‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 59 sur 218 · I. Paus., VI, 25, 9; cf. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

I. Paus., VI, 25, 9; cf. ci-dessus, p

la combinaison de deux édifices distincts : le baldaquin sur colonnes et le mégaron.

On a très justement observé qu'entre la cella et la colonnade l'union n'est jamais parfaite, même dans les temples récents i. A cet indice se reconnaît déjà que la péristasis est un élément ajouté. Mais il y a dans la structure du temple classique quelque chose de bien singulier et qui pourtant s'explique à merveille si l'on imagine comme il vient d'être fait l'origine de la colonnade. C'est que la toiture n'est point faite pour la cella, mais pour le péristyle. Dans un travail dont nous aurons à critiquer les Conclusions, M. Leonhard insiste sur cette étrangeté et non sans raison 2. Je ne sais s'il faut dire avec lui qu'elle constitue une faute de construction. En tous cas, on reconnaîtra que nous avons mis bien des siècles à nous en apercevoir. Mais il est certain que cette disposition du comble, si familière qu'elle soit devenue pour nos yeux, n'est nullement conforme à la logique, ne répond pas à cet esprit de clarté et de sincérité qui plaît avant toute chose dans les ouvrages de l'architecture. Le comble, avec ses deux frontons, déborde largement à droite et à gauche, en avant et en arrière de la cella. C'est comme un étage qui formerait balcon en tous sens et qui aurait beaucoup plus d'étendue que son rez-de-chaussée. Le comble avec l'entablement qui le supporte n'est pas construit à )a mesure de la cella, mais à celle de la colonnade dont la cella est entourée. Lorsque le temple est devenu périptère, le vieux mégaron in antis a été découronné de sa toiture et de son fronton. Il se cache depuis lors, presque méconnaissable, sous le vaste parasol dont la péristasis est le support. Pour expliquer la genèse du temple périptère, il ne suffît pas de montrer comment les colonnes sont venues s'aligner tout autour de la cella; il faut encore préciser pourquoi l'édicule primitif a disparu ainsi sous une plus large toiture. C'est à quoi réussit, mieux que les précédentes, l'hypothèse ici proposée, suivant laquelle on aurait combiné dans le temple périptère un mégaron in antis et un baldaquin sur colonnes .

1. Perrot - Chipiez, VII, p. SSg et suiv., fig. i8i, 182; Léchai, Le temple grec, p. 3i.

2. R. Leonhard, Die paphlagonischen Felsengràber und ihre Beziehung zum griechischen Tempel, 8^^ Jahresbericht d. Sles. Gesel. f. Vaterland Kaltar, 1908.

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