‹ Les origines de l'Église d'Édesse et la légende d'AbgarChapitre 121 sur 129 · V. Lipsius, Die Edess. Abgs., p. So et suiv., note · texte numérisé non relu

V. Lipsius, Die Edess. Abgs., p. So et suiv., note

3. Nous n'en connaissons qu'un tms. grec, celui qu'a signalé Papebroch ; mais il peut en exister plusieurs autres.

4. Papebroch, qui croit à un oritrinal grec, donne eu tout cas les preuves que le texte latin a été traduit de cette langue [Acta SS., Maii I, p. 362 F, p. 44S, notes d, gg, kk).

Byzantin n'aurait pas pris l'évêqne de Nicomédie pour celui de Rome, beaucoup moins connu. Si l'on observe de plus que tout ce récit présente un cachet étranger à ces pays classiques, et que certaines leçons du syriaque sont primitives par rapport au texte latin1, on restera convaincu qu'il faut chercher en Orient la patrie des Actes de Cyriacus.

En Orient, nous avons à choisir entre l'Arménie et la Mésopotamie2. La tradition paléographique est en faveur de celle dernière. D'ailleurs, pour quiconque sait combien les Arméniens sont redevables à la littérature syriaque il ne saurait y avoir d'hésitation. C'est en Mésopotamie qu'a pris naissance la légende qui associe le Juif Judas à la découverte de la vraie Croix3.

Le souvenir de Julien l'Apostat était particulièrement odieux à Edesse, et l'on conçoit que Fauteur en ait fait le bourreau du saint évêque de Jérusalem. D'autre part, une partie des éléments de notre légende, à savoir l'Invention de la relique par Hélène et le baptême de Constantin par un pape, apparaît vers cette même époque dans une histoire originaire

1. Par exemple, de l'expression syriaque - «\ -, ■ - *s)} f --) frère de mon père, est dérivée par omission la leçon du latin : saint Etienne, de grand-oncle de Judas, est devenu son frère. — De même, le ms. 14644 fixe l'arrivée d'Hélène à Jérusalem au 28 Ijàr (Mai) ; le latin au « £Se joui- du second mois », façon de parler toute juive, observe Papehroch (p. 448, note m) : le traducteur a supposé que l'aunée syrienne commençait avec Nisàn comme l'année juive. — Relativement à la date à laquelle ces événements se seraient passés, le ms. 14644 marque l'an 351, éloigné de 25 ans de 326, époque de la découverte du saint Sépulcre. Le ms. 12174 met 201 ans entre l'Invention de la Croix et la Résurrection, ce qui s'éloignerait beaucoup plus. Mais M. Nestlé Gôtt. Gel. An:.. 1880, p. 1530) a fait observer que. au lieu de lire « la Résurrection », il faut lire « l'enfouissement de la Croix sous Trajann (98-117), indication donnée en tète du manuscrit. Or, si l'on prend l'année extrême 117, et si ou y ajoute les 201 ans du ms. et de plus 33 ans de la vie de Jésus-Christ car l'auteur seuil île avoir pris la Résurrection comme point de départ), on retrouve exactement la date 351. Le latin, à son tour, met ces événements en l'an 233 après la'Passiou (ou, ce qui est la même chose, la Résurrection , époque fort éloignée également de 326. Mais il est remarquable que, si. au lieu de lire « la Passion », on lisait '< l'enfouissement de la Croix» (117), en supposant les 33 années de Jésus-Christ déjà comptées, ou retrouverait l'an 350, sensiblement identique à 351.

2. Je ne parle pas des Églises coptes qu'il faut évidemment écarter.

3. On peut ajouter qu'il ne serait pas venu à la pensée du traducteur de confondre l'année arménienne avec l'année juive : les deux laugues sont trop différentes. — Quant au nom grec de Cyriacus Kypiaxôî), il "'■ saurait être une objection à la thèse générale: les noms grecs étaient connus en Mésopotamie.

- Ifii —

également de la Mésopotamie, la Vita Silvestri, la fameuse histoire du baptême de Constantin par Silvestre1. Ne possédant plus ce récit dans son texte primitif, mais seulement dans des textes remaniés à Rome et ailleurs, ou dans les relations incomplètes de Jacques de Sarug2 et de Moyse de Khorène3, nous ne pouvons juger exactement du rapport qui existait entre les deux légendes \ C'est assez de savoir que la première n'était pas isolée dans ces contrées, et que, à côté d'elle, il en circulait d'autres s'occupant de Constantin et d'Hélène".

La Mésopotamie une fois admise comme la patrie des Actes de Cijriaeus, il est naturel de croire que l'auteur de ces Actes a connu ceux de Protonicé, originaires du même pays et probablement plus anciens. Mais, encore une fois, on ne saurait prouver d'une manière un peu solide qu'il s'en soit servi.

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