V. Hufin, Hist. EccL, I
ils ont dû en parler, en garder sinon le texte, au moins le souvenir; ils ont dû tenter quelque essai de conciliation, comme plus tard le ms. 12174. Or, précisément il se trouve que, sauf toujours la courte indication de saint Cyrille d'Alexandrie, tous nos renseignements sur cette légende nous viennent des sources syriaques et arméniennes : elle n'a laissé dans la littérature grecque ou latine aucune trace : rien, absolument rien, ne nous fait soupçonner qu'il y fut question d'une première Invention de la vraie Croix. — Par contre, nous avons la preuve positive que. au commencement du ve siècle, la tradition relative à Hélène était répandue en Mésopotamie, qu'elle y produisit des écrits comme les Actes de Cyriacus et la Vie de Silvestre. Il est, dès lors, nature] de présumer que c'est cette tradition qui a donné lieu à celle de Protonicé, et non pas celle-ci qui a occasionné la première. .Nous pouvons, cà propos des deux impératrices, héroïnes de nos récits, présenter un raisonnement analogue. Il y a eu évidemment dans les esprits relativement à ces personnages une sorte de confusion qui a fait transporter à l'un ce qui ne convenait qu'à l'autre. D'une confusion pareille il ne reste aucun vestige chez les Grecs et les Latins, où l'on ne connaît pas même de nom l'épouse de Claude dont il s'agit ici. Au contraire, on constate en Mésopotamie des méprises qui conduisaient directement à attribuer à une reine vivant au icr siècle du christianisme ce qui est raconté d'Hélène au ive. L'historien Josèphe a parlé1 d'une autre Hélène, princesse d'Adiabène et mère d'Izate, juive zélée, qui, au temps de l'empereur Claude, entreprit le pèlerinage de Jérusalem et éleva dans cette ville un mausolée*. Moyse de Khorène. lui. nous la donne comme la première des femmes d'Abgar le Noir, roi d'Édesse, et comme une chrétienne3. De son côté,