LA LÉGENDE DE PROTONICÉ
Et maintenant, au milieu de ces diverses relations sur l'Invention de la vraie Croix, quelle place occupe la légende de Protonicé? Quelle date lui attribuer? — Telle est la question qu'il faut résoudre, ou, si une solution complète est impossible, discuter au moins d'un peu près dans ce chapitre.
Ici, du reste, comme sur l'ensemble de la Doctrine cFAddaï, les avis se sont partagés. M. Phillips voit dans l'épisode de Protonicé un vieux récit, antérieur à Eusèbe, et déjà inséré dans la Doctrine quand celle-ci lui est parvenue. L'histoire d'Hélène n'en est qu'une répétition1. M. Zahn incline aussi vers ce sentiment, mais il hésite à se prononcer: la mention de l'église bâtie sur le Golgotha et sur le saint Sépulcre l'embarrasse visiblement -. Pour M. Lipsius, c'est l'histoire d'Hélène au contraire qui esll'original ; cellede Protonicé en est une copie, cà peu près contemporaine cependant, et remontant comme elle à la fin du jvc siècle3. Enfin, M. Xestle4 considère les deux légendes comme absolument indépendantes, semblet-il, l'une de l'autre *, et édifiées vers la même époque sur le même fait, à savoir l'existence de la vraie Croix à Jérusalem. La première, celle d'Hélène, a pris naissance en Occident; la seconde a pris naissance à Édesse, et est un peu plus ancienne. — Tous ces auteurs s'accordent d'ailleurs à nier la réalité de la découverte attribuée à la mère de Constantin.
Tel est l'état des opinions. Mais afin de discuter convenablement le problème qu'elles supposent, il sera bon de le di-