‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 89 sur 218 · De Morgan, Ibid., p. 170 et suiv · texte numérisé non relu

De Morgan, Ibid., p. 170 et suiv

3. Vase italiote du Louvre : de Laborde, Vases de Lamberg, I, p. i5, G = Reinach, Répert., II, p. i66.

l'oriejît 187

On peut aussi se demander si l'architecture nautique n'a pas contribué à sa création et à sa diffusion. La cabane oblongue ouverte par les deux bouts rappelle fort la cabine en planches ou en toile d'une barque fluviale. Que les Égyptiens aient su de longue date aménager ainsi leurs embarcations, c'est ce dont témoignent les peintures et les bibelots de bois sculpté. Les riverains du Nil que l'inondation chasse si souvent de leurs terres habitent leurs bateaux presque autant que les maisons de leurs villages. La dahabié moderne n'est autre chose qu'une habitation flottante. Le fameux yacht de Ptolémée IV, décrit par Gallixène, ressemblait plus à un palais qu'à un navire. Aujourd'hui encore l'agence Cook fait naviguer sur le Nil des hôtels à trois étages. Entre la barque fluviale et l'habitation terrestre il y eut, semble-l-il, des emprunts réciproques. La dahabié était aménagée et couverte comme un véritable logis ; la maison des champs avait une ouverture à chaque bout, comme la cabine d'une dahabié k

II I. Développement de l'habitation et de V édifice. — Prédominance du plan à front large. — Les maisons des âmes dans les tombes de Ri/eh.

Les constructions des époques historiques se rattachent les unes à la maison primitive à front large, les autres à la maison étroite, en couloir. Mais le premier type, qui dès l'origine nous apparaissait comme le plus répandu, est représenté par un bien plus grand nombre de monuments. Dans les ensembles d'architecture, dans les plans composés où s'agglomèrent des bâtisses aux formes diverses, c'est le plan à front large qu'on adopte toujours pour les salles les plus spacieuses. Lorsque, avec les progrès de la technique, naît le goût du colossal, c'est la bâtisse à front large et non l'autre qui recule ses murs, élève sa toiture, développe toutes ses dimensions pour devenir l'édifice égyptien par excellence : la salle hypostyle.

Le type d'habitation le plus commun ne comporte qu'un seul bâtiment, beaucoup plus large que profond, précédé d'une

1 . On peut ajouter que le tabernacle, le naos étroit fait pour abriter l'image du dieu, devient lui-même une maison flottante, quand il est déposé sur la barque sacrée (cf. Perrot-Chipiez, I, p. Sôq, fig. 209).

i38 l'édifice hypostyle

cour rectangulaire. Telle est la maisonnette de bois, souvent reproduite, que possède le musée du Louvre (fig. UU). Un toit plat, sur lequel on accède par une échelle extérieure, recouvre l'unique salle du logis. A vrai dire, comme l'observe Ermanns il n'est pas certain qu'on ait voulu représenter ici une habitation. Les larges trous circulaires percés dans le plafond s'expliqueraient

Fig. hh.

Modèle de maison en bois.

mieux s'il s'agissait d'un grenier, fait pour être rempli de blé par le haut 2. Comme l'on voit accroupie dans la cour une servante occupée à moudre du grain, on peut supposer que ce curieux objet figure la boulangerie de la maison, transportée dans la tombe pour assurer au mort sa nourriture pendant sa seconde vie.

La même question ne se pose plus à propos des modèles en terre cuite de Rifeli^. Ces miniatures de maisons, au nombre de cent cinquante, sont de précieux documents pour l'historien de l'habitation égyptienne. M. Flinders Pétrie en a pu dater quelques-unes, d'après les trouvailles de poteries faites dans les mêmes sépultures, et constater qu'elles s'échelonnent dans le temps depuis la vi' dynastie jusqu'à la xii\ Malgré ces différences d'âge, elles sont d'un type presque uniforme et ne varient d'aspect que dans le détail. On suppose, pour expliquer leur présence dans la tombe, qu'elles étaient censées

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