‹ Les origines de l'édifice hypostyle en Grèce, en Orient et chez les romainsChapitre 94 sur 218 · Perrol-Cliipiez, I. p. S;^, fig · texte numérisé non relu

Perrol-Cliipiez, I. p. S;^, fig

iA8 l'édifice hypostyle

intérieur du bâtiment , enveloppant de ses quatre faces une double file de colonnes lotiformes (fig. U9j.

Cette ordonnance, toute nouvelle pour nous, appartient en propre à l'hypostyle égyptien. C'est un des traits qui l'opposent à l'hypostyle grec. La colonnade intérieure formant péristasis n'est pas très commune dans les temples du moyen empire; mais on aperçoit vite pour quelle raison. Le poids énorme des toitures de pierre obligeait à en multiplier les points d'appui. Les salles égyptiennes couvertes d'un plafond en granit sont vraiment encombrées de supports. Car il ne suffisait pas d'y aligner des colonnes en pourtour, le long dès quatre murs. Il fallait encore en dresser beaucoup d'autres, sur tout l'espace médian. On obtenait ainsi un plan pycnostyle^ uniformément semé, dans toute son étendue, de supports équidistants dans tous les sens. La péristasis était dès lors confondue avec le groupe des colonnes centrales qu'elle encerclait. On ne la pouvait distinguer que si ces colonnes étaient comme à Karnak, dans la salle de Thoutmès, d'une forme et d'un module particuliers. Le système hypostyle à péristasis perdait dans le temple de pierre sa raison d'être, qui est de soutenir le plafond tout en dégageant le milieu de la salle. Mais là où l'emploi des poutres de bois autorisait des portées plus longues, il gardait tous ses avantages. Nous en aurions certainement de bien plus nombreux exemples à citer, si l'ancienne architecture pharaonique n'était représentée à nos yeux que par des constructions de granit. Dans l'Egypte des Lagides, dont les monuments profanes nous sont un peu mieux connus, grâce à quelques descriptions écrites, la salle périptère, avec plafond reposant sur une simple péristasis, nous apparaîtra comme un des types d'architecture les plus répandus i.

Vil. Le péristyle dans Varchiteclure égyptienne.

Là où se rencontre la salle périptère, il faut s'attendre à trouver aussi la cour péristyle. Il est trop clair que ce sont là deux applications d'un même principe, deux manières d'utiliser un même type de colonnade. La Grèce ne connaissait ni l'un ni l'autre ; l'Egypte les pratiquait toutes les deux.

Parmi les maisons de Kahoun, plusieurs comprenaient un

Page 1