I. Perrot-Chipiez, I, p. 21 3, fig. i
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révélées, comme l'existence de la hutte ronde, par l'alphabet hiéroglyphique. Des signes exprimant l'idée maison y édifice, figurent le plan d'une construction rectangulaire et affectent les formes ci-dessous (fig. U2) i. Ceux de gauche (A et B) sont de beaucoup les plus couramment usités.
Fig. 42.
Signes hiéroglyphiques représentant le plan d'un édifice.
On aperçoit aisément l'importance d'un tel témoignage. Nous avons dans ces figures hiéroglyphiques un schéma de la maison quadrilatérale, dessiné par des Égyptiens des premières dynasties. Jamais l'examen des ruines ou des monuments figurés, si nombreux qu'ils puissent être, ne nous fournirait une indication aussi précise. Nous en trouvons ici la preuve, le bâtiment à front large, ouvert au grand côté, était, dès une époque très ancienne, le modèle de logis le plus souvent reproduit par les constructeurs égyptiens. Il le demeura toujours dans la suite.
De l'autre type, qui par le développement en profondeur rappelle le système hellénique, on peut trouver d'assez nombreux spécimens dans l'architecture funéraire. Le célèbre tombeau de Négadah, fouillé par M. de Morgan, était un édifice allongé, étroit comme un couloir, divisé par des refends en une suite de chambres 2. La porte d'entrée, qu'un revêtement de maçonnerie rendait impraticable, s'ouvrait sur l'un des petits côtés. Non loin de ce tombeau en a été reconnu un autre, entièrement ruiné, de forme pareille. Il ne s'agit certainement pas là d'un plan exceptionnel, réservé aux constructions funéraires. Du monument de Négadah, comme des mausolées en forme de pyramides, nous pouvons encore affirmer qu'il est la copie plus ou moins exacte d'une habitation. Des maisons bâties en roseaux ou en pièces de bois légères avaient cette même forme étroite et cette porte au petit côté. Je suis fort tenté de reconnaître l'une
I. Ermann, Aegypt. Grammo.tik, p. 217; Lovei, Manuel de langue égypt., p. 126; on notera l'identité du signe G avec le plan de l'ossuaire de Kastri; c'est un point de rapport, parmi bien d'autres, entre l'architeclure de la Crète et celle de l'Egypte.
3. De Morgan, Recherches sur les origines de l'Egypte, II, p. i55, fig. 5i8; Springer-Michaelis, p. i/i, fig. 87.
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d'elles sur une empreinte d'argile recueillie précisément dans la fouille de Négadah. Au lieu de la bannière royale, qui est le motif habituel des cylindres gravés, on distingue sur cet objet un rudiment de paysage (Jig. ^3)^ . Le graveur a voulu dessiner une maison, entourée de quelques palmiers. L'édifice se présente comme un long rectangle; à ses deux extrémités, s'ouvrent deux portes. Elles sont indiquées de face, comme placées sur le long côté
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Maison égyptienne figurée sur un cylindre d'argile.
du bâtiment, mais c'est ici l'effet d'une convention fort usuelle, qui ne saurait nous tromper. Pour laisser voir les deux ouvertures du logis, placées en réalité sur les deux côtés étroits, on les a rabattues dans le plan du long côté qui leur est perpendiculaire. Les dessinateurs inhabiles à rendre la perspective procèdent constamment de la sorte, et la même faute, ou la même convention, s'observe encore dans des peintures grecques du IV' siècle 2. Interprétée de la sorte, l'empreinte de Négadah nous fait connaître un ancien modèle de maison, très allongée, avec une porte à chaque bout. Le voisinage de la palmeraie, les hachures et les traits croisés, qui veulent imiter l'aspect d'une construction en bois, mettent hors de doute qu'il s'agit bien d'une habitation et non d'un tombeau.
L'analogie n'est que partielle entre cette maison égyptienne et le mégaron de la Grèce continentale. Ce qui distinguait le mégaron, ce n'était pas seulement sa profondeur, mais son unique ouverture sur le front, preuve de son origine septentrionale. Le type oblong de l'architecture égyptienne offre cette particularité que ses deux petits côtés sont percés d'une porte. C'est un bâtiment à courant d'air. Il n'a pas eu pour modèle une habitation souterraine, mais un abri léger de bois, de branchages ou de toile, ouvert à tout vent, comme en construisent les peuples qui n'ont rien à craindre de l'hiver.