‹ Les origines de l'Église d'Édesse et la légende d'AbgarChapitre 100 sur 129 · Ane. syr. duc, texte, p. 71, 72, trad., p · texte numérisé non relu

Ane. syr. duc, texte, p. 71, 72, trad., p

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Église se rattache à celle d'Antioche, sa métropole d'évangélisation. — Il est cependant facile de voir que ce n'est point là le vrai sens de cette expression. La priorité affirmée de Palout n'est pas une priorité absolue, mais une priorité relativement à 'Abschelamâ : il faut traduire, en sous-entendant \^û.jmL*.s) : « et Abschelamâ avait reçu F imposition des mains de Palout, précédent [évêque d'Édesse] », ou « son prédécesseur '. » Le sens que je repousse ne saurait être celui de l'auteur de cette note finale, si nous supposons cet auteur le même que celui du reste de l'ouvrage*, ou que celui qui a interpolé la dernière page de la Doctrine dAddaï\ Quant à la liste épiscopale qu'il a pu avoir sous les yeux, celle liste, à la fin du ive siècle, devait évidemment porter en tête les noms d'Addaï et de son successeur; et l'auteur ne les a omis que parce qu'il s'est laissé détourner par l'ordination de Palout, et a voulu rattacher par là l'Église d'Édesse à celle de Rome. Maintenant, pourquoi précisément Palout est-il allé se faire ordonner à Antioche, alors que ses successeurs l'ont été en Osrhoène? — Il est difficile de donner une réponse certaine. La Doctrine d'Addaï explique la chose parla mort soudaine d'Aggaï ; mais on ne saurait admettre que les évoques d'Édesse, non plus que ceux de Rome énumérés par les Actes de Barsamyâ, aient ainsi régulièrement consacré leurs successeurs. Par la manière dont cette succession nous est présentée, il faut entendre que les évêques d'Édesse furent ordonnés dans leur province ecclésiastique : voilà tout. Quant au cas de Palout, on y peut simplement voir un fait particulier ne dérogeant à aucune loi ni à aucune coutume, parce que lois et coutumes n'étaient pas encore fixées. Plus tard, elles le furent : en principe, les métropolitains durent recevoir l'ordination du patriarche; en fait, à cause des distances, il leur

1. On pourrait encore voir dans « qadmoiâ » un numéro «Tordre, et traduire « Palout I » ou h l'ancien » : c'est dans ce dernier sens seulement que la traduction de Gureton, « Valut the former », me semble admissible. Un Palout II devrait alors se placer dans la lacune signalée plus bas.

2. V. les Actes de Scknrbil (trad., p. 43), dont les Actes de Barsamyâ ne sont «pie la continuation.

3. V. Doct. d'Add., trad.. p..';0; cf. plus haut, p. 114, 120.

fut souvent permis de la recevoir de leurs suffragants. Mais, à la fin du 11e siècle, ces choses n'étaient pas rigoureusement déterminées : on put donc à Edesse, selon les circonstances, suivre l'une ou l'autre façon d'agir. Ordinairement, vu surtout la difficulté des communications, l'évêque fut sacré en Osrhoène ; mais on conçoit que l'on ait aussi songé à Anlioche, et que, un motif à nous inconnu ayant amené Palout dans cette ville, il y ait reçu l'imposition des mains.

Nous pouvons donc conserver à Addaï et à son successeur leur caractère historique. Dès lors, en ajoutant à leurs noms ceux qui nous sont fournis par la Doctrine d1 Addaï et par les Actes des martyrs, nous obtenons pour les cent premières années de l'Église d'Édesse la liste épiscopale suivante :

Addaï,

Aggaï,

Palout, vers 200,

'Abschelama,

Barsamyâ, vers 250 ou 260.

Entre Barsamyâ et Qônâ (f 313), le premier évêque connu par l'histoire, il y a une lacune de quarante ans environ, sur laquelle les renseignements nous manquent. Qu'on me permette cependant de faire ici une légère digression et de proposer une hypothèse. Il est dit dans les Actes de ScharbU1 que, lors de son entretien, pendant le sacrifice, avec Barsamyâ, celui-ci était accompagné du prêtre Tiridath et du diacre Schaloulâ. Ces Actes sont, comme nous l'avons vu, apparentés à la Doctrine dAddat. Or, celle-ci est très soigneuse de maintenir l'ordre de la hiérarchie, et de faire succéder à l'évêque un prêtre, au prêtre un diacre, au diacre un ministre inférieur. Ainsi Addaï ordonne d'abord Aggaï prêtre, Palout diacre, et 'Abschelama scribe. Puis,, quand il meurt, Aggaï est ordonné évêque à sa place, Palout prêtre, et 'Abschelama diacre'. Il est clair que la Doctrine

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