Migne, l'air. Lut., VIII, p. 7S3 et suiv
'.>. Catech., IV, 10; IX. 19; XIII, 4. Voici les textes: IV, 10 : ... xoÙtoO SvXo-j to'j (jxa'jpoO Traira Xoitcov ï] olxo-jf/iv/; xoctx [/.Ipo; È7i>r(poj0ï). — X, l'J : Tb Stj/.ov tô ây.ov toO atrjpoû (Aapx-jpEÏ, \)i/o'. ar^Epov nxp' f,jj.cv çatvôj/Evov, xai 8ià twv xrrà ïMTTtv È5 avxoO AajAêxvôvTwv, èvteOÔev t/,v oîxou(jivr)V Ttàffav ct/eSov rfin Ti'/.rjpâxjav. —
discours les Juifs s'étonnent, protestant qu'ils n'ont jamais rien ouï de tout cela. Puis ils conjurent celui qui vient de parler de ne point révéler le lieu où se trouve la Croix, lieu qu'il doit connaître.
Sur ce, l'impératrice les fait mander, et voyant qu'ils lui répondent par des mensonges, elle les menace du supplice du feu. Tremblants, ils désignent Judas comme pouvant la satisfaire. Judas est retenu, et sur son refus, lui aussi, de répondre, est condamné à mourir de faim. Le septième jour de son jeûne, il cède, et promet de montrer la Croix de Jésus-Christ.
Il se rend donc au Calvaire, et ne sachant pas d'une façon précise où elle se trouvait, il demande à Dieu de le lui révéler par un miracle. Aussitôt la terre tremble, et on voit s'élever une fumée odorante. Judas se met à creuser à l'endroit d'où s'échappe la fumée, et, à vingt pas de profondeur \ découvre trois croix qu'il apporte à Jérusalem. Elles sont successivement appliquées sur un jeune homme mort, et à l'application de la troisième le mort ressuscite. On a reconnu celle que l'on cherchait.
Le démon est furieux - : il prédit (faussement) à Judas qu'il reniera Jésus-Christ dans une persécution suscitée par un prince apostat. Judas maudit le démon. Hélène prend la vraie Croix, la dépose dans un reliquaire d'argent, et fait bâtir une église in ipso Calvarise loco. Puis, l'évêque bienheureux (y.a*aptoç, Macaire)3 de Jérusalem étant mort, Eusèbe
père) et fils de Zachée (= Nicodème). Saint Etienne était donc, d'après cela, le grand-oncle de Judas, et nous avons la généalogie suivante :
Zachée
Saint Etienne X.
Simon
Judas
i. Viginti passus. Le vas. 12174 (1. 289) : . Sr>n (\ . >f,' /v* V vingt hauteurs d'homme. ^
2. Eliam hanc personam inducere decebal in talem comœdium (Pàpebr., note ff. p. 448).
3. Le traducteur latin a pris ici Le nom propre Maxâptoç pour l'adjectif (j.axâpto;, heureux. Un ms. de Trêves et un d'Anvers donnent, immédiatement avant, le
de Rome est mandé, et sacre pour lui succéder le Juif Judas qui prend le nom de Cyriacus '.
L'impératrice cependant n'est pas encore salisfaite : elle veut avoir les saints clous. A la prière du nouvel évoque, une grande lumière se montre au lieu où la Croix avait été trouvée, et les clous apparaissent brillants comme de l'or. Hélène en fait faire un mors [salivares) pour le cheval de l'empereur.
Puis elle exile les Juifs de la Judée, et enfin meurt le 15 avril, recommandant de célébrer la commémoraison de l'Invention de la Croix le 5 des nones de Mai (3 Mai)2.
Ici se termine la première partie des Actes, la seule qui nous intéresse. La seconde3, qui d'abord lui faisait suite, et qu'on en trouve séparée dans les mss. *, raconte le martyre de Cyriacus et de sa mère Anne, sous Julien l'Apostat. Il est inutile de nous en occuper.
Telles sont les diverses relations et légendes concernant l'Invention de la vraie Croix. Il était bon de les rappeler ici afin de mieux voir la place qu'il conviendra d'assigner à celle de Protonicé, et aussi afin que le lecteur pût juger par luimême le fond de la question. En somme, le fait rapporté est loin d'être certain. Il ne s'agit pas, bien entendu, de l'histoire de Cyriacus : cette « fable mal cousue », comme la qualifie Papebroch5, ne mérite pas la discussion. 11 ne s'agit pas non plus des guérisons et résurrections qui auraient fait reconnaître la croix du Sauveur au milieu des deux autres : ces circonstances ne se rencontrent point dans les premiers témoignages,
nom de Macaire 'note gg, p. 448). Dans le ms. 12174 (1. 320 et suiv.), il n'est pas question de l'évoque de Jérusalem : Judas est baptise et sacré tout de suite par Eusèbe de Rome.
1. Suivant le ms. 12174 (1. 103), Judas serait le quinzième évêque de Jérusalem.
2. Le ms. 12174 (l. 341 et suiv.) dit qu'Hélène régna à Jérusalem, et ordonna
la célébrati le la fête de l'Invention le 14 Ilul (14 septembre). — La fête du
3 mai est particulière aux Latins.
:\. Acta Sanclorum, Maii I, p. 449 el suiv.
4. //<"/., p. 445 C, p. 451, note a. Cette partie se trouve aussi dans le ms. addit. 14644, fol. 23h et suiv., et dans le ms. de Saint-Pétersbûufg, fol. Si1' et suiv. 6. Acta Scmctorum, Maii L P- ;*48, note ii.
bien que détaillés, de saint Jean Chrysostome et de saint Ambroise. Il s'agit du fait même de la découverte par Hélène. Le silence du pèlerin de Bordeaux sur ce fait s'explique encore: il a pu ne pas voir la relique1, et s'est cru dispensé d'en rien dire. Le silence d'Eusèbe, dans trois passages où il parle ex professo des événements qui se rattachent à l'Invention, ne s'explique pas2. Gomment l'évêque de Césarée n'a-l-il pas relevé des choses si glorieuses pour l'impératrice et pour Constantin? D'autre part, la manière dont saint Cyrille s'exprime, à moins d'être une forte exagération oratoire, suppose que la vraie Croix était conservée dès avant 326 à Jérusalem; et ce n'est pas avant l'an 395 que nous trouvons la première mention bien nette d'une découverte récente, et d'un rôle revenant à Hélène dans cette affaire. Enfin, l'Église d'Orient n'avait point et n'a pas encore de fête spéciale pour célébrer l'Invention, mais seulement l'Exaltation du bois sacré \ — De tout cela il résulte que la relique pourrait bien avoir existé, négligée peut-être ou contestée par quelques-uns, longtemps avant l'époque attribuée par les auteurs à sa découverte. C'est une question sur laquelle je n'ose me prononcer définitivement. Il me suffit d'avoir dégagé le terrain de ce côté, et d'avoir montré que la critique n'est point obligée a priori de voir dans l'histoire de Protonicé une contrefaçon légendaire des récits concernant Hélène.
1. Soit parce qu'on ne la montrait pas encore au peuple, soit parce qu'il ne se trouvait pas à Jérusalem au moment où on la montrait (Acta SS., Maii I, p. 365, n»s 20, 21, 22).
2. Les observations de Papebroch (Acta SS., Maii I, p. 362, n° 5) sont évidemment insuffisantes.
3. Acta SS., Maii I, p. 365, n° 22. Le ménologe de Basile cité plus haut (p. 167, note 1) donne, il est vrai, au 14 septembre, le résumé des Actes de Cyriacus, mais seulement comme préliminaire à l'Exaltation. — Quant à la fête latine du 3 mai, ou ne sait trop quelle est son origine. Peut-être y eut-il à cette date quelque translation d'une partie notable de la relique en Occident (Cf. Acta SS., Maii I, p. 365, n° 23). Elle ne vient pas, en tout cas de la tradition de Jérusalem, où L'on mettait, comme nous l'apprend la pèleriDe, la découverte de la Croix au 13 septembre; — ni de la légende de Protonicé qui ne fixe aucun jour. — Le 17 mai, assigné par le calendrier arménien d'Isaac à la fête de la première Invention sous Claude (v. plus bas), ne concorde pas non plus avec la fête latine. — Il faut remarquer du reste que, dans les Actes de Cyriacus analysés, le 3 mai a été substitué, dans la traduction latine, au li septembre donné par le syriaque, qui, comme nous le verrons, est le texte original.