Perrot-Chipiez, T, p
L ORIErsT
se développe en profondeur, c'est qu'elle est restée inachevée et qu'on n'en a jamais construit que la partie centrale. Quant aux colonnes, on n'a plus aucune raison de les aligner, comme en Grèce, sur deux rangées. La largeur de l'hypostyle n'est pas limitée, comme celle du mégaron, par l'emploi d'une toiture à deux pentes, dont le pignon s'élève à mesure que s'écartent les deux murs latéraux. Le hall égyptien, en tant que bâtiment à terrasse, se développe à volonté en divers sens. Sa forme reste
FiG. /ig.
Salle de Thoutmès, à Karnak.
en général assez voisine du carré parfait. On y peut, par suite, placer des files de colonnes en nombre illimité. Le chiffre de deux files se rencontre comme celui de trois, de quatre et plus. Il n'est pas de règle comme en Grèce et n'a pas pour l'architecte un intérêt spécial i.
Enfin et surtout, l'ordonnance par files parallèles n'est plus ici la seule usitée. Les alignements de colonnes ne sont pas forcément dirigés dans le même sens. La colonnade ne court pas toujours en droite ligne d'un bout à l'autre de la salle. Elle peut se développer sur quatre faces, le long des quatre murs, à la manière d'une péristasis. Autrement dit elle constitue un motif tournant, ordonné en fonction d'un point central et non par rapport à un axe, comme dans le naos grec. L'exemple le plus frappant d'une colonnade tournante nous est donné par la seconde salle hypostyle du grand temple de Karnak, la salle dite de Thoutmès 3. Un rang de piliers carrés fait tout le tour
1. On trouve trois rangées de supports à Abydos, quatre à Mcdinet-Abou et à Louqsor, six aux Rdmesscum, neuf à Karnak.