‹ Les origines de l'Église d'Édesse et la légende d'AbgarChapitre 42 sur 129 · II, XXXVI · texte numérisé non relu

II, XXXVI

2. Codd. Paris, et Vindob. XLV. — Le Cod. Vindob. 315 s'arrête à la guérison d'Abgar.

3. Suivant le Cod. Vindob. XLV, le 21 août. Cette dernière leçon est probablement la meilleure : c'est celle des menées grecs.

ajoute le cod. Vindob. XLY, il s'y en guérit encore pour la gloire de Dieu.

Je ne pousserai pas plus loin cette recherche des traditions sur le champ d'activité et le lieu de la mort d'Addaï : la confusion faite entre lui et l'apôtre Thaddée, et qui apparaît déjà dans les Acta Thaddœi, nous entraînerait sur un autre terrain f.

Passons aux successeurs d'Addaï.

La Doctrine donne pour évèque d'Edesse après lui un fabricant de tiares nommé Aggaï, martyr sous un des fils d'Abgar, et après Aggaï Palout. A côté de Palout, mais h un rang inférieur, nous trouvons encore signalés dans le clergé de la ville 'Abschelamâ et Barsamyâ. Des actes de martyrs dont nous devrons parler ailleurs nous apprennent que ces deux derniers succédèrent plus tard à Palout. Disons ici seulement quelques mots d'Aggaï.

Ce qu'en rapporte la Doctrine est fidèlement reproduit dans la traduction arménienne, qui revient à son texte après s'en être un instant écartée 2. Moyse, de même, relate comme la source syriaque les circonstances du martyre 3. Cette mort, ajoute-t-il, fut vengée, car le tyran qui l'avait ordonnée (Ananoun = Ma'nou) eut plus tard les pieds écrasés par la chule d'une colonne de marbre qu'il faisait élever sur le faite de son palais. Les Acta Thaddœi ne nomment pas le successeur de l'apôtre *; il faut, pour avoir sur Aggaï des renseignements plus complets, revenir aux documents syriens. Le premier qui nous les donne est un apocryphe intitulé la Doctrine des Apôtres". Il y est dit qu'Aggaï ordonna des évêques pour « toute la Perse des Assyriens, Arméniens, Mèdes et des contrées voisines de Babylone; pour les Huzites, les Gèles,

1. On peut voir les diverses traditions sur le lieu de la mort de l'apôtre Thaddée dans Lipsius, Die apokryphen Apostelgeschichten und Apostelleg., Braunschweig, 1883, 1884, t. II, 2« part., p. 159 et suiv.

2. Elle ajoute seulement un mot sur la dignité métropolitaine d'Edesse.

3. 11 y a cependant une légère variante : Aggaï, suivant la Doctrine, aurait eu les jambes brisées; suivant Moyse, les jambes coupées avec une épée.

4. Ils disent seulement que Thaddée, avant sou départ d'Edesse, installa à sa place un de ses disciples pour évèque (Eva twv jjLaÔïjTùv aùtoO èictffxoirov).

5. Curetou, Ane. sur. doc, texte, p. 34 et suiv., trad., p. 34.

jusqu'aux confins de l'Inde et jusqu'au pays de Gog et de Magog, et pour toutes les régions (environnantes) de tous les côtés. » Ces détails toutefois ne sont que le développement de ce qui est rapporté d'une manière générale dans la Doctrine d Addal sur les ordinations faites par le second évêque d'Édesse pour toute cette contrée de la Mésopotamie. Mares Salomonis précise davantage en nous donnant Aggaï comme l'apôtre immédiat et personnel de ces pays1 dans la mission que son maître lui avait confiée. Bar-Hebra>us, qui s'en réfère expressément à la Doctrine des Apôtres, ajoute cependant à sa notice quelques détails. Après le martyre d'Addaï, Aggaï, qui était, avec lui, revenu en Osrhoène, fuit devanl la persé^ cution du fils d'Abgar. Il s'enfonce vers l'Orient, et évangélise les contrées nommées plus haut. Puis, craignant que le christianisme ne fût étouffé à Eclesse, il revient dans cette ville. Le tyran veut exiger de lui qu'il lui tisse des étoffes de soie : le saint refuse et a les jambes brisées. On rapporte que sa mort, dit Mares Salomonis, eut lieu le 30 juillet. Une Chronotaxis des patriarches chaldéens ' lui donne vingt-trois ans d'épiscopat à Édesse :!.

J'ai dû, pour ne point interrompre l'exposé de ce qui concernait Addaï et ses successeurs, renvoyer jusqu'ici à parler de la correspondance d'Abgar avec Tibère et avec le roi d'Assyrie Nersai. Il est temps d'y revenir, et de terminer par là cette esquisse des variantes et des développements de la légende.

Commençons par Nersai.

On a vu plus haut comment le roi d'Assyrie, ayant entendu parler d'Addaï, avait écrit à Abgar pour le prier de lui en-

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