Ane. syr, doc, trad., p
2. Doct. d'Add., trad., comp. p. 33 et p. 39. Il n'est pas dit expressément qu'Aggaï ait d'abord été prêtre ; niais la place qu'il occupe entre Addaï et Palout
clAddaï insinue, par ce procédé, Tordre de la succession que nous trouvons réalisé dans les Actes des martyrs. Dès lors, si la parenté des documents nous autorise à conclure à une analogie dans les procédés, les successeurs de Barsamyâ seraient tout indiqués dans les Actes de Scharbil : à Barsamyâ aurait succédé Tiridath, et à Tiridath Schaloulà.
Ces deux noms suffisent à combler la lacune. Mais, quoi qu'il en soit de cette hypothèse , l'étude de la légende d'Abgar et des documents qui s'y rattachent n'a pas été, on le voit, sans fruit pour la connaissance des origines de l'Église d'Édesse. Si elle n'a pu nous faire remonter plus haut que l'histoire relativement à la fondation de celle Église, elle nous a du moins fourni la liste de ses premiers évêques ; elle nous l'a montrée, ce que nous pouvions soupçonner déjcà, étroitement liée à celle d'Antioche, essaimant à son tour, et donnant naissance aux chrétientés de Mésopotamie et d'Assyrie. Les renseignements sur l'usage du Diatessaron aussi bien que les détails concernant le paganisme à Kdesse et dans les contrées voisines sont pleins d'intérêt. Un peu plus loin des origines, la mention répétée de Rome et de ses évêques est une preuve de plus de l'influence que ce grand nom exerçait, au ivc siècle, jusqu'au fond de l'Orient, et des relations qui existaient entre les deux Églises. Enfin le discours d'Addaï peut passer, dans son ensemble, pour un exposé fidèle, bien qu'incomplet, de la croyance édessénienne à la même époque. Tout cela, combiné avec ce que nous dit l'histoire, est encore peu de chose sans doute relativement à ce que nous désirerions connaître. Mais, en fait de science des origines, se contenter de peu n'est souvent pas une vertu, c'est une nécessité *.
ne laisse aucun doute sur ce fait. — Quant à Barsamyâ, son ordre n'est pas indiqué.
1. Ce travail était déjà sous presse quand j'ai pris connaissance de l'article : La légende d'Abgar et de Thaddée et les missions chrétiennes à Édesse, publié par M. Bonet-.Maury dans la Revue de l'Histoire des Religions, 1887, p. 269-283. D'après l'auteur (c'est la seule idée un peu spéciale que j'aie rencontrée dans son étude), les premiers évangélisateurs de L'Osrhoène auraient été des chrétiens
Après avoir ainsi vu l'appoint que la légende fournit à l'histoire , il nous reste à rechercher l'origine de cette légende elle-même, et à dater, s'il est possible, les Acta Edessena.
judaïsants. Aux arguments dout il appuie sou opinion on pourrait ajouter que Moyse de Khorène (Hist. d'Arménie, II, 35) fait de la juive Hélène, mère d'Izate, une chrétienne, femme d'Abgar V (v. plus bas). Ces arguments toutefois sont bien faibles pour établir quelque chose de certain.