‹ Les origines de l'Église d'Édesse et la légende d'AbgarChapitre 61 sur 129 · Tatiaiis Diatess., p · texte numérisé non relu

Tatiaiis Diatess., p

:i. C'est à furt. je crois, que .M. Mattbes (Die Edess. Abgs. auf ihre Fortbild. unters., p. 21 vi'iil le conclure de l'expression è«i<TToXîjç 3' ovv aO-tôv îôia; -«caxaiitoï 1. 13, :i ; car il est difficile ici de définir le sens précis du mut lo-;-/;. M. Zahn (Tat. Diat., p. 365; Gôtt. Gel. An:., 1877, p. 171) l'ait remarquer au contraire l'espèce d'opposition qui s.' trouve entre les deux titres des lettres. La première, celle d'Abgar, a r/<: écrite pur Abr/ar cl envoyée par Ananiax • 'AvWypaspov jtt'.t-.o/V,; YpaçsscYjçùitb 'Agyâpoy TOitâp^ov tm 'Itjitoû -/.ai ite[A<p0îÎG7)i; rj.-l-t'<> o:' 'Avavîa ... : pour la seconde, celle de .lesus. cette distinction n'est pas faite (Ta àvr.ypaçévTa Oit' 'lr,<ro"j Btà 'Avavîa ... : il semble qu'Ananias ait à la fois écrit el porté la réponse.

4. La chose est certaine pour le premier passage Èizi<no\r\z o ouv xùtbv ■/.. t /.. Quant aux litres, rien n'empêche de croire qu'ils sont l'œuvre d'Eusèbe. Comme il citait les deux lettres l'une à la suite de l'autre, il aura mis ces titres pour prévenir toute confusion.

5. V. Doct. d'Add., texte, p. 31, 33, 34, trad., p. 30, 31,32. Il est à remarquer que

La conclusion définitive de cette comparaison entre nos deux sources sera donc peu différente de celle qui a été donnée plus haut. La Doctrine d'Adddi est le document vu par Eusèbe, mais légèrement retouché et interpolé, sauf peut-être au commencement où la retouche semble être plus forte '.

11 faut maintenant aborder les parties du document syriaque non représentées dans Eusèbe, et nous demander s'il les a connues, ou si, du moins, il a pu les connaître.

Mettons d'abord à part le récit de l'Invention de la vraie Croix, puisqu'il n'a rien à faire avec le reste de la légende d'Addaï2 ; et notons seulement que, quelle que puisse être l'ancienneté de ce récit dans son fond, il n'a pu, dans sa forme actuelle, se trouver dans le document d'Eusèbe, à qui il est nécessairement postérieur*.

Mais, outre ce fragment d'une nature un peu spéciale, il y a, dans \a Doctrine d'Addaï, d'autres détails dont la présence dans le document vu par l'auteur grec se concilierait difficilement avec la confiance qu'il paraît lui accorder1. Eusèbe, avons-nous dit, a probablement lu, dans son texte, laclausule qui termine la. Doctrine ; il a vu que l'auteur de ce texte prétendait être un certain Laboubnâ, contemporain des faits qu'il raconte'; il a cru à l'authenticité de ce récit. Mais

le document syriaque se contredit cà et là, car après avoir suppose' que toute la ville se convertit, il parle (trad., p. 41, 40, 48) de Juifs et de païens qui restaient encore.

1. Il faut noter que la plupart des remarques faites jusqu'ici prouvent que la Doctrine d'Addaï présente un texte postérieur au texte traduit par Eusèbe, niais non pas postérieur à Eusèbe lui-même. Les développements ont pu se produire dans un ms. ou une série de mss. antérieurs à Eusèbe et différents du sien. Cette observation s'applique aussi à quelques-unes des remarques qui suivent. V. Nestlé, Gôtt. Gel. Anz., 1880. p. 1523 et suiv.

2. 11 y a cependant des liens, mais purement extérieurs, entre les deux récits. Ainsi, les renseignements donnés sur Claude et sur la guerre d'Espagne dans celui de {'Invention (trad., p. 10) sont reproduits dans la correspondance d'Abgar et de Tibère (trad., p. 37, 38). J'y reviendrai plus tard.

3. Il est clair en eÛ'et que la mention d'une église bâtie sur le Golgotha et sur le Saint-Sépulcre (texte, p. 15, trad., p. 15) est postérieure aux constructions ordonnées par Constantin, et dédiées en 335.

4. C'est à tort que l'on amis en doute la confiance d'Eusèbe dans son document. V. lleiuicheii, Comment., i/i Eus. Hist. Ecc/es., 1, 13, 5, p. 24.

5. Mais il n'est pas probable, d'après ce qui a été dit plus haut (p. 95 et suiv.), qu'il y ait trouvé la mention de llannan comme authentiquant la composition de Laboubnâ.

comment a-t-il pu y croire s'il y a vu mentionner le Diatcssaron, s'il y a trouvé ce qui regarde l'ordination de Paient, s'il a tant soit peu examiné cette physionomie générale de la Doctrine qui nous ramène bien en deçà des premières années de la prédication apostolique ? Comment, en supposant même qu'il n'ait pas lu la clausule et qu'il n'ait pas reporté son document au i" siècle, comment a-t-il pu croire à l'autorité d'un écrit dont la fin, concernant l'ordination de Palout, contredit manifestement ce qui est dit auparavant de ce personnage, et mentionne un fait qui, sans doute, a dû un peu l'étonner1? Comment, enfin, comment, s'il a trouvé dans son texte l'épisode de la sainte Image qu'il devait avoir quelque peine à admettre2, a-t-il cru, sans balancer, à l'authenticité des lettres qui précèdent immédiatement cet épisode?

Ces considérations, sans doute, ne sont pas décisives : Eusèbe a pu supposer des interpolations3 : son attention a pu être en défaut4. Mais il est plus simple de supposer qu'il n'a pas, en réalité, connu les circonstances qui auraient éveillé sa critique : elles ne se trouvaient pas dans son texte.

Nous avons du reste, pour écarter de ce texte l'épisode de la sainte Image, un argument spécial. La pèlerine franque qui, sous Théodose, a visité Édesse, n'y a pas vu la sainte Image. L'évêque lui a cependant montré tout ce qui pouvait intéresser une chrétienne1 ; et il est inadmissible, ou qu'il ait omis de lui faire contempler la précieuse relique, ou que la pèlerine ail omis d'en parler comme d'une circonstance peu

1. Palout est donné comme le disciple d'Addaï (trad., p. 33, 39, 45, 491, et il est dit (trad.. p. 50) avoir reçu l'ordination épiscopale de Sérapion d'Antioche (189 (.u 192-209), lequel l'avait lui-même reçue de Zéphyrin de Rome (198 ou 199-211).

2. Surl'éloignemcnt d'Eusèbe pour les Images, v. dans I). Pitra [Spicileg. So/esû., 1, p. 383 et suiv.) sa lettre à Constantia, sœur de Constantin; et dans son llisl. ecclés., VII, ts. la manière dont il parle de la statue élevée par l'hémorroïsse à Panéas. Il est vrai que, dans le récit de la Doctrine d'Addaï, Jésus n'est pas représenté, ainsi qu'il l'est dans les textes postérieurs, comme prenant une part active à la confection du portrait.

3. Cette remarque s'applique surtout au fragment qui concerne l'ordination de Palout.

4. Difficilement en ce qui concerne la sainte [mage : il a transcrit le rceau

qui précède et celui qui suit immédiatement.

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