Die Edess. Abçjs., p. 21 et suiv
2. P. Sinith l'explique par « tabularius, qui rei tributarise rationibus prgefuit. » [Thes.syr., I, p. 1424.)
3. C'est le mot qui, dans la traduction syriaque de VHist. ecclés. d'Eusèbe, représente le mot Tayj5pô[j.oç (Cureton, Ane. syr. doc., texte, p. 2, 1. 9 et 24).
4. Texte, p. 1,' 1. 12 ; p. 2, 1. 8 et dern. ; p. 3, 1. 11 ; p. 1, 1. 10 et 21 ; p. 5, I. 5 ; p. 53, 1. 3.
5. Ane. syr. doc., texte, p. 23, 1. 21. C'est à tort que M. Phillips dit le contraire. p. 2 note a.
6. 11 est à remarquer que nous trouvons, dans la Doctrine d'Addaï. le nom de Hannan avec sa qualification précisément aux endroits répondant aux titres des lettres dans Eusèbe : texte, p. 3, 1. 10 et suiv. : « Il (Abgar) écrivit une lettre et l'envoya au Christ par Hannan le secrétaire »; p. 4, 1. 8 et suiv. : « Et quand Jésus eut reçu lu lettre dans la maison du prince des prêtres des Juifs, il dit à. Hannan le secrétaire : Va, et dis à ton maître, etc. »
' 7. Peregrin. ad lac. sancta, p. 62, 66, 67 : Ananias y est appelé quatre fois « cursor ». Dans le- trois derniers cas c'est l'évêque d'Édesse qui parle. 11 est possible cependant que soit la pèlerine, soit l'évêque ait employé l'expression il Eusèbe, sans attacher grande importance à la nuance.
Reste donc à savoir si cetle traduction exacte par wytôpôy.c<; suppose, dans l'original, une expression différente de );\r>-^. Ici, M. \estle émet un doute et fait observer1 que cette dernière expression );Aû=il^ pourrait bien avoir, dans la Doctrine d 'Addaï, le sens de courrier. 11 est certain en effet que le mot tabellarius (xaôsXXaptoç, jj^X,^), courrier, a reçu plus tard aussi le sens de tabularius, greffier, secrétaire"- ; dès lors, le mot tabularius (taSouXàpioç, )^\û.^j n'aurait-il pas été employé quelquefois dans le sens du tabellarius, courrier'! — La chose est possible pour d'autres cas, mais dans la Doctrine d'Adda'i, le sens de )jAn -^ j me semble nettement déterminé par l'adjonction du mot )j^JL.A. qui l'accompagne deux fois: pour elle, Hannan est bien le secrétaire et \ archiviste d'Abgar. Le sens du mot, sinon le mot lui-même, a été changé : nous avons un développement.
Il n'entraîne pas cependant, comme on peut le voir, une différence bien appréciable entre nos deux sources. — Reste une dernière variante. Elle est relative à la forme de la réponse de Jésus. D'après la Doctrine dAddai, cette réponse était orale : « Va, et dis à ton maître qui t'a envoyé vers moi ». Dans Eusèbe, la réponse est écrite : c'est une lettre, au sens strict, du Sauveur à Abgar 3. Il y a donc une divergence ; mais le jugement qu'on en porte d'abord est que la Doctrine représente ici la plus ancienne forme de la légende, car une lettre écrite est, assurément, plus qu'un simple message oral, et les développements ultérieurs ont tendu à renforcer encore la donnée eusébier'ie1. — Point du tout, reprend M. Lipsius', c'est Eusèbe qui a conservé l'ancienne forme. Celte forme a été modifiée dans la Doctrine d' Addaï par un intérêt dogmatique. Car, si la lettre écrite de Jésus était authentique, com-
\. Cuit. Gel. Anz.. 1SS0, p. lo22.
2. Du Cangf, Gloss. med. et in/. Grœcit., ?. v. TaSî),).âpio;.
3. ... Ètt'.tto),?,; S' o3v awrov îSiaî ■/.y.-.i\'.or. (I, 13, 3) ... Ta àvr'.vpx?Év9a -j~' 'Ir,aoO ô:a 'Avavéa 75-/vSpôu.o-j xvxipyr, 'Aêyâpw (1, 13, 9).
i. V. plus haut, p. 49 et suiv.
5. Die Edess. Abgs., p. G et 7, p. 22; Die apokryphen Aposlelgesch., h, 2e p., p. 182.
ment se faisait-il qu'elle ne se trouvât pas dans le canon des Ecritures1? L'Église avait donc failli à sa mission de gardienne des écrits inspirés? On ne pouvait le supposer. 11 fallait, dès lors, ou renoncer à l'authenticité de la lettre de Jésus, ou mettre son contenu au rang de ces paroles du Sauveur conservées par une tradition pieuse en dehors des livres canoniques. Le fabricaleur de la lettre n'avait pas aperçu cette difficulté; plus lard, on la vit, et on adopta le second parti : la réponse de Jésus Récrite devint orale, et la Doctrine d'Addài nous représente cette transformation.
Observons d'abord qu'en admettant même la valeur absolue de ce raisonnement, la conclusion donnée plus haut sur le rapport delà Doctrine d'Addai avec le document d'Eu sèbe ne serait pas sensiblement modifiée. Un changement de quelques mots a suffi pour opérer la transformation indiquée par M. Lipsius. — Mais le raisonnement est-il concluant? Il y a, me semblet-il, une chose au moins qu'il n'explique pas et qui l'entrave: c'est le sens du développement signalé plus haut. Les auteurs ou les copistes postérieurs, si l'on excepte la traduction arménienne, enchaînée par son texte même, et les Acta Thaddœi (codd. Paris, et Vindoô. XLV), ont suivi Eusèbe, ils l'ont exagéré, ils lui ont ajouté; ils n'ont point aperçu cet inconvénient dogmatique marqué par M. Lipsius-. 11 y a plus : la pèlerine franque qui se trouvait à Édesse au moment à peu près où, suivant le critique allemand, la Doctrine cFAddaï&ètê composée, la pèlerine franque suppose évidemment que la lettre de Jésus était écrite 3. On le croyait donc à Edesse vers les années
1. Si enim prolatse fuerint aliqum litlerm r/n.r nullo alio narrante ipsius proprie Çhrisli esse dicantur, unde fieri polerat, ut si verè ipsius essent, non legerentur, non acciperentur, mai prœcipuo culmine aucloritatis eminerent in ejus ecclesia, quœ ali ipso /„•,- aposlolos succedentibus sibimet episcopis usque ail hsec tempora propagata dilatatur ... Saint August., Contra Faustum, XXVIII, i. Ci'. De consensu Evangelist., I. 7; saint Jérôme, /// Ezech., ii, ±i.
2. Il n'y a point de dogme, à ma souvenance, qui uous oblige à croire que tous les écrits inspires sont contenus dans le canon, cl qu'il ae .aurait y en avoir en dehors de cette collection. Quanl a l'argument de sainl Augustin, «'est une de ces difficultés que l'on trouve contre des adversaires, mais qu'on ne se pose guère pour son propre compte.