I. Dorpfeld, Troja u. Ilion, I, p. 4o et suiv
LE MÉGARON MYCÉ^îlEX 69
que par-dessus la terre battue, pour la garantir des infiltrations. Quant à voir dans ce mince lit d'argile l'unique revêtement d'un toit plat large de lo mètres et plus, il n'y faut pas songer. La terre n'eut pas manqué de se fendiller par endroits et de livrer passage aux eaux. L'emploi de cette couverture, faite d'une couche d'argile, elle-même tapissée de roseaux, s'explique beaucoup mieux dans le cas d'une toiture à pentes rapides. Les roseaux n'étaient pas étendus par-dessous, mais par-dessus la terre, pour empêcher les eaux de la raviner. Fortement incliné et garanti de la sorte, le lit d'argile pouvait résister aux plus rudes averses. Telle est encore la manière dont on établit en Grèce aujourd'hui les toitures de chaume. M. Dôrpfeld suppose que l'inclinaison du comble était très limitée par l'obligation de ne pas atteindre un degré de pente où le ruissellement des eaux pouvait provoquer des glissements. Cette remarque n'est vraie que des bâtisses où la terre demeure à nu. Protégé par un lit de chaume ou de roseaux, un toit chargé d'argile peut être plus fortement déversé que celui du temple classique. Il n'est pas rare de voir en Grèce des maisonnettes de paysans, couvertes de la sorte, où le pignon forme un angle à peine supérieur à 90 degrés.
IV. Autres preuves en faveur du comble à pignon. Les textes et les monuments figurés.
Von Reber, l'un des rares érudits qui aient combattu Thypothèse de la toiture plate, n'a pas fait valoir les arguments sur lesquels on vient d'insister, mais en a présenté quelques autres qui ne sont pas négligeables i. Les textes homériques font au moins une allusion très précise à la forme triangulaire d'une toiture. Dans l'Iliade, pour dépeindre l'attitude de deux lutteurs qui se heurtent front à front et, penchés l'un vers l'autre, cherchent à se renverser, le poète les compare aux chevrons opposés d'une charpente^. Dans l'Odyssée il est question d'un oiseau perché sur une poutre à l'intérieur du logis^; ce qui s'entendrait difficilement, si l'on imaginait un mégaron à toiture plate. Je
1. F. Von Reber, Ueber das Verhàltniss des myken. ziim dorischen Banstil, dans Abhandl. d. bayer. Akad., III, I, xx, t. II, 189G, p. 5o0; cf. aussi Middleton, dans Journ. Hell. Stud., 1887, p. i65.