Lipsius, Die Edess. Abgs., p. 22 et suiv
Il ne faudrait pas trop insister, cependant, sur cette différence entre les deux récits : elle est peut-être moins grande qu'elle ne parait d'abord. Au fond, la renommée de Jésus hors de la Palestine est donnée dans la Doctrine d'Adddi, aussi bien que dans Eusèbe, comme ayant amené la correspondance de Jésus et d'Abgar1; et l'on pourrait expliquer, par l'incomplet de l'analyse ou une négligence de l'analyste, la nuance qui reste encore. Nous ignorons, en somme, quel est le rapport de cette analyse au texte résumé. L'histoire des relations d'Abgar et de Sabinus était d'une portée trop restreinte pour intéresser Eusèbe ; et celui-ci, au courant du gouvernement de la Palestine au temps du Sauveur, a pu juger à propos, et avec raison, d'écarter Sabinus. — Mais du reste, ces observations faites, j'inclinerais pour mon compte à croire que la Doctrine d'Adam contient ici un développement du récit primitif. Il y a bien quelque difficulté, d'abord, à faire représenter parles mots d'Eusèbe wç*ai Toîvo^a tou 1y)<7oû tcoXu y.x\ -:àç SuvàjJieiç <juv<pa>va>ç Trpcç à-àvTwv jj.aptupoujjivaç èicûBe'CO le rapport personnel et fait de visu de Hannan sur le Sauveur. La rumeur publique qui fait accourir les pèlerins à Jérusalem est une cause bien éloignée des informations d'Abgar pour qu'Eusèbe attribue directement, comme il le fait, ces informations au bruit des miracles de Jésus. D'autre part, l'histoire des rapports d'Abgar et de Sabinus, telle qu'elle est racontée, est un peu étrangère au sujet, et contient des détails bien précis et bien spéciaux pour s'être trouvés dans l'original : je les comparerais volontiers à ceux qui nous sont donnés plus bas sur cAbdou 2. Le texte vu par Eusèbe a donc dû subir ici, dans la Doctrine cfAddaï, des retouches tendant à nous présenter les informations du roi comme plus complètes e,t plus directes qu'elles ne l'étaient dans le principe.
La seconde variante est relative à Hannan ou Ananias.
1. Doct. d'Add., texte, p. 2 : « Et ils (les envoyés d'Abgar) virent beaucoup d'hommes qui venaient de loin afin de voir le Christ, parce que la renommée de ses étonnantes merveilles s'était répandue dans les contrées lointaines. »