de la seconde Troie, tel aussi pour ceux de Mycènes, de Tirynthe et d'Arné.
FlG. 20.
Ensemble des mégarons de Tirynthe.
A Mycènes, le grand mégaron est flanqué à gauche d'un bâtiment étroit, divisé par des cloisons transversales en une série de pièces peu spacieuses. Cette annexe n'est pas, comme le dit M. Perrot, attenante au pavillon principal ^ Entre elle et lui on a laissé libre, non pas même un étroit passage, mais une simple rainure de moindre largeur que les murailles. Elle ne pouvait avoir d'autre utilité que de livrer passage aux eaux de pluie déversées par les deux toits. Sur les autres faces, on peut suivre ce qui reste des murs du mégaron sans rencontrer aucune fondation butant ou accolée contre eux. L'édifice était donc isolé en tous sens des constructions voisines.
Qu'on descende de l'acropole vers la ruine qu'a déblayée M. Tsountas, auprès du rempart, on y trouvera un arrangement
1. C'est ce qu'observe M. Perrot lui-même (VI, p. 681), mais il ne prend pas fçarde que, dans le palais mycénien, le mégaron central est précisément isolé des constructions voisines. Il voit dans les ruines de Tirynthe et de Mycènes des «ensembles de constructions contiguës ». En y regardant de près on peut se convaincre du contraire.