‹ Les origines de l'Église d'Édesse et la légende d'AbgarChapitre 35 sur 129 · Dans les deux codd. Parîsin. et Vindob. XLV · texte numérisé non relu

Dans les deux codd. Parîsin. et Vindob. XLV

2. Jacques de Sarug, les Actes de Mares, Procope, Évagrius, Théodore Studite, Métaphras'te, Hamartolus, la pèlerine franque, le comte Darius, le Pseudo-Ciélase et Alidias.

3. Jean bar Saïd et Amrus savent même que les deux lettre d'Abgar et de Jésus étaient écrites en syriaque. Selon le premier (cité par Amrus elles étaient sur parchemin; selon Mares Salomonis celle de Jésus était sur papyrus.

4. Cod. Vindob. 315. second cod. Bodleianus, Cedrenus. ma. arabe 51, el ms. d'Eligmanu.

volontairement attaché à la croix. Le W que je ne suis pas un homme [en apparence] simplement («Ihàoç avôpwsoç), mais homme en vérité (xaxà «X^8[eiav]). Le X que je me suis reposé sur les Chérubins foepouSi». Le E : Je (èyo)) suis Dieu, moi, le premier ; et encore : Hors de moi il n'y a point d'autre Dieu. Le 1': Roi grand (^v^;), et Dieu des dieux. Le P: Je suis Sauveur (pûctyjç) du genre humain. Le A : Partout, et continuellement, et toujours je vis, et je persévère éternellement (stswùç alwvxç). » — Avouons que l'explication n'est pas de lr0p. — Le ms. arabe 51 et celui d'Eligmann donnent une interprétation à peu près semblable1.

Quant au contenu même de la lettre, on a pu voir qu'en, somme Eusèbe et la Doctrine ctAddaï diffèrent assez peu jusqu'au passage final sur la ville d'Édesse, passage que l'historien grec ne porte pas. La partie commune a été très-diversement traitée parles auteurs. Les uns 2, comme Moyse de Khorène, l'ont reproduite à peu près fidèlement; d'autres", comme Hamartolus, l'ont un peu écourtée ; d'autres enfin \ comme Hadrien et Xavier, l'ont très sensiblement altérée ou changée. Le cod. Vindob. 315 a retranché, d'une part, la citation scripturaire du commencement « car il est écrit de moi, etc. », pour développer ce qui concerne l'activité de Jésus. Toutes ces variantes n'ayant point d'importance pour la critique générale delà légende, je m'abstiens de les signaler plus en détail '.

Les additions faites à cette partie commune méritent plus d'attention. — 11 était naturel d'abord que Jésus dît un mot de cette capitale « petite, mais belle », qu'Abgar avait offert de

1. ]l est possible que Le second cod. Bodleian. grec, outre le sceau à Lettres hébraïques, ait connu aussi celui du cod. 315 (Grabe, Spicileg., I, p. S, note, et p. 326.

2. .Moyse de Khorène, le Pseudo-Constantin, Cedrenus, le second cod. Bodl. grec, et le ms. latin du Brit. Mus.

:{. Hamartolus, les Actes de Mares et Bar-Hebraeus.

4. Les Acta Thaddsei codd. Paris, et Vindob. XLV), Hadrien, Xavier, le ms. arabe 51, et celui d'Eligmann.

5. Il faut cependant mentionner celle que l'on trouve dans Georges le Syncellc, suivant Lequel Jésus-Christ aurait promis à Abgar de lui envoyer non pas un de ses disciples, mai- quelques-uns de ses disciples.

partager avec lui. Ce mot, Eusèbe ne l'a pas. Le Sauveur, d'après son texte, se contente de promettre au roi la vie pour lui et les siens \~v. -/.-A -zX; tùv crol). Un petit nombre d'auteurs ' ne le contiennent pas non plus. La promesse relative à la ville parait d'abord dans la Doctrine d'Addaï, mais, avec ou après elle, tous les auteurs à peu près l'adoptent, ou du moins la connaissent. Ainsi, chez les Syriens, Jacques de Sarug, Josué le Stylite et les Actes de Mares2; chez les Grecs, les deux codd. Vindob. XLV et 31 5, les deux mss. Bodléiens 3, le Pseudo-Constantin, Mélaphraste et Cedrenus; chez les Latins, la relation de la pèlerine, le comte Darius et le ms. du Musée Britannique4; chez les Arabes enfin, le ms. 51 et celui d'Eligmann3 ont reçu cette tradition et l'ont reproduite sans la mettre en doute. C'est en vain que Procope et Évagrius, s'en rapportant à Eusèbe, protestent contre l'authenticité de la promesse faite à Édesse, et la dénoncent comme une interpolation. Après eux la contradiction se tait li, et la légende va son train. Mais outre cette addition fort connue comme on le voit, il en est une autre qui ne se trouve pas dans la Doctrine d'Addaï, et qui concerne la lettre elle-même. On pense bien que cette lettre, écrite de la main du Sauveur, devait être un infaillible talisman contre toute sorte de dangers. Aussi, d'après le ms. d'Eligmann, Jésus ajoute-t-il qu'elle protégera Abgar partout où il la placera. Mais le ms. latin du Musée Britannique trouve cette promesse trop vague et trop restreinte, et après avoir énuméré les diverses circonstances dans lesquelles la lettre gardera le roi, il conclue en généralisant : Si qui s hanc épistolam secum habitent, securus ambulet in puce. Le cod, Yin-

1. Moys.e de Khorène, le cod. Paris, des Acta Thaddsei, Hamartolus, fîar- Hebraeus et Xavier. Dans le» Acta Th>ol<l<r<~ cependant la ville est expressémenl mentionnée, Elp^vr, croi xàt rr, nô/si so-j. — Le texte d'Hadrien porte à la lin un etc. qui semble indiquer qu'il connaissait l'addition.

2. Le texte grec du Testament de saint Éphrem reproduit égalemenl cette pro messe : mais ce texte est interpolé : le syriaque n'est pas clair.

3. V.. pour le premier des deux, le texte à la lin du volume.

4. Ce dernier d'une façon moin^ précise. .'i. Ce dernier d'une façon moins expresse.

6. N'icéphorc Calliste l'ait cependant la même réserve qu'Évagrius qu'il a copié.

dob. 315 renchérit encore : il insiste particulièrement sur 1rs diverses maladies auxquelles l'écrit de Jésus servira de remède, et fait l'application des détails non pas au roi seulement, mais à tous ceux qui le porteront avec eux '.

Ces promesses ont été entendues: et c'est sans doute ;i la confiance qu'elles ont inspirée qu'il faut attribuer l'usage général en Angleterre jusqu'au siècle dernier, et dont il reste encore des traces, de conserver appendue au mur la lettre de Jésus au roi d'Édesse2.

Hannan ayant reçu la réponse de Jésus, nous dit la Doctrine cfAddaï, ne le quitta pas immédiatement. Il voulut emporter avec lui le portrait du Sauveur, et il le peignit avec des couleurs choisies. Cette circonstance a donné lieu aux plus grands développements, et est devenue, à l'exclusion presque totale de la lettre, le centre de la légende dans les auteurs byzantins. Eusèbe paraît l'ignorer, et, chose singulière, les écrivains syriens, si l'on excepte Bar-Hebraeus et les Actes de Mares, n'en ont rien ou à peu près rien dit3. Procope chez les Grecs, et, chez les Latins, la relation de la pèlerine, Darius et Abdias n'en parlent pas non plus. Mais, en dehors de ces exceptions, tous les autres auteurs connaissent le fait : ils l'ont même, comme on va le voir, considérablement amplifié.

Il semble, d'après la Doctrine d'Addaï, que Hannan ait peint le portrait de Jésus comme un portrait ordinaire : le narrateur au reste n'insiste pas, et raconte la chose assez brièvement. Moyse de Khorène a imité cette réserve4; mais il est clair qu'on ne pouvait s'y renfermer longtemps. Un peintre faisant simplement poser un Dieu devant lui était une idée trop choquante pour qu'on l'acceptât. Hannan perdit

!. Le ms. arabe ;;1 offre une promesse analogue, mais plus écourtée.

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