‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 90 sur 218 · Ermann, Aegypten u. àgypt. Leben, p · texte numérisé non relu

Ermann, Aegypten u. àgypt. Leben, p

2. Cf. les peintures de Beni-Hassan, Perrot-Chipiez, I, p. 488, fig. 280.

3. FI. Pétrie, Gizeh and Rifeh, Brit. School of archaeol. in Egypt, 1907, p. i5 et suiv.

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habitées par l'âme du mort. Il n'y a pas de doute en tout cas que ces minuscules maisons de rame ne reproduisent, sous réserve de quelques abréviations, le plan et l'aspect habituels de la maison des vivants.

Dans presque toutes, on peut distinguer trois parties essentielles ; une cour rectangulaire fermée d'une clôture plus ou moins haute ; une salle peu profonde, toute en largeur, qui occupe

Fie. 45.

Modèle de maison en terre cuite trouvé dans une tombe de Rifeh.

le côté postérieur de cette cour ; enfin une sorte de portique à colonnes qui double et masque ce bâtiment dans toute sa largeur (fig. U5Jk Le toit est toujours horizontal; la maison comprend souvent deux étages dont le second tantôt recouvre exactement le premier, tantôt se trouve en retrait de manière à former deux terrasses en escalier au lieu d'une. Le bâtiment clos ne prend jamais la forme étroite et profonde, il n'a généralement pas plus de profondeur que le promenoir à colonnes qui lui sert de prodomos. Dans quelques cas seulement il est construit sur plan carré et se réduit à une sorte de niche cubique beaucoup moins spacieuse que le portique qui la précède 2.

Avec la prédominance du plan à front large, notons à propos de ces maisonnettes en bois ou en terre cuite un caractère que nous n'avons pas observé en Grèce, ni même en Crète : l'importance de la cour dans l'ordonnance du logis, et la forme régulière qu'on lui donne. Même ces très modestes bâtisses ont leur cour rectangulaire bien dessinée, fermée d'un mur haut

1. Fl. Pétrie, Ibid., type C, pi. XVII, A. 3. Fl. Pétrie, Ibid., type C, pl. XVI.

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et solide. Dans le modèle en bois du Louvre, la clôture s'élève plus haut que le toit du bâtiment qu'elle entoure. C'est que dans les pays secs et chauds, la cour à elle seule constitue déjà une habitation. Ses murs donnent de l'ombre aux heures de grand soleil et pourraient dispenser de construire un abri couvert. Elle est un élément indispensable du logis, et peut-être l'élément primitif. De là chez les Égyptiens une tendance plus marquée que chez les peuples de l'Ouest à lui donner un plan net et symétrique, à en faire une véritable construction, et non pas une installation légère.

Remarquons aussi un système d'éclairage nouveau pour nous, qui consiste à surélever une partie de la toiture en ajourant la paroi verticale intermédiaire (flg. ^(5).

lY. La maison de plan complexe.

Comme en Crète, les constructions à toit plat, que nous venons de considérer isolément, vont se juxtaposer, se souder

' FiG. 4G.

Maison de Kahoun, d'après F. Noack.

entre elles, pour composer des habitations et des édifices de plan complexe. Les maisons souvent décrites de Kahoun (fig. U6), de Tell-el-Amarna et de Gurob ne sont pas sans analogies avec celles de Mochlos ou de Gournia. On y observera cependant plus d'uniformité et de symétrie dans le groupement des salles. A Kahoun I (XIP dynastie), on distingue dans chaque corps de

1. Fl. Pétrie, Illahun, Kahun, Guroh, pi. XIV; Borchardt, Centralbl. f. Bauverwaltung , 1898, p. 571 et suiv. : Amer. Journ. of archaeol., 1890, p. 517

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logis deux éléments principaux et permanents : en avant, une salle large et peu profonde occupant toute la façade, souvent précédée d'un alignement de colonnes; par derrière, une chambre étroite, qui s'étend en profondeur, perpendiculairement à la précédente. On peut donner de cette disposition le schéma suivant.

Ainsi se trouvent réunis dans un même ensemble les deux types de construction entre lesquels hésitait l'architecture égyptienne primitive. Ce modeste logis à deux chambres, qui marque le premier pas vers les plans composés, intéresse tout particulièrement l'histoire de la grande architecture. C'est de lui que naîtra le temple égyptien. Les plus vastes édifices du nouvel empire ne feront que développer ce très simple parti » .

V. Le temple. La salle longue et la salle large dans le plan de r édifice sacré. Leurs rôles divers.

Le vieux sanctuaire déblayé à Gizeli, tout auprès du grand Sphinx, reproduit en plus grand, mais sans y rien ajouter d'essentiel, la forme en T des maisonnettes de Kahoun^. Il se compose de deux salles, l'une large, l'autre profonde, soudées normalement l'une à l'autre. Malgré sa double rangée de colonnes, la seconde ne rappelle que d'assez loin le mégaron hellénique et c'est bien à tort que M. K. Lange veut établir entre les deux plans un rapport de filiation 3. Ici, point de porte ouverte

et suiv.; la ville de Kahoun, voisine du Fayoum, semble avoir été fondée par une colonie d'ouvriers occupés à la construction de la pyramide et du temple de Senousrit 11 (\.ir dynastie). Elle fut abandonnée après l'achèvement des travaux: Noack, Ilomer. Palaste, p. 28 et suiv., Maspero, Ilist. anc, 1, p. 3i5 et suiv,

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