‹ Les origines de l'Église d'Édesse et la légende d'AbgarChapitre 46 sur 129 · Op. cil., p · texte numérisé non relu

Op. cil., p

3. « Et le roi Abgar reçut Aristide qui avait été envoyé vers lui par l'empereur Tibère et il répondit, et il le renvoya avec les plus <jruu<ls honneurs » [port. d'Add., texte, p. 39, trad., p. 38).

4. Il n'a pas été question dans cet exposé de ce qui concerne 1 Invention de la vraie -Croix : cet épisode ne fait pas corps avec la Doctrine d'Addaï; il en sera du reste parlé dans un appendice spécial.

:; Nul doute que la controverse des iconoclastes n'ait favorisé le développement dans ce sens.

controverse iconoclaste, à laquelle ils furent mêlés, les ait initiés également aux récits des Byzantins.

Un mot encore, avant de clore ce chapitre, sur les contrefaçons dont la légende d'Abgar a été l'objet.

M. Duchesne1 reconnaît deux de ces contrefaçons dans « la légende de Tiridate, roi d'Arménie, d'abord persécuteur des chrétiens, puis changé en bête, enfin converti et baptisé par saint Grégoire niluminateur, c'est-à-dire le baptiseur, apôtre des Arméniens2 », et dans celle plus fameuse de Constantin le Grand, persécuteur aussi des chrétiens, frappé de la lèpre, baptisé et guéri par le pape Silvestre. « Le parallélisme des trois légendes est on ne peut plus exact. Il s'agit toujours de la conversion d'un royaume ; elle se produit invariablement dans les mêmes circonstances. Le roi païen (Abgar), ou même persécuteur (Tiridate, Constantin) est atteint d'une maladie honteuse, la lèpre ou la folie, que la médecine et la magie sont impuissantes à guérir. 11 faut avoir recours à l'apôtre de Dieu (Addaï, Grégoire, Silvestre), qui guérit le malade en le baptisant et convertit du même coup tout le royaume. »

C'est encore une imitation de la légende d'Abgar qu'il faut voir dans le petit écrit latin intitulé Mors Pilati*. 11 n'en représente pas, sans doute, la forme primitive, mais là aussi nous trouvons un prince idolâtre, Tibère, affligé d'une maladie grave, qui envoie en Judée un de ses familiers, Volusianus. pour y chercher le grand médecin dont la seule parole guérit toutes les infirmités. Volusianus ne peut ramener Jésus que Pilate a fait mourir, mais il ramène Véronique et la sainte Image miraculeusement imprimée par le Sauveur sur la toile qu'elle portait au peintre. Tibère fait à la précieuse relique une magnifique réception, et recouvre la santé en la regardant. — La relation entre les deux légendes est d'autant moins

1. Le Liber pontificalis, texte, introduct. et commentaire, I, Paris, L884-1886, Introduct., p. cxvm.

2. Àgathauge, Hist. du règne de Tiridate, dans Langlois, Collection des Hist. de l'Arménie, I, p. 125 et suiv.

3i Tischcndnrf. Évangelia apocr.^ I rL' édit.( p. 132 et suiv.

douteuse que les formes plus récentes de celle de Véronique nous offrent encore plusieurs traits communs avec celle d'Abgar, et même les diverses variantes (relatives, par exemple, à la manière dont Jésus a imprimé son image) que j'ai signalées dans cette dernière1.

1. V. Lipsius, Die Edess. Abgs., p. 64 et suiv. — Ce n'est pas à dire que la légende de Véronique ait toujours copié celle d'Abgar; l'inverse aussi a pu se produire.

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