I. Mackenzie, Cretàn Palaces, IV, p. 37'! et suiv
122 L EDIFICE HÏPOSTYLE
pièces communicantes. Il faut avouer que c'est une analogie bien superficielle. Dans tout pays, l'habitation tend à passer du simple au complexe et à comprendre plusieurs chambres au lieu d'une seule. Mais nous avons dit par combien d'autres traits plus profonds diffèrent les deux types en question. En Thessalie, c'est un mégaron étroit, allongé, avec pignon et toit à versants, avec colonnes intérieures alignées dans le sens du grand axe. En Crète, la maison s'est formée de plusieurs petites bâtisses accolées, sans forme fixe, à toit plat, sans porte frontale dans l'axe. En Crète, la pluralité des chambres est obtenue par la juxtaposition de plusieurs bâtiments; en Thessalie, par le cloisonnement d'un seul. D'une manière générale, il semble que M. Mackenzie attribue une importance excessive à la présence ou à l'absence d'une chambre principale (living room) isolée. Ce qu'il importe de constater, c'est l'isolement des constructions entre elles, plutôt que celui de leurs divisions intérieures. Le mégaron de Sesklo, bien que divisé en plusieurs chambres, est cependant le frère des mégarons mycéniens, lesquels ne comprennent qu'une grande salle. Par contre, les maisons néolithiques d'Olympie sont sans rapport avec la maison néolithique de Magasa, bien que n'ayant ni les unes ni l'autre de cloisonnement intérieur.
Il est inexact que dans toute la région méditerranéenne Varchitecture ait pour point de départ la même cabane quadrilatérale, sans divisions intérieures. La hutte initiale n'a nullement la même forme en Crète et en Grèce. Dès l'apparition du plan rectiligne les deux types de logis, nous l'avons assez longuement fait voir, sont déjà différenciés.
Il n'est pas vraisemblable non plus que les constructions curvilignes n'aient jamais exercé nulle influence sur la formation des types rectilignes\ Pour Mackenzie, les deux manières de bâtir, au lieu de succéder l'une à l'autre, sont données d'un seul coup et pratiquées parallèlement 2. C'est à une conclusion toute contraire que nous a conduit l'examen des ruines grecques primitives. Le mégaron rectangulaire se dégage peu à peu du mégaron curviligne en forme de fer à cheval allongé. Il n'y a pas de doute que les formes rondes ne caractérisent l'architecture la plus rudimentaire et que l'adoption du plan carré ne soit un progrès considérable. Je n'insiste pas sur ce fait qui semble ressortir